La CRE Mauricie techniquement fermée

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Conférence régionale des élus de la Mauricie fermait techniquement ses portes, mardi, à la suite du départ de la plupart de ses quinze employés dont le contrat de travail prenait fin, tel que prévu par le projet de loi 28. Avec la CRE, disparaît le seul outil concret de concertation régionale de la région. Un outil dont on ne sait encore par quoi il sera remplacé, ni quand.

À ce sujet, le président sortant de la CRE, le préfet Gérard Bruneau, se montre modérément optimiste pour la suite des choses, sinon pessimiste.

C'est que les préfets ont reçu cette semaine une lettre du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, leur rappelant qu'il n'est pas question pour Québec de financer une autre instance de concertation régionale. Les fonds de développement du territoire seront transférés dans les MRC et ce sera à elles de voir. Or, remarque M. Bruneau, il est toujours très difficile de «faire monter de l'argent vers le haut».

Les fonds que distribuait la CRE Mauricie avaient cette particularité de n'être rattachés à aucune MRC, ce qui en facilitait l'utilisation à des fins régionales. Tout comme le directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet, l'ex-président de la CRE reste convaincu que le dossier de la navigabilité de la rivière Saint-Maurice, dossier régional s'il en est un, n'aurait pas encore abouti sans le coup de pouce de la CRE et les fonds qu'elle y a consacrés.

«Il a été question de la concertation régionale lors de la dernière réunion de la CRE en février, poursuit M. Bruneau. Il y a une volonté de continuer mais tout est relié à la contribution du ministère. Il reste des inconnus. Comme préfet, j'ai reçu une lettre du ministre Moreau disant qu'il revient à la MRC de faire de la concertation et que tout organisme qui serait créé dans ce but, ne sera ni reconnu ni financé par le ministère. C'est assez clair merci. Si on veut faire de la concertation il faudra payer de notre poche. Mais je pense que ce n'est pas demain la veille! Chacun va vouloir des retombées directes sur son territoire avant d'avancer un sou.»

Quand on lui demande si cela est réaliste, Gérard Bruneau avoue que tout dépendra des sommes dont disposeront les MRC.

«Tout le monde est d'accord avec le principe, mais aurons nous les moyens et à quelle hauteur? En même temps, on n'a pas les moyens de ne pas se concerter. Il y aura toujours des dossiers qui nécessiteront une entente interterritoriale. Je l'ai dit lors de la mobilisation de la société civile, le projet de loi prévoit qu'une MRC ou des MRC pourront ensemble présenter des projets aux différents ministères et obtenir de l'aide financière. Ce que veut le ministre Moreau, c'est démanteler l'organisme qui faisait la concertation régionale, pas la concertation elle-même.»

Cela tient-il de la pensée magique? «Très, répond sans hésiter Gérard Bruneau et je l'ai dit au ministre Moreau. Je pense qu'il y en a qui ont des lunettes roses. Au-delà de la volonté de se concerter et de créer un fonds pour le territoire, il faut un soutien administratif. Ce ne sont pas les directeurs généraux de nos MRC qui vont se payer ce travail-là. Ça prend une ou deux personnes pour faire avancer les travaux. Sinon, les préfets ne feront que se rencontrer pour boire un café.»

Cela dit, quelques employés de la CRE restent en place, soit le directeur général, le responsable de la comptabilité et une autre personne à l'administration. Tous sont rémunérés par les fonds de l'organisme. D'autres employés conservent leur emploi du moins temporairement, soit celui responsable du programme de développement agricole et agro-alimentaire qui passera sous la responsabilité de l'Union des producteurs agricoles, un autre, responsable du dossier de la Commission régionale des ressources naturelles, prend la route de La Tuque où la Ville le recevra.

Une autre personne, elle, sera récupérée par Centraide Mauricie. Tous ont le mandat de mener à terme les dossiers en cours, déjà acceptés par la CRE.

Pour certains, tout sera terminé en juillet, pour d'autres cela pourra aller jusqu'au 31 mars 2016, mais pas au-delà. Signalons que le site Internet de la CRE restera ouvert jusqu'en 2016.

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