ANALYSE

Vers la création d'une zone 417?

Même si on ne parle pas de mariage... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Même si on ne parle pas de mariage entre les deux villes, on sent qu'Yves Lévesque et Jean-Guy Dubois veulent pousser leurs fréquentations le plus loin possible.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) On se souvient tous, dans nos mathématiques d'enfance (à l'époque où la réussite scolaire n'était pas compromise par des réformes mal bâclées), de l'image de ces deux cercles qui partageaient un espace commun. Ça s'appelait la théorie des ensembles. Or, de plus en plus, la Mauricie et le Centre-du-Québec ressemblent à ces deux cercles qui se croisent, donnant comme intersection Trois-Rivières-Bécancour.

Depuis ce petit tour de bateau sur le fleuve à l'été 2014, les intervenants des deux côtés du Saint-Laurent ont découvert plus que jamais leurs affinités. Il faut dire qu'au plan de l'économie, quand Bécancour éternue, Trois-Rivières attrape la grippe. On l'a vu avec l'impact de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 alors que la majorité des travailleurs vivaient sur la rive nord. C'est d'ailleurs cette catastrophe économique qui aura provoqué ce rapprochement des chambres de commerce avec, à leur tête, Patrick Charlebois et un certain Jean-Denis Girard qui, devenu ministre, est moins volubile qu'à l'époque...

Depuis ce temps, les deux organismes accentuent les collaborations tandis que les deux maires multiplient les actions conjointes. On l'a vu récemment avec ce partenariat pour le prochain Salon de l'emploi prévu à Trois-Rivières et cette mobilisation pour réclamer le doublement de l'autoroute 55. Et il y a ce projet de navette fluviale qui pourrait permettre dès cet été à des cyclistes trifluviens de découvrir les pistes de Bécancour ou, encore, à des citoyens de la rive sud de venir fréquenter le centre-ville (du moins, ce qui en reste). «On travaille le dossier», se contente-t-on de dire du côté des élus.

D'ailleurs, l'idée est déjà évoquée d'unir les forces touristiques. Pour les deux offices de tourisme, on pourrait créer une seule structure administrative tout en conservant les bureaux d'accueil respectifs. Et l'occasion est belle pour restructurer les organigrammes alors qu'Innovation et Développement économique (IDÉ) Trois-Rivières et le CLD de Bécancour doivent composer avec des budgets réduits (le premier a déjà procédé à cinq mises à pied et on est sur le point d'annoncer trois départs chez le second).

Même si on ne parle pas de mariage entre les deux villes, on sent que Jean-Guy Dubois et Yves Lévesque veulent pousser leurs fréquentations le plus loin possible. Le premier magistrat trifluvien a même ouvert la porte pour un siège réservé à Bécancour au sein d'IDÉ Trois-Rivières. Encore là, il y a des pistes intéressantes à explorer en terme d'interventions économiques pour le futur.

Par exemple, pourquoi ne pas accorder au successeur éventuel d'Yves Marchand, chez IDÉ Trois-Rivières, un mandat de prospection pour l'ensemble de la «zone économique naturelle» (la fameuse ZEN du maire Dubois), avec l'accord évidemment de Bécancour? Celle-ci dispose d'un parc industriel unique au Canada pour accueillir les grands projets tels qu'IFFCO, Quest et Stolt LNGaz tandis que la rive nord possède un fort potentiel de développement commercial en plus de pouvoir recevoir bon nombre de PME dans ses différents parcs. La complémentarité est d'ailleurs le mot clé à retenir dans les discours officiels des dernières semaines.

Alors que les Conférences régionales des élus sont sur le point de disparaître autour d'eux, les maires Dubois et Lévesque sont en train de créer, par la force des choses, leur propre terrain de jeu. C'est un secret de Polichinelle que Bécancour se sent bien seule dans la région administrative 17, qui est dominée par les pôles de Drummondville et Victoriaville. Pendant ce temps, Trois-Rivières est incontestablement la capitale régionale du territoire 04 et c'est loin d'être l'amour fou avec Shawinigan.

Bref, on se dirige lentement, mais sûrement vers la création de la zone 417, cette intersection entre deux ensembles, la 4 et la 17, avec chacun leurs éléments complémentaires. Le seul problème, c'est que l'intersection a deux couleurs politiques: le gouvernement libéral de Jean-Denis Girard et l'opposition caquiste de Donald Martel.

Comme quoi ce ne sera jamais simple pour Trois-Rivières-Bécancour, quel que soit le nom qu'on lui donnera.

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