Parlement des jeunes: «Ma vision de la politique a changé»

Chloé Gilbert, Jean-Nicolas Bordeleau, Sophie Beauséjour et Julien... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Chloé Gilbert, Jean-Nicolas Bordeleau, Sophie Beauséjour et Julien Berthelot, tous élèves de 4e secondaire à l'Institut secondaire Keranna, ont participé aux travaux parlementaires du Parlement des jeunes à l'Assemblée nationale du Québec.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Sans l'ombre d'un doute, la classe politique actuelle ne manquera pas de sang neuf pour reprendre le flambeau.

Pour s'en convaincre, on n'a qu'à échanger avec les élèves de la région qui ont pris part à la 13e législature du Parlement des jeunes de l'Assemblée nationale du Québec, une activité pédagogique qui remet momentanément l'avenir de la nation entre les mains de la prochaine génération décisionnelle. Les partis politiques auront donc l'embarras du choix pour garnir leurs rangs, seulement si... les jeunes veulent bien se plier à leurs règles.

Des 36 écoles participantes, trois écoles de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont délégué une douzaine de jeunes pour les représenter, soit les écoles secondaires Le Boisé de Victoriaville et Val-Mauricie de Shawinigan, ainsi que l'Institut secondaire Keranna de Trois-Rivières.

Issus des bancs de cette institution privée, les quatre Trifluviens de 4e secondaire assis sur les banquettes de l'Assemblée nationale ont profité de leur présence à Québec pour déposer sur la table d'une commission parlementaire un projet de loi visant à abolir, ni plus ni moins, les cégeps. Leur objectif, et non le moindre: régler «le destin et l'avenir de l'éducation québécoise en une heure et demie».

«On voulait uniformiser le système québécois au reste du Canada en envoyant les programmes préuniversitaires dans les écoles secondaires, mais en conservant les programmes techniques au cégep», précise Chloé Gilbert, marraine du projet et députée de Brome-Missisquoi. «On considère que le cégep est une structure qui nous empêche d'évoluer de façon adéquate, parce qu'on est un peu pris avec ça. Les structures, souvent, ça permet de survivre et non pas de répondre aux besoins des citoyens.»

Même si leur projet de loi a été rejeté, Julien Berthelot estime tout de même que sa participation active sur le siège du député d'Orford aura fait mentir ceux qui prétendent, à tort, que les jeunes ne s'intéressent pas à la politique.

«L'activité était très intéressante, très enrichissante. Elle m'a permis de voir de l'intérieur comment ça fonctionne et comment les députés travaillent fort. Ça m'a permis de comprendre l'arrière-plan de la politique et de rencontrer d'autres jeunes allumés qui s'intéressent, comme moi, à la chose politique.»

«Depuis ma participation au Parlement des jeunes, ma vision de la politique a changé», renchérit Sophie Beauséjour qui, pour l'occasion, portait le chapeau de la députée de Richmond. «Les gens voient les politiciens comme des personnes qui ne s'intéressent pas aux citoyens, on se fait une image d'eux uniquement à travers la télévision, mais lorsqu'on rencontre les députés et qu'on voit le travail ardu qu'ils font, on constate qu'ils font un beau métier et qu'ils sont passionnés.»

Dans le même souffle, Jean-Nicolas Bordeleau, pour l'occasion député du comté de Vanier-Les Rivières, estime que sa participation a éclairé sa lanterne, lui permettant de mieux décortiquer les décisions parfois impopulaires du gouvernement, entre autres le bâillon imposé par le gouvernement Couillard pour faire adopter le projet de loi 10 modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé.

«Lorsque le gouvernement a décidé d'utiliser le bâillon, si je n'avais pas fait le Parlement des jeunes, j'aurais dit: ben voyons, étudiez-le le projet de loi! Mais après avoir assisté à la commission parlementaire, après avoir vu comment le gouvernement travaille fort, je me suis dit: c'est une bonne chose qu'il amène le bâillon parce que l'opposition ne faisait que chercher des poux. J'ai compris, grâce à mon expérience au Parlement, que M. Barrette n'était plus capable d'avancer, et avec raison.»

Politiciens de carrière

Les quatre élèves ont eu la piqûre pour la politique, certes. Mais en feraient-ils une carrière de ce métier qu'on avoue ingrat et qui, année après année, se retrouve dans les derniers échelons du baromètre des professions, recueillant à peine plus de 12 % de la confiance des Québécois? Autour de la table, la réponse est unanime, c'est-à-dire positive, non sans quelques nuances. «Quand je suis revenue chez moi, la première chose que j'ai dite à ma mère c'est: ça, c'est vraiment un métier qui m'intéresse. Mais après avoir vu les journées que les politiciens font, j'ai tout de même un petit doute à savoir si je suis capable», estime humblement Sophie Beauséjour.

«Ça pourrait être intéressant d'en faire un métier, mais ce que j'ai trouvé difficile, c'est de voter avec la ligne de parti», nuance Chloé Gilbert.

«Ça serait dur pour moi de trouver un parti avec lequel je suis en accord tout le temps. Comme nous disait le député Marc H. Plante [Maskinongé], parfois il faut voter avec le parti même si on n'est pas totalement en accord avec les décisions.»

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