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Les cloches de l'église Saint-Philippe ont été récupérées par un collectionneur de Rivière-du-Loup

Les cloches de l'église Saint-Philippe, qu'on aperçoit ici... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Les cloches de l'église Saint-Philippe, qu'on aperçoit ici dans le clocher, sont présentement à Rivière-du-Loup, chez un collectionneur.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les cloches de l'église Saint-Philippe sont en sécurité chez un collectionneur de Rivière-du-Loup, en attendant de savoir à qui elles appartiennent vraiment. Une chose est certaine, elles ne seront pas fondues pour en récupérer le métal.

Les travaux à l'extérieur pour la démolition de... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Les travaux à l'extérieur pour la démolition de l'église Saint-Philippe ne débuteront pas avant la semaine prochaine. 

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Si tout se passe comme le souhaite Pierre-Luc Bastille, des Carillons touristiques, à Rivière-du-Loup, ces cloches pourraient même reprendre la direction de la France, plus précisément d'Annecy, où se trouve la fonderie de cloches Paccard, en affaires depuis 1796, et qui a créé les cloches trifluviennes. Cette fonderie serait en effet très intéressée à les récupérer pour sa propre collection. Les propriétaires l'ont fait savoir à leurs amis du Québec avec qui ils sont en relation.

Comme l'explique M. Bastille, dont la famille oeuvre dans le secteur du recyclage des métaux, ces cloches sont pour ainsi dire «en transit» chez lui, car elles font l'objet d'un contentieux.

«Ce n'est pas terminé. Mais je confirme qu'elles sont chez nous et qu'elles sont sauvées. Nous avons fait affaire avec le démolisseur qui les a achetées de la Ville de Trois-Rivières. Je crois que M. (Denis) Despins avait vendu ces cloches à quelqu'un d'autre qui n'a jamais pu les démancher parce que le coût était trop élevé. L'acheteur avait remis les cloches puis il s'est manifesté pour les ravoir de la Ville. Mais elle aurait refusé en disant qu'il n'avait plus de droits sur ces cloches. Là, on est en attente.»

Du côté de la Ville, Yvan Toutant, porte-parole de la Ville, précise que la compagnie de Longueuil, Léo Goudreau et fils, spécialisée dans la réparation de cloches et de paratonnerres, soutient avoir acheté les cloches du diocèse. «Nous, après un appel d'offres, nous avons donné le contrat de démolition de l'église à CFG construction. Selon les règles de l'art, ce contrat précise que l'entrepreneur peut disposer des matériaux de démolition. Et ils ont vendu ça (les cloches) à un monsieur de Rivière-du-Loup. Là, il est pris avec ça, car la compagnie de Longueuil soutient que les cloches lui appartiennent. Il y a un petit imbroglio. Je sais que des procureurs se parlent dans ce dossier. On en est là.»

M. Bastille précise par ailleurs qu'il possède lui-même une collection d'environ 500 cloches, collection débutée en 1955 par sa famille. On en a même fait une attraction sur la rue Témiscouata de Rivière-du-Loup, sous le nom Les carillons touristiques. Parmi ces dernières, de 200 à 250 ont ce qu'il appelle «une haute valeur» et une histoire documentée.

«Pour nous, les cloches de l'église Saint-Philippe entrent dans cette catégorie. Nous avons aussi d'autres cloches qui proviennent de Trois-Rivières, de Drummondville, de Salaberry-de-Valleyfield. Nous avons même une réplique de la Liberty Belt, la seule hors États-Unis et qui vient du moule original. C'est celle qui était destinée à Porto Rico.»

M. Bastille précise que les cloches en sa possession sont en étain, en cuivre ou autres métaux et que souvent leur valeur est supérieure à ce qu'on pourrait en tirer pour la ferraille. Le poids des cloches varie de 75 livres à plus de 2,5 tonnes. «Une de nos plus vieilles cloches (1732) avait été vendue pour la ferraille et si ça n'avait été de mon grand-père, elle s'existerait plus. Les Jésuites voulaient la ravoir, au même prix de l'époque. On a dit non.» On trouve également parmi Les Carillons touristiques une cloche coulée en 1760, provenant d'une plantation de l'État de Pennsylvanie et qui sonnait l'appel des esclaves au travail dans les champs.

Depuis peu toutefois, l'attraction Les carillons touristiques est fermée au public. M. Bastille cherche depuis une autre vocation pour la collection, qu'il qualifie de «sans pareille en Amérique du Nord», et fait des démarches auprès du ministère des Affaires culturelles pour lui donner une seconde vie.

Par ailleurs, il s'est montré très intéressé par l'histoire du vol récent de la cloche historique de Batiscan - dont on est toujours sans nouvelles - et a pris bonne note de ses particularités au cas où les voleurs auraient l'idée de la lui proposer.

Enfin, dans le dossier de la démolition de l'église Saint-Philippe, Yvan Toutant, confirme que les travaux pour retirer l'amiante de l'immeuble vont bon train et qu'il y en a encore pour une bonne partie de la semaine. On ne doit donc pas s'attendre à des travaux de démolition avant le milieu de la semaine prochaine, au plus tôt.

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