La Ville de Trois-Rivières congédie 48 cols bleus

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Le président du syndicat des employés manuels de la Ville de Trois-Rivières, Simon Lapierre, lors du point de presse tenu symboliquement mercredi devant le chantier de l'amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

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(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières a annoncé mercredi après-midi une restructuration interne en remerciant pas moins de 48 cols bleus temporaires. Animée par la volonté d'utiliser davantage la sous-traitance, la Ville donnera de plus à une entreprise privée la responsabilité de la centrale d'appels d'urgence 9-1-1.

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Le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.

Photo: Sylvain Mayer

Le syndicat des employés manuels de la Ville de Trois-Rivières, qui représente les cols bleus, a qualifié de «cavalière» l'annonce des licenciements. «On a eu un coup dans les genoux aujourd'hui. C'est 48 familles [...] qui vont se retrouver à la rue ou dans une situation hyperprécaire. Nous n'avons pas vu venir ça du tout. Certains employés touchés sont à l'emploi de la Ville depuis dix ou douze ans. Un congédiement en bloc comme ça, c'est inacceptable», a lancé Simon Lapierre, le président du syndicat lors d'un point de presse tenu symboliquement devant le chantier de l'amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, un projet cher au maire. 

«C'est très questionnable ce qui se passe ici. On met 50 millions $ pour un amphithéâtre qui va servir trois mois par année.»

Le syndicat a de plus dénoncé avoir appris lors d'une entrevue radiophonique du maire, accordée plus tôt cette semaine, l'intention de la Ville de procéder à des mises à pied. Par ailleurs, le syndicat entend étudier toutes les possibilités qui s'offrent à lui pour contester ce licenciement massif.

La Ville souhaite ainsi par cette décision économiser près d'un million $. Les économies ainsi réalisées permettraient de combler en partie le manque à gagner de 3,8 millions $, sur un budget de 93,1 millions $, engendré par le pacte fiscal transitoire entre Québec et les municipalités. 

Une décision de «bon gestionnaire», estime le maire

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, affirme que son administration a dû prendre une décision de «bon gestionnaire». Il souligne que les employés qui perdent leur emploi ont un statut temporaire et non permanent. 

«Ça fait partie de la bonne gestion qu'on demande à nos administrateurs», affirme le maire qui précise par la même occasion que le processus de rationalisation est permanent.

Le premier magistrat soutient par ailleurs que la Ville n'a jamais garanti de travail à ces 48 employés temporaires. «Ce sont des temporaires qui sont rappelés de façon annuelle en fonction des besoins», déclare le maire qui indique que les travaux publics représentent les plus importantes dépenses de la Ville. 

«On parle d'une économie de un à 1,5 million $ par année. Nous ne sommes pas un organisme de bienfaisance [...] et nous sommes responsables des deniers publics. Et si nous sommes capables de sauver de l'argent avec la réingénierie, nous allons le faire. On serait mal vu de refuser d'aller dans cette direction.»

Yves Lévesque a tenu à rappeler qu'en 2014, la Ville a aboli 22 postes de cadres, économisant ainsi 2,7 millions $. «Il y a aussi eu des postes [coupés] à Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDE) et à la Corporation culturelle», précise-t-il. «C'était des cadres et on n'a pas fait tout un plat avec ça!» 

Utilisation accrue de la sous-traitance

Le travail réalisé par les employés remerciés devra malgré tout être fait. Le maire estime que le directeur des travaux publics a fait la démonstration que le travail serait réalisé à moindre coût par des entreprises en sous-traitance. «Nous sommes capables de faire la comparaison entre le privé et le municipal. Et lorsque nous pouvons avoir des services à moindre coût, on va le faire. Nous sommes élus pour ça», juge M. Lévesque. «Le marché est très bon. Il n'y a pas beaucoup de travail présentement. Lorsque nous allons en soumission, les prix sont bons et il y a des économies

réelles.»

De son côté, Simon Lapierre ne croit pas que les économies seront au rendez-vous avec l'utilisation de la sous-traitance. «Nous avons des gars formés qui savent ce qu'ils ont à faire. Et ils le font très bien. Nous avons mis des sommes faramineuses dans le système 5 S (optimisation de la méthode de travail) et on va se retrouver avec de beaux départements vides», prétend le président du syndicat des cols bleus. «Je ne vois pas comment la Ville va pouvoir arriver à rendre un service aux citoyens à la hauteur de ce que les cols bleus temporaires pouvaient faire.»

La Ville souhaite de plus avoir recours à la sous-traitance pour le service de la centrale 9-1-1, à l'instar d'autres municipalités québécoises. Un appel d'offres en ce sens devrait bientôt être publié. Dix employés permanents seront ainsi affectés à d'autres tâches alors que quinze autres demeureront au service de la Sécurité publique. La Ville indique qu'en 2002, 79 municipalités utilisaient la centrale 9-1-1 de Trois-Rivières pour la couverture de leur territoire. Or, toutes «ces municipalités ont maintenant des contrats de service avec le privé», note la Ville.

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