Louis Lesage: le retour en force d'un colosse

Le policier de la Sécurité publique de Trois-Rivières,... (Photo: Sylvain Mayer)

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Le policier de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Louis Lesage, entouré de son entraîneur, Patrick Lemieux, et de sa conjointe, Johanne Provencher.

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(Trois-Rivières) Louis Lesage est un colosse. Malgré un grave accident qui l'a plongé 19 jours dans le coma en novembre dernier, l'imposant policier et athlète est de retour à l'entraînement plus déterminé que jamais.

La vie du président de la Fraternité des policiers et pompiers de Trois-Rivières a basculé le soir du 8 novembre dernier, alors qu'il était au restaurant le Manoir Antic de Champlain avec des confrères et des proches. L'explosion d'un brûleur à fondue a engendré une boule de feu qui s'est vite propagée, blessant gravement le policier ainsi que deux de ses confrères.

Brûlé au deuxième degré, voire davantage, au bras ainsi qu'au visage, sa peau était littéralement en lambeaux. «Je me souviens de m'avoir éteint et qu'une personne m'a aidé en me mettant un manteau. Je me rappelle de mon transport à l'hôpital, mais c'est tout. Après, plus rien. Je me suis réveillé 19 jours plus tard», confie Louis Lesage.

Le policier a été plongé dans un coma artificiel, tant ces blessures étaient importantes. «Je me souviens de mes rêves durant mon coma. Ma conjointe et moi avions acheté une nouvelle maison et j'avais fait des missions à l'étranger. J'étais convaincu à mon réveil que j'avais vraiment vécu ces événements.»

Malgré ces blessures très graves, Louis Lesage ne garde heureusement que quelques cicatrices, principalement sur ses bras, de ce terrible accident. La peau de son visage et de sa tête s'est vite régénérée, si bien qu'il est maintenant difficile de déceler les cicatrices à ces endroits.

Aussitôt libéré de son lit d'hôpital, Louis Lesage n'avait qu'une idée en tête: retrouver sa forme physique. «J'ai commencé à m'entraîner le lendemain que je suis sorti de l'hôpital, le 9 décembre», avoue-t-il. «Ma priorité était ma réhabilitation et de revenir sur mes pattes. Je ne marchais plus. Et plus je restais chez moi, plus je rallongeais la réhabilitation. Il n'en était pas question.»

Sous la supervision de son entraîneur et kinésiologue Patrick Lemieux, Louis Lesage a alors entrepris un long et difficile processus de réhabilitation. Son corps n'était plus le même après tant de semaines dans le coma. Armé de sa détermination et de sa volonté de retrouver la forme, il s'est donné corps et âme.

«Aujourd'hui, ça va très bien. L'essentiel, c'est que la vie continue», dit-il d'une voix pleine de fierté. «Depuis un mois, je m'entraîne comme autrefois. Il me manque un peu de force, mais ça va bien. Je donne tout ce dont je suis capable. Et le corps suit très bien.»

Le médecin qui a soigné Louis Lesage au centre des grands brûlés serait très surpris de voir son patient en si bonne forme, si tôt après son accident. «Il était convaincu que ça serait plus compliqué. Mais je suis un peu têtu.»

Médaillé d'or en dynamophilie dans la catégorie des super-lourds 45-49 ans lors des Jeux mondiaux policiers-pompiers à New York en 2011, Louis Lesage souhaite même reprendre la compétition. Surtout qu'en 2017, l'importante compétition se tiendra à Montréal. «Cette année les mondiaux sont en Virginie, aux États-Unis. La date est trop proche pour que j'y participe. Mais 2017, j'y pense vraiment beaucoup», souligne-t-il.

«Je ne prends toutefois pas d'engagement formel. Mais j'aimerais participer avant à des compétitions au Québec juste pour me tester.»

La santé est telle que le président de la Fraternité croit bien pouvoir retourner au boulot très bientôt. Une rencontre avec son médecin le 9 mars sera déterminante. Si tout va bien, Louis Lesage pourra, à son grand bonheur, reprendre son travail au syndicat.

«Tous les examens que j'ai passés sont positifs. Je ne suis plus à risque du tout», confie-t-il. «Mon médecin veut toutefois s'assurer que tout va bien avant de me permettre de retourner au travail. J'ai quand même eu des complications assez graves.»

Par ailleurs, le policier évalue toujours la possibilité d'intenter des poursuites contre le Manoir Antic de Champlain.

«Ma conjointe a été plus forte que moi»

L'appui des proches a été déterminant dans la convalescence de Louis Lesage. Il avoue être extrêmement reconnaissant du soutien qu'il a reçu de la part de ses confrères, son employeur, ses amis, son entraîneur, mais surtout de sa conjointe, Johanne Provencher.

«Ma conjointe a été plus forte que moi. Elle m'a offert un soutien inconditionnel», estime Louis Lesage qui avoue être extrêmement reconnaissant envers son amoureuse. «Elle me voyait dans le coma, elle était à mes côtés quand ça allait mal et c'est elle qui devait avoir les mauvaises nouvelles.»

Johanne Provencher a les yeux pétillants et un large sourire aux lèvres en regardant son amoureux s'entraîner. Lorsqu'il était dans le coma, le pire était envisageable. «Il revient de loin et il monte deux ou trois marches à la fois», confie-t-elle.

Patrick Lemieux savait que Louis Lesage était animé d'une grande volonté, mais avoue malgré tout être impressionné de sa progression. «Il a été trois semaines entre la vie et la mort. Il a une progression phénoménale. En un mois, il a repris 80 % de sa force.»

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