Santé Canada: les néo-démocrates s'invitent à Shawinigan

Au centre, Luc Arseneault, président de la section... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Au centre, Luc Arseneault, président de la section locale de l'Alliance de la fonction publique du Canada, a reçu l'appui des députés de Trois-Rivières, Robert Aubin, et de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, jeudi midi.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Pour la deuxième fois en autant de mois, les fonctionnaires de Santé Canada à Shawinigan ont manifesté sur l'heure du midi jeudi, afin de dénoncer la fermeture du bureau de rémunération annoncée par le gouvernement conservateur en octobre.

Cette fois, ils pouvaient non seulement compter sur l'appui de leurs collègues de Service Canada sur la 5e Rue, mais aussi sur les députés néo-démocrates Robert Aubin et Ruth Ellen Brosseau.

Le mois dernier, le candidat libéral dans Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, était venu manifester son appui. Le comté est actuellement représenté par Lise St-Denis, qui avait remporté une étonnante victoire en 2011 sous la bannière néo-démocrate avant de larguer la vague orange au profit des libéraux. Ces derniers n'avaient pourtant récolté qu'un peu moins de 12 % des suffrages dans le comté lors de la dernière élection fédérale.

M. Aubin ne considère pas que cette intrusion constitue un manque de courtoisie envers la députée en poste.

«Shawinigan, Trois-Rivières, Louiseville... À toutes les fois qu'une ville de la Mauricie est touchée, l'économie régionale au complet est touchée. On parle de 34 emplois bien rémunérés. Nous avons cette obligation d'être solidaires si on veut continuer de développer l'économie régionale.»

Mme Brosseau renchérit en précisant que cinq des employés touchés habitent le comté de Trois-Rivières et cinq autres celui de Berthier-Maskinongé.

«Ce sont des retombées directes qu'on va perdre», déplore-t-elle. «C'est important de se tenir debout! C'est une décision purement électoraliste et il faut se battre pour garder ces emplois.»

M. Aubin achète cette thèse de la manoeuvre typiquement politique pour favoriser un comté conservateur dans ce dossier.

«Quand on voit la perte d'expertise que ça représente et le temps que ça prend pour former ces gens, on voit bien qu'en bout de piste, ce sont des économies de bouts de chandelle», commente-t-il. «On perd une expertise et une expérience considérables au profit d'une aventure à reconstruire de toutes pièces.»

M. Aubin assure qu'au retour à la Chambre des communes la semaine prochaine, le gouvernement sera interpellé sur les motifs de cette réorganisation «qui ne sert personne, sauf probablement des intérêts politiques».

Mises à pied

Une vingtaine d'employés ont manifesté au coin de la 4e Rue et de l'avenue de la Station, jeudi midi, pour dénoncer le transfert du service vers Miramichi. Ce nombre incluait des fonctionnaires de Service Canada sur la 5e Rue, solidaires des revendications de leurs collègues.

Au moment de l'annonce du gouvernement en octobre, 34 personnes travaillaient à ce bureau de rémunération de Santé Canada. Des mesures d'attrition et de transfert au centre de données fiscales ont réduit ce nombre à 27. À compter du 31 mars, ils ne seront plus que 21, dont 16 permanents. Le contrat des cinq occasionnels a été renouvelé jusqu'au 31 décembre 2015, ce qui laisse croire que le bureau sera maintenu jusqu'à la fin de l'année.

Santé Canada à Shawinigan gérait 4000 comptes d'employés fédéraux. Environ 1500 d'entre eux seront transférés à Miramichi dès la semaine prochaine. Les autres seront acheminés en octobre. Par la suite, les employés de Shawinigan travailleront avec leurs collègues de Miramichi pour faciliter la transition jusqu'à la fin de l'année. Notons qu'un employé a accepté de déménager au Nouveau-Brunswick pour conserver son poste.

M. Arseneault prévoit d'importants défis à relever pour le nouveau bureau. «Ça prend cinq ans pour former un conseiller en rémunération compétent», explique-t-il. «On peut s'attendre à certains problèmes à court terme, surtout avec la mise en place d'un nouveau système informatique en juillet.»

Les syndiqués sortiront à chaque mois jusqu'à l'élection du 19 octobre pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement fédéral. M. Arseneault compte beaucoup sur un changement de gouvernement pour contrer la fermeture du bureau de Santé Canada à Shawinigan, qui risque d'éliminer une masse salariale annuelle de deux millions de dollars dans le milieu.

«À la base, une décision politique ne peut être changée que par une autre décision politique», conclut-il.

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