Les femmes mettent Québec en garde

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivères) Le réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, présidé par Joanne Blais de Trois-Rivières, craint que les modifications apportées par le projet de loi 28 à la gouvernance municipale en matière de développement local et régional ne soient incompatibles avec l'atteinte de l'égalité pour les femmes.

C'est ce que les porte-paroles du réseau sont allées dire à Québec, mardi soir, lors de leur passage à la Commission parlementaire sur la loi 28. Les femmes constatent en effet que le projet de loi prévoit «remettre les rênes du développement territorial entre les mains des municipalités régionales de comté (MRC), ce qui équivaudrait, selon elles, à écarter les femmes des décisions les concernant. Elles rappellent que les conseils de MRC sont composés exclusivement de maires et de mairesses, que la proportion de mairesses au Québec est de 17,3 % et que sur 104 préfets de MRC au Québec, seulement 20 sont des femmes.

Outre cette sous-représentation féminine, le réseau des tables de femmes souligne que les MRC n'ont ni l'expertise ni le mandat pour travailler à l'avancement de l'égalité pour les femmes sur leur territoire respectif. Il invite donc le gouvernement à s'assurer que les MRC procéderont à une analyse différenciée selon les sexes pour chaque programme, politique ou mesure qu'elles mettront de l'avant et qu'elles travailleront avec les groupes de femmes de leur territoire.

Joanne Blais souligne par ailleurs qu'avec le projet de loi 28, ce sont également 19 ententes en matière d'égalité pour les femmes qui sont reléguées au néant. On annulerait aussi des projets qui visent l'autonomie économique des femmes ou leur représentation dans les lieux de pouvoir. Et c'est sans compter que plusieurs groupes de femmes en région ont déjà vu leur budget de financement menacé. «De plus, plaide Mme Blais, dans les régions ressources, la ségrégation professionnelle des emplois fait que les emplois des femmes sont concentrés dans les services publics, parapublics et gouvernementaux, «soit justement les emplois qui disparaissent des régions.»

Comme les tables régionales de groupes de femmes sont les seuls organismes régionaux dont la mission est de travailler à l'égalité pour toutes les femmes en région et qu'elles sont soutenues par quelque 400 groupes de femmes, elles demandent au gouvernement de diriger vers les 17 tables régionales les sommes qu'il consacrait annuellement aux ententes en matière d'égalité. On estime qu'ainsi, «l'argent sera investi dans des mesures structurantes élaborées en concertation et en partenariat pour améliorer les conditions de vie des femmes.»

Enfin, pour contrer la déstructuration actuellement en cours et pour préserver une cohésion régionale, le réseau souhaite que Québec facilite la mise sur pied d'une instance de concertation régionale et que cette dernière respecte la parité hommes femmes.

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