Odeur de printemps à Trois-Rivières

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Quelque 500 personnes ont marché dans les rues de Trois-Rivières pour dénoncer les coupes du gouvernement libéral.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les mesures d'austérité et les droits des femmes ne font certes pas bon ménage. Du moins, c'est le message qu'ont clamé les 500 personnes rassemblées dimanche dans le cadre d'une marche qui visait à dénoncer les politiques de restriction budgétaire du gouvernement du Québec, avec comme toile de fond la Journée internationale des femmes.

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Les manifestants se sont brièvement arrêtés devant les bureaux du député de Trois-Rivières à l'Assemblée nationale, Jean-Denis Girard, avant de poursuivre leur marche jusqu'au parc Champlain.

Photo: Olivier Croteau

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Le premier ministre Philippe Couillard et son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se sont invités à la marche contre l'austérité, recevant les hués d'une foule somme toute festive.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«Aujourd'hui, les femmes ne sont pas dans un centre commercial, elles sont dans la rue», souligne Claire Montour, présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ), faisant référence à des propos tenus la semaine dernière par le ministre Poëti.

Pour les participants, là où le couperet gouvernemental tombe, que se soit en santé, en éducation, dans le réseau des garderies, dans l'aide au logement ou le soutien aux organismes communautaires, ça fait mal, particulièrement aux femmes.

«Nous sommes en colère. C'est toujours aux femmes que l'on s'attaque en premier et ce sont elles qui en payent le prix», lance d'emblée Marie-Josée Magny du Carrefour d'aide aux non-syndiqués. Une affirmation qui trouve chaussure à son pied dans la plus récente publication de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) qui illustre noir sur blanc que si les mesures de relance ont d'abord favorisé les hommes, les mesures d'austérité, quant à elles, ont surtout affecté les femmes.

Une situation inacceptable aux yeux de la Centrale des syndicats du Québec, l'une des associations placées en tête du peloton. Pour son coordonnateur régional, Denis Bastarache, la place des femmes dans la société n'est jamais complètement acquise, leurs droits ayant été érigés sur un piédestal très fragile.

«Les femmes sont et seront les plus touchées par les mesures d'austérité. Par exemple, l'augmentation des tarifs de garde en CPE pourrait faire en sorte que les femmes hésitent à y envoyer leurs enfants, demeurant à la maison, car leurs dépenses liées à la garderie vont être égales ou supérieures à leur revenu. Le gouvernement les retire donc du marché du travail, un lieu d'épanouissement où elles pourraient s'accomplir.»

Autre hic qui, de l'avis de M. Bastarache, nuit à l'égalité sociale des sexes: les récentes coupes dans l'aide à domicile et dans les CHSLD, deux pôles de service occupés en grande partie par des femmes. «Là aussi, elles écopent. Sans compter la réduction de la subvention accordée au programme Chapeau, les filles!, qui encourage les jeunes femmes à se diriger vers des métiers non traditionnels.»

Partis du stationnement adjacent au Colisée de Trois-Rivières, les marcheurs ont emprunté le boulevard des Forges jusqu'au centre-ville, créant un joyeux tintamarre devant les bureaux du ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional, Jean-Denis Girard.

PDG du CISSS

Lors de cette marche, le récent catapultage de Martin Beaumont sur le siège du président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Mauricie-Centre-du-Québec, n'est guère passé inaperçu entre deux coups de trompette et un roulement de crécelle.

Pour certains, le parachutage de l'ancien directeur général du CSSS du Nord de Lanaudière est un mauvais présage. «Ça nous inquiète, car on pense que les décisions doivent se prendre par les gens du milieu, des gens qui connaissent les situations, des gens qui savent ce qui se vit dans le milieu. Quels sont les problématiques particulières ici? Ça prend quelqu'un de la place pour le savoir», croit M. Bastarache.

Un son de cloche plus virulent s'est fait entendre du côté de la FSQ. Selon sa présidente, la nomination de M. Beaumont est un véritable «affront» assené au coeur même du système de santé régional.

«Je suis très inquiète. Très inquiète. C'est là qu'on voit la mainmise du gouvernement. M. Beaumont, je connais son histoire, et ça m'inquiète. Comment il va faire pour connaître les réalités de la région? [Le ministre de la santé] Barrette a placé ses amis, c'est clair pour moi. On voit son vrai visage. On avait d'excellentes personnes qui auraient pu occuper ce poste, des gens qui connaissaient notre région», estime Mme Montour.

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