Implantation d'une mosquée: malaise à Shawinigan

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C'est dans cet immeuble du 250 boulevard Industriel à Shawinigan que la communauté musulmane voulait établir une mosquée. Les élus ont toutefois décidé, en comité privé lundi, de ne pas accorder le changement nécessaire au règlement de zonage pour aller de l'avant avec ce projet.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Aucun conseiller de Shawinigan ne remet en question son vote sur le changement de zonage qui devait permettre l'établissement de la première mosquée sur le territoire, mais les discussions sur ce sujet ont visiblement provoqué un malaise.

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:Guy Arseneault: «J'ai reçu quelques téléphones, nous en avons rediscuté. C'est le plus que je peux dire.» 

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Martin Asselin: «Nous représentons les citoyens, alors il faut les écouter.» 

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Jusqu'à lundi, tout indiquait que la communauté musulmane de Shawinigan ouvrirait son lieu de culte dans le parc industriel Albert-Landry. Le processus de modification au règlement de zonage pour permettre les activités religieuses avait été suivi sans la moindre opposition.

Mais lundi soir, en comité privé, les élus ont décidé de ne pas accorder ce changement. La résolution adoptée en assemblée publique mardi indique que le conseil a pris cette décision «après avoir entendu les arguments et les commentaires de nombreux citoyens».

À la mi-janvier, le conseiller du district Val-Mauricie, Guy Arseneault, mentionnait que chacun avait droit à ses convictions et qu'il ne s'attendait pas à une opposition particulière pour ce projet dans son quartier. Un mois plus tard, il a été placé devant une autre réalité.

«On s'en est reparlé ensemble et nous avons décidé de ne pas accorder la modification de zonage», commente M. Arseneault. «J'ai reçu quelques téléphones, nous en avons rediscuté. C'est le plus que je peux dire.»

Sa voisine du district Almaville, Josette Allard-Gignac, reconnaît avoir reçu «beaucoup» de commentaires à la suite de la médiatisation de l'arrivée possible d'une mosquée dans le secteur Shawinigan-Sud.

«Avant, les gens étaient plus ou moins au courant», observe-t-elle. «Disons que ça a suscité des questions.»

Mme Allard-Gignac reconnaît avoir ressenti un certain malaise pendant l'assemblée de mardi, même si la majorité des interventions ont été faites de façon correcte, estime-t-elle. «Mais certains n'ont pas été très respectueux et le respect, ça fait partie de mes valeurs fondamentales», indique-t-elle.

Alain Lord, conseiller du district de la Cité, qualifie de «bonne discussion» les échanges de lundi soir. Il fait remarquer que pour un immeuble de l'avenue Tamarac, le processus de changement de zonage s'est conclu sans histoire l'an dernier avec l'ajout des activités religieuses.

«S'ils veulent s'installer là, ils ont complètement le droit», convient-il. «Nous avons aussi beaucoup d'églises à vendre. Ils peuvent les acheter ! Nous n'avons pas qu'une sorte de religion à Shawinigan. Je sais qu'il est arrivé des événements malheureux ailleurs, mais on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac.»

Dans le district des Boisés, Martin Asselin reconnaît aussi avoir reçu certains commentaires par rapport au projet de modification de zonage et à ses conséquences.

«C'est sûr et certain qu'avec l'actualité, ce qui s'est passé chez Charlie (Hebdo), ce n'était pas le meilleur timing», convient-il. «Nous avons discuté longuement et nous en sommes arrivés à une décision. Nous représentons les citoyens, alors il faut les écouter.»

Le conseiller du district des Montagnes, Serge Aubry, n'a pas voulu se prononcer, référant notre demande d'entrevue au directeur des communications de Shawinigan. Sa collègue du district du Rocher, Lucie DeBons, indique que le délicat sujet n'a suscité aucun commentaire dans son quartier, mais elle n'a pas voulu aller plus loin. Le conseiller du district des Hêtres, Jean-Yves Tremblay, n'a pas retourné nos appels.

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Nancy Déziel: «Quand on met tout le monde dans le même bain, les terroristes gagnent.»

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Ouverture

Nancy Déziel souhaite que cet épisode n'empêchera pas la communauté musulmane de bien s'intégrer à Shawinigan.

«Je ne souhaite que du bien aux gens impliqués dans ce dossier, y compris les citoyens qui ont des craintes», souligne la conseillère du district de la Rivière. «La différence, ça ne fait pas si mal. Ça fait mal quand on ne la connaît pas.»

«Je souhaite que les gens vivent en harmonie, apprennent à se connaître et qu'on soit une meilleure société. Je pense que les gens ont le droit de pratiquer leur religion, tant que ça ne fait de mal à personne. Shawinigan est une terre d'accueil et nous avons besoin de ces gens. Le raccourci est un peu dommage, car quand on met tout le monde dans le même bain, les terroristes gagnent.»

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