La saignée commerciale se poursuit au centre-ville de Trois-Rivières

Le restaurant Casablanca est un des nombreux commerces... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le restaurant Casablanca est un des nombreux commerces qui ont fermé leurs portes récemment au centre-ville.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Les fermetures de commerces au centre-ville de Trois-Rivières se succèdent à un rythme inquiétant. Le dernier en lice à fermer ses portes est le Belley's Billard Lounge.

La chute dramatique de la clientèle, causée selon le propriétaire de l'établissement, Carl Belley, par les difficultés économiques de la région ainsi que par la crise de la pyrrhotite, a fini par avoir raison du commerce ouvert en 2008.

Après deux très bonnes premières années, la lente régression a débuté. «Ça fait longtemps que je suis en affaires et je n'avais jamais vu une chute de la clientèle aussi radicale qu'à l'hiver 2012. Nous avons alors mis de côté deux projets que nous avions à Québec, sur Grande Allée, et à Sherbrooke», explique le propriétaire du Belley's, Carl Belley.

«À partir de ce moment, ça ne s'est jamais relevé. Nous avons coupé du personnel et fait des réorganisations dans l'entreprise, mais l'économie à Trois-Rivières va mal. En deux ans, nous avons connu une baisse de 60 à 70 % de notre chiffre d'affaires.»

Carl Belley affirme de plus que les nombreuses fermetures de grandes entreprises ces dernières années dans la région ont fait dramatiquement baisser sa clientèle corporative. Son commerce accueillait régulièrement des événements organisés par des entreprises, dont la centrale nucléaire, qui sont aujourd'hui fermées.

«Nous avions beaucoup de 5 à 7, de partys de Noël, d'événements pour des départs à la retraite ou de nouvelles nominations. Le corporatif a beaucoup baissé depuis deux ans.»

Par ailleurs, les nombreux cas de pyrrhotite à Trois-Rivières ont aussi, selon M. Belley, contribué à faire chuter la clientèle. Il précise que plusieurs de ses clients étaient des jeunes professionnels propriétaires de maisons touchées par cet important vice de construction. «Lorsque tu ne sais pas quand tu vas faire réparer ta maison et combien ça va coûter, tu ne sors pas en ville», précise M. Belley en avouant qu'il connaît intimement la situation en étant propriétaire d'une maison qui présentait des problèmes de pyrrhotite. «Il ne faut pas nier que ça ne va pas bien au centre-ville de Trois-Rivières.»

Depuis quelques années, les commerces ont été nombreux à fermer leurs portes définitivement ou temporairement au centre-ville. On retrouve notamment sur cette liste les restaurants Le Dalton, Casablanca, le Souvlaki (maintenant rouvert), le Paradis d'Asie (maintenant rouvert), McDonald's, les boutiques Cowboy Jeans, le Monnaie-Heure, le Nouvel homme, la bijouterie Paul Bellemare, les deux bars laitiers, la Crémière et le Brise Glace (fermés pour l'hiver), puis les bars le P'tit Pub et l'Embuscade. De plus, PMA assurances quittera bientôt le centre-ville pour s'installer au parc d'affaires Amiral.

Le restaurant Casa Domani s'ajouterait à la longue liste des fermetures au centre-ville. Le numéro de téléphone du restaurant est maintenant inactif et le commerce semble délaissé. Plusieurs articles du restaurant ont d'ailleurs été laissés sur le trottoir plus tôt cette semaine. Il nous a été toutefois impossible mercredi de discuter avec le propriétaire.

La directrice générale de la Société de développement commerciale (SDC) du centre-ville de Trois-Rivières, Marie-Ève Croteau, estime que les difficultés économiques de la région sont étroitement liées aux nombreuses fermetures de commerces. «La fermeture du Belley's en est une qui s'ajoute à une longue liste», affirme-t-elle.

«C'est le reflet d'une économie régionale qui ne va pas bien. Mais le centre-ville doit aussi s'adapter aux nouvelles tendances. Certains restaurateurs se sont possiblement rendu compte qu'ils ne répondaient plus aux goûts des clients. Ça demande aux gens d'affaires d'innover et de répondre aux nouvelles tendances ainsi qu'aux nouveaux besoins.»

La SDC du centre-ville collabore avec d'autres organismes dédiés au développement économique afin de trouver des solutions pour redresser le centre-ville. La diversification des activités, commerciales et résidentielles, ferait partie des solutions. Marie-Ève Croteau rêve même de voir une faculté ou un département d'une institution d'enseignement s'établir au centre-ville, comme ce fut le cas dans le quartier Saint-Roch à Québec, où l'arrivée de l'ENAP et de l'école des arts visuels de l'Université Laval dans le quartier a été le déclencheur d'une revitalisation réussie.

Le manque de stationnements au centre-ville est souvent évoqué pour expliquer la baisse de la clientèle. Or, la SDC affirme que le coeur du centre-ville, délimité par les rues Saint-Roch, Saint-Olivier, Laviolette et le fleuve Saint-Laurent, compte 5500 espaces de stationnements. Sur l'ensemble du territoire trifluvien, 17 % de l'espace urbain est alloué au stationnement, alors que la moyenne recommandée se situe entre 10 et 12 %. À titre de comparaison, les moyennes de Montréal et de Drummondville sont de 10 et 15 %.

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