Conduites gelées: la situation empire à Trois-Rivières

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En plus de dégeler les conduites d'eau des résidents, les cols bleus doivent parer aux bris sur le réseau d'aqueduc. Une conduite a cédé, mercredi matin, sous la rue Sainte-Cécile.

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(Trois-Rivières) Le nombre de conduites d'eau gelées ne cesse de croître à Trois-Rivières. En seulement deux jours, une vingtaine de cas se sont ajoutés à la liste d'attente. Pas moins de 96 résidences étaient privées d'eau, mercredi matin. C'est 386 cas qui ont été répertoriés depuis le début de l'hiver alors qu'on en compte habituellement une douzaine.

«C'est du jamais vu», lance Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, qui précise que le temps d'attente atteint en moyenne sept jours.

À Shawinigan, on parle de 550 cas depuis le début de la saison. Soixante-douze sont toujours en cours de traitement ou en attente. Une attente qui peut s'étirer jusqu'à quatre jours. Mais la situation semblait s'améliorer, mercredi. «Ça va en diminuant, donc on est sur la bonne voie. Depuis ce matin (mercredi), on a eu cinq demandes. Mardi, c'était 14 et en fin de semaine, 60. Donc, ça s'améliore pour l'instant», mentionne Karine Beaulé-Prince, du Service des communications de Shawinigan.

À Trois-Rivières, «tous les districts sont touchés sans exception», mentionne M. Toutant. Le plus affecté par contre - et de loin - c'est le secteur du Carmel qui, lundi, comptait 114 cas. La situation est si problématique à cet endroit que les résidents situés dans le quadrilatère des boulevards des Récollets, des Forges, des Chenaux et Saint-Louis ont été avisés de laisser couler un filet d'eau en permanence. Même chose pour ceux dont les tuyaux ont gelé cet hiver. «Si votre conduite a gelé une fois cet hiver, laissez couler un filet d'eau jusqu'au début du mois de mai. Si vous arrêtez, en une heure, l'eau va geler à nouveau, même s'il fait 12 degrés dehors», prévient M. Toutant.

À Shawinigan, ce sont tous les citoyens de la ville, dont les résidences sont desservies par le réseau d'aqueduc, qui doivent laisser couler un filet d'eau en permanence. Ceux qui ont une fosse septique doivent toutefois ouvrir une conduite située à l'extérieur.

La Ville de La Tuque demande également à ses citoyens de laisser couler l'eau jusqu'à nouvel ordre. Depuis le début de l'hiver, 108 demandes ont été enregistrées dans cette municipalité du nord de la région. Mercredi, 21 domiciles étaient toujours sur la liste d'attente. De plus, six maisons, où la situation est plus problématique, sont alimentées en eau par les conduites des voisins. La directrice des communications à La Tuque, Hélène Langlais, indique que les températures plus chaudes n'aident en rien la situation. Le sol demeure gelé en profondeur.    

La plupart des villes du Québec sont d'ailleurs touchées par ce phénomène attribuable au froid sibérien qui sévit depuis de nombreuses semaines. Le sol est gelé deux fois plus profondément qu'à l'habitude. En février, la Ville de Montréal a dénombré 1756 cas. C'est 10 fois plus que l'an dernier. À Laval, 464 résidences ont été touchées.

S'il faut autant de temps pour venir à bout de ce problème, c'est que les équipements pour dégeler les conduites sont rares. Trois-Rivières en compte trois. Elle a réussi à emprunter un quatrième appareil à Bécancour. «Ce n'est pas la main-d'oeuvre qui nous manque, ce sont les équipements. Ça prend vraiment des équipements spécialisés. Ils ne servent qu'à ça. On ne peut pas les utiliser pour faire autre chose. Aucune ville ne stocke cette machinerie-là. Personne ne s'attendait à vivre une situation semblable», explique M. Toutant.

À Trois-Rivières, quatre équipes de cols bleus travaillent exclusivement à cette problématique de jour et une le soir jusqu'à minuit. Réparer une seule conduite peut prendre plusieurs heures et même jusqu'à une journée complète dans les cas plus compliqués. En plus de cette problématique, les travaux publics doivent faire face aux bris sur le réseau d'aqueduc qui est malmené par le froid. D'ailleurs, tôt mercredi matin, une conduite a cédé sous la rue Sainte-Cécile. «Nos cols bleus y goûtent ces temps-ci», note M. Toutant.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

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