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Propos du maire Tremblay: «Une mentalité des années 1990» estime Steven Guilbeault

Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre.... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Cofondateur d'Équiterre et ancien employé de Greenpeace, le militant environnementaliste bien connu Steven Guilbeault estime que les déclarations faites par le maire Jean Tremblay relèvent d'une «mentalité des années 90. On n'est plus là aujourd'hui», a-t-il répliqué mercredi.

Le maire de Saguenay, rappelons-le, invite les syndicats et les travailleurs à se mobiliser «contre Greenpeace et les intellectuels de ce monde», les accusant de compromettre le développement de multiples projets au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Il y a des problèmes dans la forêt au Québec, ailleurs au Canada et en Amérique du Nord. Il y a des pertes d'emplois au Saguenay et là, ça prend un bouc émissaire», estime M. Guilbeault. «Comme le maire ne veut pas que ça passe sur son dos, il a choisi Greenpeace et les intellectuels», dit le Latuquois d'origine.

«La fermeture de [la machine numéro 9] de l'usine de Résolu d'Alma n'a rien à voir avec les campagnes de Greenpeace. La compagnie voulait la fermer depuis longtemps», fait-il valoir.

«Le maire parle de la certification forestière comme étant un problème», poursuit l'environnementaliste. «C'est vrai que dans ce coin-là, Résolu a perdu la certification forestière sur certains de ses lots, mais pas tous et ils auraient très bien pu garder [cette machine] d'Alma ouverte en lui fournissant du bois attesté qui venait de pas très loin, par exemple de la Côte-Nord, mais Résolu a décidé de ne pas faire ça. Le maire se cherche une cible et la cible, ce n'est pas les intellectuels, ce n'est pas Greenpeace et ce n'est pas la norme FSC, c'est Résolu qui a décidé qu'elle voulait fermer [une machine] de l'usine», plaide M. Guilbeault.

Le maire de Saguenay estime que les interventions de Greenpeace compromettent de nombreux projets dans sa région. «C'est ridicule», estime le porte-parole d'Équiterre. «Il n'y a aucun projet qu'il est capable de nommer qui ne va pas de l'avant parce que Greenpeace fait des pressions sur une bonne gestion de la forêt», affirme-t-il.

«Il y a beaucoup de problèmes dans la forêt, en Amérique du Nord, parce qu'Internet est arrivé et que les gens, aujourd'hui, lisent leur journal sur leur téléphone et sur des tablettes. S'il avait été honnête, il aurait pointé du doigt Internet, mais ça ne fait pas très sexy de faire ça», fait valoir Steven Guilbeault.

Quant aux menaces qu'a faites le maire Tremblay de jeter par la fenêtre de son bureau les représentants de Greenpeace qui s'y présenteraient, Steven Guilbeault estime que «c'est de l'enflure verbale comme le maire de Saguenay sait le faire. Ça ne m'inquiète pas. Il fait de la petite politique. Il veut essayer de trouver un coupable pour un problème pour lequel il ne veut pas être tenu responsable et ne veut pas viser du doigt la compagnie de peur de la vexer», réplique-t-il.

Le maire Tremblay accuse Greenpeace de faire du terrorisme économique et ajoute qu'il aime plus les travailleurs que la nature.

Sur ce point, Steven Guilbeault estime qu'on «n'est plus là aujourd'hui, à part des gens comme Jean Tremblay et Stephen Harper», dit-il. «Le fait que les conservateurs aient courtisé M. Tremblay ça se comprend très bien parce qu'ils pensent pareil», estime-t-il.

«Le monde évolue», fait-il valoir, «dans le sens d'une économie plus verte.»

«Les écolos font des partenariats avec des entreprises du monde de la finance et des syndicats, pour créer des emplois, pour faire des investissements dans toutes sortes de secteurs», fait-il remarquer.

«Équiterre a cofondé avec une entreprise qui est dans le capital de risque (Cycle Capital Management), l'Association de l'aluminium du Canada et Écotech - la grappe des technologies propres du Québec - une alliance qui s'appelle l'Alliance SWITCH», rappelle-t-il.

L'organisme était d'ailleurs de passage à Shawinigan, l'automne dernier.

«Tout ce monde-là travaille ensemble à faire avancer le Québec», plaide-t-il. Aujourd'hui, fait valoir M. Guilbeault, «on n'est plus dans un mode affrontement continuel pour choisir entre l'économie et l'environnement. La pensée à court terme ne mène pas très loin», fait valoir le porte-parole d'Équiterre.

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