Lancement du Festival interglacial de la BD

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Des personnages issus de l'univers de Star Wars ont débarqué à Shawinigan dans le cadre du Festival interglacial de la BD et des univers givrés.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Si ce n'était de la bande dessinée, Michel Angers ne serait jamais devenu maire de Shawinigan. Qui plus est, sans la lecture des petites bulles encadrées dans des cases et agrémentées d'illustrations, Bryan Perro n'aurait peut-être jamais porté le paletot de l'écrivain prolifique qui le couvre aujourd'hui. C'est du moins la réflexion que les deux hommes ont soutenue lors du lancement officiel de la première édition du Festival interglacial de la BD et des univers givrés de Shawinigan.

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Le président d'honneur du Festival interglacial de la BD et des univers givrés, Serge Gaboury, est un bédéiste dont les dessins irrévérencieux et sanguinolents ne laissent personne indifférent. 

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Lorsqu'il était jeune, Tintin, Spirou et Bob Morane lui ont ouvert la porte de la lecture et, de surcroît, de la langue française. Ainsi, Michel Angers ne cache pas que ces premiers cicérones ont par la suite joué un rôle déterminant dans sa vie personnelle et professionnelle. «Lorsque j'étais jeune, à force de lire, j'ai développé ma curiosité, et cette curiosité m'a probablement amené au poste que j'occupe aujourd'hui. On m'a initié très tôt à la lecture», confie M. Angers, ajoutant que, justement, l'un des objectifs de ce nouveau festival est de mettre les jeunes dans le train de la lecture. Le reste du voyage leur appartient.

«Le but premier, c'est d'aller dans les écoles pour inciter les jeunes à la lecture par le biais de la bande dessinée», ajoute-t-il. Concrètement, une cinquantaine d'ateliers donnés par des bédéistes seront offerts dans les écoles primaires et secondaires de la ville jusqu'au 13 février. «Si cela a fonctionné pour moi, cela peut fonctionner pour d'autres jeunes et, qui sait, peut-être trouverons-nous le prochain maire de Shawinigan!»

«Nos auteurs vont rencontrer plus de 2000 jeunes», renchérit le directeur artistique de l'événement, Bryan Perro. «Quand les jeunes lisent de la BD, ils font entrer le livre dans leur vie. Et si la BD rentre et qu'ils lisent seulement de la BD toute leur vie, c'est correct aussi, car ils lisent. Il faut trouver toutes sortes de façons de rentrer la lecture rapidement dans la vie d'un enfant, parce que pour le ministère de l'Éducation, la lecture est la voie royale pour éviter le décrochage.»

L'ombre de Charlie Hebdo

Comme il n'y a qu'un pas à franchir entre la bande dessinée et la caricature, il n'est pas étonnant que l'ombre de Charlie Hebdo se soit invitée au lancement officiel du Festival interglacial de la BD. D'autant plus que l'univers de prédilection de son président d'honneur, le bédéiste québécois Serge Gaboury, s'accointe de l'univers satirique du journal français. «Ce gars-là aurait pu faire partie de Charlie Hebdo», estime M. Perro.

Ce à quoi le principal intéressé répond par l'affirmative. «Si j'avais déménagé en Europe, je me serais probablement retrouvé dans le groupe de Charlie Hebdo», confirme M. Gaboury. «Lorsque je suis allé en France dans les années 80, la seule personne qui avait démontré de l'intérêt pour publier mes dessins, c'était un membre de cette famille-là. C'est mon genre de dessin, ce qu'on appelle le dessin de presse.»

De l'avis de M. Gaboury, les bédéistes de sa trempe, dont le style louvoie sur la ligne de la liberté d'expression, doivent s'attendre à ce que leurs dessins provoquent la controverse. Certes, insiste-t-il, il n'a jamais essuyé de menace de mort et ne craint pas pour sa vie, mais en bout de piste, les notes irrévérencieuses et sanguinolentes qui parsèment son travail n'auront pas toujours été sans conséquence.

Programmation

Jusqu'au 15 février, un florilège d'activités se dérouleront sur la place du Marché à Shawinigan, mais également dans les bibliothèques municipales et au centre Léo-Ayotte (exposition Mafalda jusqu'au 22 février). Entre autres hors-d'oeuvres: rencontres et signatures avec une kyrielle de super-héros et autant de causeries avec des bédéistes de renom, kiosques extérieurs et parcours autour d'un cordon givré afin de découvrir l'univers de la bande dessinée d'une tout autre manière.

Notons que la Ville de Shawinigan a déboursé 25 000 $ pour la mise sur pied de ce nouveau festival, en collaboration avec Perro libraire et Culture Mauricie. La programmation complète est disponible sur le site Internet de Culture Shawinigan au www.cultureshawinigan.ca

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