Tambours et messe de solidarité pour la famille Okenge

Dans son prêche, l'abbé Simon-Pierre Lyananio a rappelé... (Photo: Émilie O'Connor)

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Dans son prêche, l'abbé Simon-Pierre Lyananio a rappelé que dans la culture africaine, tout comme dans la tradition chrétienne, la mort n'est pas une fin en soi, mais une métamorphose de la vie.

Photo: Émilie O'Connor

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, samedi matin, à la cathédrale de Trois-Rivières, pour transmettre la voix de leurs prières aux trois membres de la famille de Jean-Claude Okenge décédés le 30 janvier dernier dans l'incendie de leur appartement de la rue des Écoles à Drummondville.

Si les coeurs étaient au recueillement, la musique et le prêche teinté d'espérance de l'abbé Simon-Pierre Lyananio ont rappelé que dans la culture africaine, non moins dans la tradition chrétienne, «la mort n'est pas une fin en soit, mais une transformation, une métamorphose de la vie».

Quelques enfants dansaient au rythme des percussions dans la nef de la cathédrale, évoquant par la fraîcheur et l'innocence de leurs mouvements le chemin de la vie qui poursuit son cours malgré la tragédie. «D'où je viens en Afrique, lors d'un décès, on joue du tambour et on danse. On dompte la mort par la danse et la joie s'en suit. Ça ne veut pas dire qu'on ne souffre pas, mais ça veut dire qu'on vit au delà du drame», souligne l'abbé Lyananio, lui-même d'origine congolaise.

Au Congo, la musique tire avantage de la mort en la dominant, mais qui plus est, elle permet aux différents villages de se solidariser les uns envers les autres lorsqu'une catastrophe frappe à leur porte.

«Les tambours annoncent que l'équilibre a été rompu dans un des villages. Ainsi, dans tous les villages aux alentours, les gens savent que dans tel village il y a des gens qui sont morts. Donc, d'une manière ou d'une autre, les villages se mettent en réseau, ils communiquent entre eux.»

C'est un peu cette solidarité que le diocèse de Trois-Rivières tenait à reproduire en posant ce geste de compassion envers M. Okenge et la petite Mione, âgée d'à peine une semaine et qui lutte toujours pour sa vie. «Nous sommes une famille», mentionne l'abbé Lyananio en songeant à la communauté congolaise et chrétienne de la Mauricie et du Centre-du-Québec. «C'est en se sentant soutenu par d'autres qu'on peut se relever et aller de l'avant.»

Un quête spéciale a été effectuée durant la célébration eucharistique. Un peu plus de 700$ ont été amassés. La totalité de la somme a été remise en mains propres à M. Okenge par une délégation trifluvienne qui s'est déplacée jusqu'à Drummondville.

Association congolaise à Trois-Rivières

Présents à la cérémonie, Constant Mundele et Nkeyi Bompaka ont annoncé discrètement que la communauté congolaise de Trois-Rivières, qui compte un peu plus de 70 familles, allait bientôt se pourvoir d'une association structurée afin d'épauler les nouveaux arrivants dans leur imprégnation culturelle et sociale. Dès lors à l'étape de la rédaction des règlements généraux, M. Mundele espère sabrer le champagne d'ici quelques semaines.

«En dehors des mesures d'intégration offertes par le gouvernement, notre objectif est d'aider les nouveaux arrivants à s'intégrer. Un comité tente actuellement de restructurer l'association existante pour lui donner une autre forme. Au delà des ressources disponibles, nous souhaitons intégrer les nouveaux arrivants dans le milieu socioculturel de la Mauricie.»

Entre autres, l'association congolaise s'assurera que les services gouvernementaux actuellement disponibles répondent aux besoins de la communauté. Par exemple, souligne M. Bompaka, ce n'est pas tout de dénicher un appartement, encore faut-il que ce dernier soit salubre et qu'il réponde aux besoins des familles. «Les nouveaux arrivants peuvent avoir des problèmes, juste dans la manipulation des thermostats électroniques, par exemple. Nous souhaitons donc les renseigner pour éviter les accidents.»

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