Frédéric Dion: une pure folie qui a un sens

Frédéric Dion a réservé au public de la... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

Frédéric Dion a réservé au public de la région, à la salle Thompson mercredi soir, la toute première conférence portant sur son récent périple fou de 4300 kilomètres en Antarctique.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Frédéric Dion le devait bien aux gens de la région qui l'ont soutenu de tant de façons lors de sa plus récente aventure en Antarctique: c'est devant une salle Thompson pleine qu'il a présenté sa première conférence racontant cette odyssée incroyable et surtout livré son message de motivation par lequel il incite tout un chacun à oser l'aventure.

Par le pouvoir du montage vidéo, résumé grossièrement en 135 minutes, son exploit apparaît presque accessible. L'aberration tient à ce que Frédéric Dion, contrairement à d'autres aventuriers plus imbus d'eux-mêmes, ne cherche nullement à impressionner ou à insister lourdement sur ses mérites. L'aventure qu'il a vécue, il l'utilise pour illustrer des propos infiniment plus universels que les défis qu'il a affrontés. Ce qui compte, c'est que les spectateurs sortent de la conférence avec la volonté de sortir de leur zone de confort, quelle qu'elle soit, pour se confronter à leurs peurs, les vaincre et accéder à plus de bonheur.

La conférence a évidemment été truffée d'anecdotes. Une balade de quelque 4300 kilomètres à travers le désert antarctique avec le cerf-volant à traction pour force motrice est tellement, en soi, un défi hors normes qu'elle ne peut se réaliser que dans l'invraisemblable. La seule minutie de la préparation dépasse l'entendement. Dion a raconté à quels extrêmes il a dû se contraindre pour alléger le poids de son traîneau à bagages. Jusqu'à couper les étiquettes de ses vêtements ou les bordures inutiles des sacs de nourriture lyophilisée pour éliminer des grammes superflus. Jusqu'à renoncer au papier hygiénique, ce qui n'a pas empêché le traîneau de peser 130 kilos.

Puisqu'il était désespérément seul, il a réalisé toutes les images ce qui donne au film qui accompagne ses propos, un côté artisanal qui sied parfaitement aux circonstances. Des images très léchées auraient été trompeuses en regard de la rigoureuse aventure qu'elles illustraient. Aventure qui aura été un triomphe non seulement de la force morale, du courage ou de l'endurance physique mais aussi de l'ingéniosité de cet homme vraiment hors du commun.

Si son propos est essentiellement positif, il a eu l'honnêteté d'inclure des épisodes plus troublants comme celui où, sans raison particulière si ce n'est qu'il était moralement brisé, il sanglotait comme un bébé devant la caméra du seul fait de son ennui et de son isolement. La difficulté d'un défi de la sorte tient davantage à des souffrances morales difficiles à imaginer depuis le confort de nos vies qu'aux milliers de kilomètres parcourus, aux incidents ou au froid combattu.

Quand il a raconté l'épisode où il a perdu son traîneau dans la neige et que la panique s'est emparée de lui, on pouvait sentir son désarroi, presque le comprendre. C'est le moment où il a eu le plus peur. Le moment le plus exaltant n'a pas été celui d'atteindre l'un ou l'autre de ses objectifs géographiques, mais celui où il a atteint un poste de ravitaillement où se trouvait un traîneau neuf alors que depuis 300 kilomètres, il en tirait un hors d'usage menaçant à tout moment d'éclater sous l'effet combiné du froid et des bosses contre lesquelles il cognait constamment. Tout cela avait des accents de sincérité qui sont venus nous toucher vraiment.

Dion a aussi parlé de l'épisode de la remise en question de ses records de voyage en solitaire à cause du changement de traîneau considéré comme un ravitaillement. L'aventurier en a souffert mais admet que la douleur de l'épisode lui a aussi permis de comprendre que les records ne sont que des objectifs à atteindre et que la seule chose qui compte finalement, c'est chaque pas fait pour les atteindre et ceux-là, personne ne peut les remettre en question.

Voilà une aventure qui dépasse l'imagination. Son récit fait plus que nous faire rêver, il nous élève. Frédéric Dion présentera de nouveau sa conférence le 6 mars prochain à la salle Thompson.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer