Au moins sept ressources en toxicomanie menacées en Mauricie

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Alexandre Ratté, le directeur général du Pavillon L'Assuétude de Shawinigan.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Au moins sept des 11 ressources en toxicomanie membres de l'Association québécoise des centres d'intervention en dépendances sont présentement menacées de fermeture en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Le Pavillon L'Assuétude de Shawinigan en fait partie. Il risque de perdre 80 % de sa clientèle, c'est-à-dire toutes les personnes qui s'y présentent pour une cure de désintoxication et qui reçoivent de l'aide sociale. Si les nouvelles coupes que veut imposer le gouvernement Couillard à l'aide sociale sont adoptées prochainement, «c'est terminé» pour l'organisme, assure Alexandre Ratté, le directeur général.

Les bénéficiaires de l'aide sociale reçoivent une allocation de 130 $ par mois dite de contrainte temporaire à l'emploi puisqu'ils ne sont pas aptes au travail durant la cure lorsque celle-ci est prescrite par un médecin.

«Cette prestation-là n'existera plus si le projet de règlement est adopté», explique M. Ratté.

Les prestataires de l'aide sociale ont droit à une prestation de 616 $ qu'ils aient ou non un domicile. «Cette prestation-là, un coup le règlement adopté, sera de 200 $», dit-il. Cependant, à partir du moment où ils peuvent prouver qu'ils avaient un logement avant d'arriver en traitement, le ministère va leur octroyer 416 $ de prestations pour maintenir leur logement.»

Les bénéficiaires de l'aide sociale qui se présentent au Pavillon L'Assuétude bénéficient d'un montant de 49 $ par jour pour le gîte et le couvert.

«Le traitement comme tel n'est pas payé et l'on est dans l'obligation de le charger au client. Les gens qui viennent en traitement chez nous doivent payer 7,60 $ par jour. De plus, ils doivent défrayer 150 $ d'inscription qui sert à payer la partie administrative de leur traitement. Si les gens qui viennent ici n'ont droit qu'à 200 $, vous comprendrez qu'ils ne sont pas en mesure de nous payer», fait valoir Alexandre Ratté.

«Donc l'accès à des services comme le nôtre va leur être, selon moi, impossible», dit-il.

Si 80 % de la clientèle ne peut plus se présenter à l'Assuétude, «on parle de pertes de revenus de quelque 150 000 $ ou 8,5 % de nos revenus totaux», dit-il.

La partie gîte et couvert n'est toutefois pas calculée dans le 8,5 %, dit-il. «Le ministère va continuer à payer cette partie-là, mais si les gens ne sont plus là, l'argent n'existera plus», plaide-t-il.

«On est très inquiet», confie M. Ratté dont l'organisme n'a aucune manoeuvre pour compenser les pertes anticipées.

«Le budget d'opérations est autour de 1,8 million $. La grande majorité de ça, c'est les salaires et ça, c'est régi par des normes» du gouvernement. Donc impossible de couper dans les postes cliniques minimums pour économiser, dit-il. Impossible d'économiser non plus au niveau de la nourriture, d'autant plus que l'organisme est déjà obligé d'avoir recours à Moisson Mauricie et Centre-du-Québec pour arriver. Reste l'électricité et le chauffage, des postes budgétaires où il est difficile d'avoir du contrôle, fait valoir M. Ratté. L'organisme a aussi des hypothèques à assumer, dit-il.

L'organisme traite plus de 300 personnes par année et en refuse autant, tient à signaler M. Ratté. «Le réseau public, qui est déjà congestionné, devra les récupérer», prévient-il en se demandant d'où viendront alors les économies que croit faire le gouvernement.

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