Jean Chrétien banalise le scandale des commandites, selon Yves Duhaime

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L'ancien ministre du Parti québécois sous René Lévesque et député provincial de la circonscription de Saint-Maurice, Yves Duhaime, affirme que Jean Chrétien a «banalisé le scandale des commandites» lors d'une allocution présentée plus tôt cette semaine à l'Université Concordia. Il s'agit, selon lui, d'une manoeuvre politique, alors que les Canadiens seront appelés aux urnes dans quelques mois.

Yves Duhaime ne digère pas les propos de l'ancien chef libéral. Celui qui a été battu lors des élections de 1997 par l'ancien premier ministre dans son fief de Saint-Maurice, alors qu'il représentait le Bloc québécois, estime que Jean Chrétien tente de «réécrire» l'histoire à son avantage. Devant quelques centaines de personnes, Jean Chrétien est revenu sur l'épisode des commandites. Rappelons que de 1997 à 2003, le Parti libéral du Canada avait tenté à grands frais de promouvoir auprès des Québécois les avantages de l'unité canadienne. L'affaire avait mené au déclenchement de la commission Gomery.

L'ancien premier ministre a dit en revenant sur cette période post-référendaire que: «des réputations ont été détruites avec ça». Il a de plus affirmé qu'aucun membre de son caucus n'avait été blâmé, avant d'ajouter que «les gens veulent des commissions, les médias adorent ça».

«M. Chrétien est toujours actif en politique. Il revient sur un des plus gros scandales de l'histoire politique du Canada pour essayer de le banaliser et de dire qu'il n'y a rien là», dénonce M. Duhaime. «On s'est servi des fonds publics fédéraux dans le plus grand secret pour faire la promotion du Canada fédéral dans la plus pure illégalité. Je ne dis pas qu'au point de départ ils voulaient faire un scandale avec ça; le scandale s'est fait parce qu'ils [les libéraux fédéraux] n'ont pas contrôlé. Mais quand vous êtes le commandant, vous êtes le responsable tout le temps.»

L'ancien ministre péquiste, qui a aussi été président du Conseil de la souveraineté en 1995, souligne par ailleurs que Jean Chrétien tronque la réalité lorsqu'il évoque les commandites. «Quand on parle des commandites, on doit en parler complètement. Il ne faut pas prendre des morceaux, les choisir. Je n'en reviens pas», tonne M. Duhaime.

«Je suis surpris [de ces commentaires], parce qu'il n'a pas besoin de faire ça (présenter la commission sous l'angle qui lui est favorable). J'ai fait des bons coups en politique, mais je suis capable d'admettre que j'en ai fait des mauvais. C'est ça qui est mon problème. Tu ne peux pas choisir ce qui fait ton affaire.»

Yves Duhaime avoue qu'il n'accepte pas la «banalisation» des commandites par Jean Chrétien, car «ç'a eu un impact sur le déroulement de l'élection fédérale en 1997, en particulier dans le comté de Saint-Maurice». Lors de ces élections, Jean Chrétien, qui était alors député et premier ministre sortant, a battu son adversaire bloquiste par 1602 voix, et ce, estime M. Duhaime, en dépit des ressources mises sur le terrain pour les libéraux.

«Dans mon comté, il y avait pas mal de monde à l'ouvrage [pour les libéraux]. On ne peut pas banaliser le scandale des commandites avec 500 millions $ de nos impôts qui ont été coulés là-dedans absolument pour rien», soutient Yves Duhaime. «Il avait une raison pour lancer ça M. Chrétien. On oublie que lors du référendum de 1995, le Oui a gagné partout dans la région (56 % contre 44 % dans Saint-Maurice)».

Malgré une demande d'entrevue, Jean Chrétien n'a pas voulu commenter les propos d'Yves Duhaime.

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