Agression dans la LHSAM: «J'aurais pu y rester»

Assommé par un coup de poing sournois qu'il... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Assommé par un coup de poing sournois qu'il n'a jamais vu venir, samedi soir à Saint-Gabriel-de-Brandon dans un match de la Ligue de hockey senior A de la Mauricie, Louis-Étienne Leblanc est dévasté par les incidents.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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(Victoriaville) Le visage boursouflé par une double fracture, les yeux rougis par la fatigue et l'émotion, Louis-Étienne Leblanc ne peut s'empêcher d'échapper un sanglot en mentionnant que sa carrière de hockeyeur est terminée.

Trois jours après avoir été victime d'une sauvage agression lors de la période d'échauffement d'un match de la Ligue senior A de la Mauricie, le défenseur du BigFoot de Saint-Léonard d'Aston est dévasté et dégoûté par les incidents qui l'ont conduit directement sur la table d'opération.

«Ce n'est pas évident de finir comme ça. J'aurais pu y rester... Le temps qui s'est passé entre la patinoire et la table de réveil à l'hôpital, c'était très inquiétant», confie-t-il avec un trémolo dans la voix, tout en essayant de gérer la douleur.

Samedi soir à Saint-Gabriel-de-Brandon, le hockeyeur de 28 ans a reçu un coup de poing sournois - de la part de Philippe Mailhot, selon plusieurs sources - lors d'une mêlée générale. Sur le coup, Leblanc s'est affaissé sur la glace, faisant craindre le pire à ses coéquipiers. Une fois revenu à lui, il a finalement quitté en civière, victime d'une double fracture au visage.

Après l'agression qui a ébranlé tous les joueurs du BigFoot, les doubles champions en titre de Saint-Léonard-d'Aston ont décidé de rentrer chez eux plutôt que disputer le quatrième match de cette série demi-finale qu'ils mènent 3-0.

«Je ne peux pas croire que je n'étais pas ciblé et que ça ne vient pas que quelque part [une agression comme ça]. Avant le coup de poing, on m'avait déjà attaqué par derrière avant de me pourchasser sur la patinoire. Ce n'est pas un hasard. Si ce n'était pas arrivé pendant l'échauffement, qu'est-ce qui ce serait produit pendant le match?», demande l'ancien des Patriotes de l'UQTR, déçu que les différentes vidéos circulant sur les réseaux sociaux ne montrent pas l'agression.

«On ne voit pas tout sur les vidéos, c'est désolant, indique-t-il, avec une certaine rage dans la voix. On ne voit pas les coups que je reçois. S'il me frappait juste un peu plus haut, c'était directement sur ma tempe.»

Maintenant de retour à son domicile, Leblanc préfère concentrer son énergie à recevoir les messages d'encouragement de sa famille et ses coéquipiers plutôt que de nourrir sa colère envers son agresseur. Il a néanmoins l'intention de porter plainte au criminel pour les incidents.

«En ce moment, je ne suis pas habité de haine ou de colère envers celui qui m'a fait ça. Mais il faut que justice soit rendue et que les gestes semblables cessent. Sinon, ça va être quoi la prochaine fois?»

En jetant un regard vers sa copine Joanie Nolet, qui porte le premier bébé du couple devant voir le jour en août, Leblanc s'inquiète des séquelles qu'il

pourrait conserver. Si la croix sur le hockey est définitive, il n'en demeure pas moins qu'il doit ramener du pain sur la table du nid familial.

«Ça va ressembler à quoi mon avenir? Est-ce que je vais pouvoir continuer à faire mon travail (manutentionnaire chez Cascades)? Comment est-ce que je vais pouvoir m'occuper de ma blonde qui est enceinte? Des gestes comme ça, ça détruit des vies. Ça va toujours me suivre, à chaque matin quand je vais voir mes cicatrices dans le miroir», lance le natif de Ham-Nord, au Centre-du-Québec, qui souhaite néanmoins voir sa famille du BigFoot remporter un troisième championnat consécutif.

«Ça me permettrait de gagner une dernière Coupe... même si je ne rejouerai plus jamais au hockey», soupire Leblanc qui ne tarit pas d'éloges envers ceux qui ont pris soin de lui depuis samedi, sa copine à l'avant-plan, le personnel médical à l'hôpital de Trois-Rivières, son entraîneur Sébastien Vouligny, sa famille, ses coéquipiers et les partisans du BigFoot.

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