Une vague de générosité déferle sur les sinistrés de la rue Sainte-Angèle

Martin Bergeron et Valérie Gagné, respectivement sinistré et... (Photo: Émilie O'Connor)

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Martin Bergeron et Valérie Gagné, respectivement sinistré et organisatrice de la collecte, n'en reviennent tout simplement pas de la générosité des citoyens.

Photo: Émilie O'Connor

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les braises fumaient encore qu'un mouvement de solidarité se mettait déjà en branle. Samedi, ce mouvement s'est transformé en véritable élan de générosité au profit des sinistrés de la rue Sainte-Angèle, où un immeuble locatif de six logements est parti en cendres en milieu de semaine, jetant ses occupants à la rue.

Samedi, à peine les portes de l'église Sainte-Cécile étaient-elles ouvertes pour recevoir les dons des citoyens que la salle prévue à cet effet s'est remplie d'objets divers, meubles, linge, télévisions, ordinateurs, nourriture non périssable, coussins, manteaux, lampes, tableaux, coutellerie, etc. Dimanche après-midi, le petit entrepôt était plein à craquer.

Pour Martin Bergeron, l'un des sinistrés, cette vague d'humanité qui déferle sur son quotidien le rend baba de reconnaissance. «Je n'en reviens tout simplement pas», s'exclame-t-il d'entrée de jeu. «En moins de quinze minutes, nous avons reçu un ménage complet. Oui, j'ai vécu un événement tellement triste, mais en même temps tellement contrebalancé par des belles affaires. Mon Dieu! Les gens sont donc bien généreux dans notre région! Certains sont descendus de Saint-Gabriel-de-Brandon pour donner du stock.»

«On a le goût de faire des câlins à tout le monde», renchérit aussitôt l'organisatrice de cette collecte, Valérie Gagné. Au cours de la fin de semaine, un va-et-vient constant dynamisait le sous-sol de l'église Sainte-Cécile, chargeant à vue d'oeil la petite pièce placée à la disposition des sinistrés par la Corporation Spect-Arts. Cela sans compter les centaines de courriels d'encouragement reçus depuis une semaine. «J'aurais eu besoin d'une secrétaire», rigole M. Bergeron.

«Je suis réellement dépassé», ajoute Sébastien Lefebvre. Débarqué à Trois-Rivières il y a quelques jours, jamais il n'aurait imaginé qu'un tel vent de solidarité soufflait sur la cité de Laviolette. «Il y a des gens qui semblent autant, sinon plus dans le besoin que nous-autres, mais qui viennent donner aussi. C'est de toute beauté. Je viens de la grande ville, et c'est une solidarité que je n'ai jamais vue.»

Un son de cloche repris en écho par le comédien et metteur en scène François Gagné, également sinistré. «C'est un peu absurde, car c'est l'émotion des gens qui parle, c'est leur coeur. Les gens se transposent dans notre histoire. C'est ça qu'on apprécie, c'est ça qui me fait le plus de bien.» Effet bénéfique de l'incendie, s'il en est, M. Gagné a rencontré depuis des personnes qu'il n'aurait jamais connues autrement et qui lui ont ouvert des portes professionnelles qu'il n'est pas prêt de refermer. «Avant l'incendie, je me demandais si je devais quitter Trois-Rivières, maintenant je sais que je vais rester.»

«Si on a la chance de donner quelque chose à ceux qui vivent des difficultés, eh bien c'est le meilleur temps. Tant qu'à donner dans des bacs où l'on ne sait pas trop où nos dons s'en vont, je préfère donner ici directement aux sinistrés», souligne Michel Paillé en déposant des sacs remplis de linge «de marque». «Moi, placé dans la même situation, j'aimerais qu'on m'aide. C'est un petit geste qui va permettre aux gens de rebondir», ajoute un citoyen du quartier, Denis Roy.

Des gens de théâtre, dont Jacques Crête, se sont mobilisés également afin d'organiser un spectacle-bénéfice multidisciplinaire le 3 avril prochain, 20 h, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau. Une vingtaine d'artistes sont attendus sur les planches. Les billets devraient être en vente sous peu, promet Luc Martel, président du Théâtre des Gens de la place. «Le bloc n'était même pas éteint que le spectacle était créé», image M. Bergeron, qui oeuvre également dans le milieu théâtral trifluvien.

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