Manifestation contre l'austérité: le pouvoir du maringouin

Les manifestants ont souhaité «rebrancher» le député de... (Photo: François Gervais)

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Les manifestants ont souhaité «rebrancher» le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, en lui offrant des rallonges électriques, des fils de téléphone et des câbles de branchement.

Photo: François Gervais

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une cinquantaine de personnes sont descendues dans la rue, vendredi, répondant à l'appel de groupes sociaux de Trois-Rivières qui désiraient condamner vertement les restrictions budgétaires appelées par le gouvernement du Québec.

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À Shawinigan, les manifestants ont pu discuter brièvement avec le député de Saint-Maurice Pierre Giguère, que l'on voit ici en compagnie de France Lavigne, directrice générale du Centre de femmes de Shawinigan. 

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Rassemblée devant les bureaux du député de Trois-Rivières, la poignée de citoyens a remis à Jean-Denis Girard, absent pour l'occasion, des rallonges électriques afin qu'il se «rebranche» sur les besoins du corps social et les aspirations du plus grand nombre. Deux manifestations animées par le même objectif se sont tenues simultanément, l'une à Shawinigan et l'autre devant les bureaux du député de Champlain Pierre-Michel Auger.

Diane Vermette, responsable du Comité logement Trois-Rivières, espère que le gouvernement se «reconnecte sur la vraie vie, sur le vrai monde, sur ce qui se passe dans notre société. On considère que le gouvernement est déconnecté de la réalité. Tout le monde le dit: ça ne sert à rien de couper pour relancer l'économie.»

De l'avis de Mme Vermette, cette période de vaches maigres heurtera de plein fouet la population la plus vulnérable, nourrissant à satiété une pauvreté déjà en hausse et creusant davantage l'abyme qui sépare les mieux nantis du reste du monde. Selon elle, plus de pauvreté provoquera inévitablement davantage de violence, de vandalisme, d'endettement, de détresse donc, en bout de piste, moins de paix sociale. «La société est en train de se démolir. On met la hache dans tout. La conséquence sur nos membres, c'est que nous assisterons à une problématique de pauvreté accrue. Les loyers augmentent, les coûts d'électricité augmentent, tout augmente, alors que les gens perdent leur emploi.»

«Notre pouvoir, c'est la rue», lance Mme Vermette en amplifiant son exaspération dans le creux d'un porte-voix. «Notre pouvoir, c'est celui du maringouin, c'est-à-dire d'être achalant. Il va y avoir une révolte qui va se faire, parce que ça n'a pas de bon sens de presser le citron comme on est en train de le faire.»

Entre deux slogans, les manifestants ont chaudement applaudi Sylvie Tardif, coordonnatrice de Comsep. Déjà amputée d'une kyrielle de subventions totalisant 100 000 $ cette année, l'organisation doit dès lors jongler avec une liste d'attente pour répondre aux besoins de ses bénéficiaires de service. Mme Tardif estime que l'heure de la «dénonciation» sonne aux portes de l'Assemblée nationale. «Comme citoyenne, j'ai honte», clame-t-elle à une foule chauffée à blanc.

«Je ne veux pas que les assistés sociaux soient coupés. Je ne veux pas que les organismes communautaires soient coupés. Je ne veux pas que les centres de toxicomanie soient obligés de fermer. Je ne veux pas que les employés de l'État perdent leur job. Je ne veux pas être complice des gestes d'austérité que le gouvernement pose actuellement.»

Un message repris en écho par la directrice générale de la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières, Amélie Dubuc. Selon elle, les coupures effectuées en santé, en éducation, en développement régional et en employabilité sont des preuves tangibles que Québec est «déconnecté». Des mesures qui fragilisent «des dizaines d'organismes communautaires à Trois-Rivières et des milliers de foyers trifluviens. Le gouvernement nous demande de faire plus avec moins, alors que nous avons besoin de plus pour répondre aux besoins grandissants des citoyens.»

Des manifestations semblables ont eu lieu dans une douzaine de villes au Québec. Depuis lundi, plus de 70 «actions symboliques et dérangeantes» ont été organisées par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics dans le cadre de la Semaine nationale d'actions contre l'austérité.

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