Une rue va porter le nom de Jean Chrétien à Shawinigan

La 5e Rue deviendrait la rue Jean-Chrétien, à... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La 5e Rue deviendrait la rue Jean-Chrétien, à Shawinigan.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le souvenir du p'tit gars de Shawinigan imprégnera à jamais le coeur du centre-ville de son patelin. En effet, tout indique qu'à compter de l'an prochain, la 5e Rue deviendra la rue Jean-Chrétien, une attention proposée à la demande expresse du maire, Michel Angers.

La Ville de Shawinigan présentait son scénario de changements de noms de rues lundi soir, à l'Auberge Gouverneur. Environ 150 personnes se sont présentées au rendez-vous et le fruit de ce travail de moine a généralement été bien accueilli.

Le fait saillant de cette démarche a été dévoilé par le maire, puisqu'il tenait personnellement à ce que le nom de l'ex-premier ministre du Canada soit immortalisé au coeur du centre-ville. «J'ai fait une proposition et elle a été retenue!», badine M. Angers. «Je voulais cette rue-là, spécifiquement pour Jean Chrétien. Je me disais qu'on avait une occasion unique de la nommer en son honneur. C'était la rue achalandée de Shawinigan et on souhaite revivre, à la suite des travaux, la même ambiance, avec la Place du marché.»

Pendant l'assemblée, le maire a raconté que lorsqu'il avait approché M. Chrétien pour lui partager son idée, l'ex-député de Saint-Maurice à la Chambre des communes lui a fait remarquer qu'il n'était pas encore décédé. À la Ville, on semble convaincu qu'un hommage semblable peut être rendu à une personnalité de son vivant.

«Le nom de rue sera respecté par toutes les instances», assure M. Angers. «Seule la commission de toponymie peut émettre une réserve, en nous demandant d'attendre une année après le décès. Ça ne change rien dans nos pratiques.»

La création de la rue Jean Chrétien signifie que le système numérique disparaîtra du centre-ville, comme le craignait Appartenance Mauricie. Le président de l'organisme, Mario Lachance, a déposé une imposante étude aux membres du conseil municipal pour les sensibiliser à l'importance historique de cet enjeu.

Le comité de toponymie a pris la décision de conserver le système numérique dans les secteurs Grand-Mère, Shawinigan-Sud et Saint-Georges, en s'assurant évidemment d'éliminer les doublons. Pour y parvenir, les noms de rues et d'avenues s'exprimeront dorénavant entre 100 et 199 du côté de Shawinigan-Sud, puis à partir de 200 à Saint-Georges.

François St-Onge, directeur des communications et membre du comité de toponymie, souligne que le système numérique a été conservé à ces trois endroits en raison de la présence de «quadrilatères cohérents». Le fruit de cette réflexion ne semble pas laisser beaucoup de chance au statu quo pour le centre-ville, comme le souhaite M. Lachance.

«Nous soumettons une proposition et nous espérons qu'elle sera retenue», commente-t-il. «Nous sommes convaincus que nous avons des arguments solides qui militent en faveur du maintien de la numérotation.»

Dans l'étude remise au conseil municipal, préparée avec la collaboration de la Cité de l'énergie, il est mentionné que les rues numérotées font partie du plan d'aménagement déposé le 25 octobre 1899 par la firme T. Pringle & Son, pour la Shawinigan Water & Power.

«Shawinigan est l'une des premières villes planifiées au Canada», rappelle M. Lachance. «Ce n'est pas rien! Les rues 1 à 11 qui étaient sur le plan Pringle sont toujours là après 115 ans et c'est unique au Québec. C'est un symbole de l'histoire urbaine au Canada qui a débuté ici.»

Appartenance Mauricie et la Cité de l'énergie ont recueilli plusieurs appuis pour soutenir leur démarche, dont celui de Lucie K. Morrisset, professeure titulaire au département d'études urbaine et touristiques de l'Université du Québec à Montréal et directrice scientifique de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain.

Pendant la période de questions, Ghislain Fréchette a fermement appuyé M. Lachance. «Il me semble qu'on ne devrait pas toucher à la base de Shawinigan», fait-il remarquer. «La logique de base, c'est l'histoire!»

Tout en assurant que l'argumentation serait analysée, M. Angers ne laisse pas beaucoup de place au maintien du système numéroté, surtout après avoir annoncé que la 5e Rue deviendrait la rue Jean-Chrétien. De plus, M. St-Onge fait remarquer que le fameux plan Pringle a déjà subi des modifications au fil des années. «Nous avons présenté une logique», tranche le maire. «Nous n'avons pas fait une distinction particulière pour le centre-ville de Shawinigan. Nous sommes allés selon les règles établies.»

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