Ex-usine Belgo: Arctic Beluga dans la mire de Québec

Si tout se déroule comme prévu, les murs... (PHOTO: SYLVAIN MAYER)

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Si tout se déroule comme prévu, les murs de l'ex-usine Belgo qui longent le boulevard Pie-XII tomberont en 2015.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques a initié une enquête à la suite de plusieurs avis de non-conformité adressés à Recyclage Arctic Beluga pour les travaux de démolition et de réhabilitation réalisés sur le chantier de l'ex-usine Belgo, à Shawinigan.

La combinaison de ces manquements et de l'impossibilité du propriétaire du site à se conformer aux échéanciers initialement prévus ont incité le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) à investiguer. L'enquête a été ouverte le 28 novembre et elle demeure en cours, souligne Stéphanie Lemieux, responsable des communications au ministère pour la région. «Pour les avis de non-conformité et pour ne pas avoir respecté les échéanciers des travaux, une enquête a été initiée par le ministère de l'Environnement dans ce dossier», confirme-t-elle. «Elle pourrait mener à des accusations de nature pénale.»

Entre mai 2013 et décembre dernier, quatre avis de non-conformité ont été émis à Recyclage Arctic Beluga au sujet du chantier de la Belgo. «Ça touche la disposition des matières résiduelles, des matériaux», résume

Mme Lemieux. «Des sanctions pécuniaires ont aussi été émises par l'appareil administratif pour dissuader la répétition du manquement et assurer un retour à la conformité.»

Plus précisément, les quatre avis de non-conformité impliquent des infractions commises en vertu de trois articles de la Loi sur la qualité de l'environnement qui concernent l'entreposage des matières résiduelles et le respect de ces conditions. Des avis impliquaient aussi divers articles du Règlement sur les matières dangereuses, qui interdisent leur rejet et encadrent leur entreposage.

Enfin, deux pénalités totalisant 7500 $ ont été imposées à l'entreprise pour ses manquements à la Loi sur la qualité de l'environnement.

Parallèlement à cette enquête, Recyclage Arctic Beluga attend une décision du MDDELCC à la suite d'une demande de modification de son plan de réhabilitation, déposée en octobre. «L'entreprise veut modifier la date de fin des travaux à décembre 2016», précise Mme Lemieux. «Cette demande est présentement en analyse. Recyclage Arctic Beluga s'était engagée à réaliser le tout avant octobre 2013, ce qui n'a pas été respecté. On suit ce dossier de très près.»

Du côté de l'entreprise concernée, René Fugère, vice-président, ne veut pas entrer dans les détails des infractions reprochées ou de l'enquête en cours. Par contre, il fait remarquer que Recyclage Arctic Beluga a dû jongler avec des délais hors de son contrôle. «Si on cherche les raisons qui expliquent pourquoi nous demandons une prolongation, on n'a qu'à rappeler les travaux sur l'avenue de la Station, l'été dernier», indique-t-il. «Dans ces conditions, nous ne pouvions pas fermer le boulevard Pie-XII. Nous avons aussi vécu des délais pour l'émission du permis de démolition.»

M. Fugère indique que «normalement», le mur de l'usine qui longe le boulevard Pie-XII devrait tomber en 2015. La circulation sera alors complètement bloquée à cet endroit pendant quelques semaines. «Le processus suit son cours», glisse M. Fugère. «Nous avons demandé une prolongation pour le plan de réhabilitation, mais il faut aussi dire qu'il est réalisé à environ 80 %. On ne peut pas dire qu'on n'a rien fait !»

Échéancier

L'an dernier, à la suite d'une partie de bras de fer devant les tribunaux, Recyclage Arctic Beluga s'était engagée envers la Ville de Shawinigan à compléter les travaux de démolition et de réhabilitation du site de l'ancienne usine Belgo en décembre 2017 au plus tard. Une transaction civile à cet effet a été homologuée par la Cour supérieure le 2 juillet 2014. 

À la Ville de Shawinigan, François St-Onge, directeur des communications, mentionne que des inspecteurs se rendent régulièrement sur les lieux pour observer l'évolution des travaux, qui n'avancent pas beaucoup en période hivernale. «Ils avaient un permis de démolition valide pour une période de six mois émis 8 juillet 2014», précise M. St-Onge. «Ils doivent le renouveler avant de poursuivre leurs opérations. On s'attend donc à ce qu'ils fassent une demande. On en est là.»

L'entente prévoit notamment que des fondations du complexe industriel situées dans certaines zones soient retirées au plus tard le 1er novembre 2015. La Ville détient une hypothèque immobilière de 700 000 $ sur l'ensemble de la propriété pour garantir l'exécution des travaux. En mars 2013, Construction et expertise P.G. avait établi précisément à 695 222,65$ les coûts pour l'enlèvement des fondations de béton, le remblayage et le nivellement du terrain et les travaux de revitalisation.

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