Gesca vend ses journaux régionaux dont Le Nouvelliste

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:Le président du Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, en compagnie de Claude Gagnon, président-directeur général.

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La Presse Canadienne

Gesca a décidé de se départir de ses six quotidiens régionaux, dont Le Nouvelliste, qui sont vendus à Groupe Capitales Médias, une société dirigée par l'ancien ministre libéral Martin Cauchon, pour un montant qui n'a pas été précisé.

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Le Nouvelliste est passé aux mains du Groupe Capitales Médias, comme cinq autres quotidiens régionaux. 

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Le Soleil de Québec, Le Droit d'Ottawa, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Tribune de Sherbrooke, Le Quotidien de Saguenay et La Voix de l'Est de Granby, ainsi que leurs sites web respectifs, sortent du giron de la filiale de Power Corporation (TSX:POW), qui conserve toutefois le quotidien La Presse.

«Je suis un entrepreneur. Oui il y aura des difficultés, mais en bout de ligne, j'ai un objectif ultime qui est de maintenir les médias en région avec de l'information de qualité et j'ai une belle équipe pour le faire», a déclaré M. Cauchon, en conférence de presse, mercredi, dans un hôtel du Vieux-Québec.

L'ancien ministre fédéral passé aux affaires a expliqué cette acquisition par la volonté d'avoir une «presse régionale forte» et d'en assurer le maintien.

«Il était important de sortir les quotidiens du groupe Gesca, a-t-il dit. C'est un secret de Polichinelle que les médias régionaux, à l'intérieur du cadre de Gesca, auraient eu probablement de la difficulté, ils s'inscrivaient peu dans leur modèle d'affaires.»

Les négociations avec les dirigeants de Gesca «ont été longues» et le processus «laborieux et difficile», a relaté M. Cauchon. Actionnaire unique de Capitales Médias, le nouveau propriétaire n'a pas voulu dire s'il était associé à des investisseurs et a refusé de révéler la valeur de la transaction.

«Nous sommes une entreprise privée. Tout ce qui relève des conditions financières, conditions de la transaction, les éléments financiers, sont du ressort du secteur privé», a-t-il insisté.

M. Cauchon fait le pari de l'information régionale imprimée dans un contexte de déclin de la presse papier. Le phénomène touche moins les régions, a-t-il pris soin de nuancer, laissant tout de même la porte ouverte à un éventuel virage numérique.

«Le papier tient la route beaucoup plus dans l'ensemble des régions. C'est vrai ici et c'est vrai partout à travers le monde, a soutenu M. Cauchon. Ça veut dire que nous avons du temps devant nous pour analyser le modèle, revoir le modèle s'il y a lieu et éventuellement, la décision n'est pas prise, aller vers une plateforme numérique.»

M. Cauchon sera épaulé par Claude Gagnon, qui dirigeait depuis 2009 les quotidiens régionaux de Gesca et qui conserve ses fonctions de président et éditeur du Soleil. Les équipes de direction de chacun des quotidiens demeurent les mêmes.

Le nouveau patron a reconnu qu'il y avait un certain «inconfort» au sein des quotidiens régionaux de Gesca depuis l'arrivée, il y a quelques années, de la version pour tablette électronique de La Presse, La Presse+.

«Dans un contexte où l'on mettait l'accent sur La Presse+, la question se posait: qu'est-ce qu'il y avait de ce modèle pour les médias régionaux? Petit à petit, on les fondait à l'intérieur. Petit à petit, on était en train d'édulcorer un peu (leur) personnalité», a-t-il dit.

M. Cauchon ne remet pas en question le modèle développé par la filiale de Power Corporation, mais il n'a pas voulu dire si la transaction entraînerait des réductions de personnel au sein des quotidiens régionaux. À cet égard, l'incertitude plane.

«Donnez-moi le temps d'entrer dans l'entreprise, de m'asseoir avec les différents dirigeants des six journaux, de rencontrer le syndicat. C'est évident que c'est un modèle en transition. On a nos défis mais ce qui est important aujourd'hui, c'est de voir qu'il y aura un groupe indépendant au Québec qui va être commis à l'information régionale», a-t-il dit.

Pour sa part, M. Gagnon a assuré que le réseau des journaux régionaux continuera de fournir de l'information nationale à ses lecteurs par le biais, par exemple, de La Presse Canadienne.

Le groupe va conserver ses liens d'affaires avec «toutes les agences de presse avec lesquelles on travaille», a-t-il dit.

«On n'est pas un groupe qui se retire et qui va se recroqueviller sur lui-même et délaisser l'information nationale. On va continuer à assumer notre mission d'information pour l'ensemble des Québécois et pas juste les informer sur ce qui se passe à Chicoutimi, à Jonquière ou à Sherbrooke», a précisé M. Gagnon.

Environ 530 employés sont touchés par la transaction.

De son côté, le président de Gesca, Guy Crevier, a affirmé que cette transaction s'inscrivait dans la volonté de se concentrer sur le développement de La Presse+.

Il y a un peu plus d'un an, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de Power Corporation, les dirigeants du conglomérat, André et Paul Desmarais, avaient prévenu que les quotidiens régionaux de Gesca devraient se redéfinir sous peine de disparaître.

Positif à première vue

La Fédération nationale des communications de la CSN - qui représente les syndiqués des quotidiens - ainsi que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ont bien accueilli la transaction, même si plusieurs aspects demeurent à préciser.

«On sentait qu'il y avait un désintérêt de La Presse envers les autres quotidiens, a observé la secrétaire générale de la Fédération, Pascale St-Onge. Par contre, on ne connaît pas les intentions de M. Cauchon quant à savoir s'il compte restructurer les journaux.»

De son côté, la présidente de la FPJQ, Lise Millette, a estimé que l'épée de Damoclès qui se trouvait au-dessus de la tête des syndiqués sera moins menaçante.

Elle ne croit pas que les orientations politiques de M. Cauchon puissent se traduire par de l'ingérence dans les diverses salles de rédaction.

«Il (M. Cauchon) s'entoure quand même avec celui qui était le dirigeant des six quotidiens régionaux depuis 2009, a-t-elle observé. Il y a une importance accordée à la volonté de suivre un modèle.»

C'est seulement le cinquième propriétaire dans l'histoire du Nouvelliste qui a été fondé en 1920.

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