Port pétrolier TransCanada: les verts prêts au combat à Bécancour

Le port de Bécancour ferait partie des options... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le port de Bécancour ferait partie des options envisagées par TransCanada au lieu de Cacouna.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Venant à peine d'être évoqué comme alternative à Cacouna pour y accueillir le port pétrolier de TransCanada, le choix possible de Bécancour fait déjà réagir les environnementalistes alors que les intervenants politiques et économiques se montrent plutôt ouverts à envisager un tel projet.

Mais chez TransCanada, on répète qu'aucune décision n'avait été prise, mais que lorsqu'elle le sera, l'entreprise s'assurera de la communiquer.

«C'est vraiment étonnant. Alors qu'on n'est toujours pas prêt à recevoir un terminal méthanier de Stolt, voilà qu'on arrive avec un port pétrolier. On veut nous enfoncer dans la gorge plusieurs projets d'hydrocarbures en faisant le choix des énergies non renouvelables qui affectent le climat», a commenté à chaud le coordonnateur interrégional «Nord» du Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec, Marc Brullemans.

Celui-ci fait remarquer que «ce n'est pas le fond de l'océan à Bécancour, les berges sont rapprochées et il y a des résidents tout le long». «Le parc de Bécancour devient une excuse pour tous les projets industriels que la plupart voit d'un mauvais oeil», soutient le militant écologiste.

Toutefois, pour le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, «ça vaut la peine d'être regardé». «Je n'ai pas fait l'analyse environnementale, il y aura beaucoup d'opposants à ça, mais comme député, ma responsabilité est de regarder ça sur toutes les facettes», a-t-il indiqué.

Selon lui, un tel projet entraînerait «de gros investissements, créerait beaucoup d'activités et des emplois connexes». «Je ne suis pas surpris que Bécancour devienne un site potentiel pour TransCanada. Les installations du parc industriel sont parmi les meilleures qui soient, elles sont sous-utilisées et pourraient facilement être adaptées pour répondre à la demande de TransCanada», a confié le représentant caquiste.

Quand on lui demande s'il est prêt à prendre le bâton du pèlerin pour réclamer l'implantation du port pétrolier à Bécancour, Donald Martel répond qu'il n'en est pas là. «Mais je vais le prendre pour être partisan d'une étude car on ne peut pas dire non tout de go, ce qui serait irresponsable et illogique», a précisé celui qui demande ainsi à tous les acteurs concernés de ne pas écarter d'emblée le port de Bécancour «qui a toutes les caractéristiques pour accueillir un tel projet».

Pour sa part, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, juge «très prématuré» de réagir à une pareille hypothèse alors qu'il dit «n'avoir eu aucun contact avec cette compagnie-là».

«Je n'ai aucune idée des impacts économiques, sociaux et environnementaux. Mais je souhaite qu'on nous rencontre. Et après avoir perdu 1400 emplois nets en neuf ans, oui, on s'intéresse à quelqu'un qui veut venir investir et créer de l'emploi chez nous», affirme le premier magistrat qui tape du pied devant l'absence de réponses gouvernementales aux divers projets qu'il mène de front.

De son côté, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, a confirmé au Nouvelliste qu'aucun dossier de port pétrolier n'était ouvert. «Ce n'est pas sur la table de travail», assure-t-il.

Ce dernier fait remarquer que TransCanada n'est pas un étranger dans le parc industriel en possédant déjà une installation. «Ils ont donc de l'information sur le parc. Maintenant, ont-ils déjà monté un dossier pour un port pétrolier à Bécancour?», se demande-t-il.

Par contre, l'ancien maire ne considère pas que la chose soit irrationnelle. «Nous avons ce qu'ils cherchent, soit la proximité d'un pipeline, un port en eau profonde, ouvert à l'année, avec des espaces d'entreposage et une infrastructure fantastique, soit le quai», se plaît-il à énumérer.

Et ce quai est utilisé au tiers de sa capacité. «Il est d'abord au service des entreprises du parc, qui représentent 94 % des usagers, et on ne fait pas de démarchage de clientèle», souligne M. Richard avant de conclure que les retombées

éventuelles d'un port pétrolier pourraient se traduire, entre autres, par la construction d'immobilisations.

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