Démission de Thierry Vandal: «Je ne verserai pas une grosse larme»

L'ex-pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal....

Agrandir

L'ex-pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) «Je ne verserai pas une grosse larme.» Voilà la réaction à chaud du député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, en apprenant le départ de Thierry Vandal à la tête d'Hydro-Québec.

Encore tout récemment, il réclamait une rencontre avec le président de la société d'État pour qu'il justifie le refus d'Hydro-Québec de créer un centre d'expertise régional. «Je lui demande d'avoir le courage de venir nous rencontrer», lançait-il aux côtés du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, et de la directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Martine Pépin.

Avec l'annonce de la démission du président-directeur général d'Hydro-Québec, Donald Martel dit vouloir «relayer ma demande au prochain pdg».

Selon lui, la proposition du Syndicat professionnel des ingénieurs d'Hydro-Québec faisait consensus chez les parlementaires. «Avec le projet de réfection, des ingénieurs ont décidé de venir travailler dans la région et 80 d'entre eux, au talent exceptionnel, sont toujours en poste à Bécancour. Il n'est pas trop tard pour renverser cette décision. Les gens sont toujours en place et le site de la centrale dispose de suffisamment d'espaces à bureaux pour accommoder tout le monde», a-t-il déjà soutenu.

À son avis, la présence d'un tel centre d'expertise pourrait donner à l'économie régionale le coup de pouce dont elle a besoin à l'heure actuelle puisqu'il s'agit du maintien de salaires élevés qui ont un impact considérable sur le marché immobilier, le commerce de détail, la restauration et les services.

«Les gens de Gentilly et de la région ont été des partenaires extraordinaires dans l'aventure de la centrale et Hydro a toujours pu compter sur eux. Jusqu'en 2012, on leur faisait miroiter une prolongation pour 25 ans pour ensuite leur annoncer une fermeture brutale. La société d'État a une dette envers eux», avait-il fait valoir en conférence de presse.

Reprochant à la société d'État d'avoir jeté près de deux milliards de dollars dans le fleuve, M. Martel veut rappeler qu'il y a eu un prix à payer par rapport au nucléaire. Et il soupçonne la haute direction d'en faire un cas de principe du genre «jamais ils n'auront un centre d'expertise», et ce, sans aucune justification. «Des travaux de génie, ça peut se faire à distance. Et les roulottes, ce n'est pas une décision des ingénieurs. On s'est précipité à rendre inutilisable le bâtiment actuel», avait-il déploré.

Encore vendredi, le représentant caquiste questionnait toute la gestion du dossier de Gentilly-2, incluant «les 80 ingénieurs en attente, sans parler des roulottes et de la vente des équipements».

«Thierry Vandal n'est pas tout seul, mais il faut qu'il y ait quelqu'un d'imputable dans tout ça. Je souhaite qu'on insuffle un vent nouveau car je n'avais plus confiance à la transparence d'Hydro-Québec», a-t-il confié.

Celui-ci est toujours aussi fier d'avoir obtenu un vote unanime de l'Assemblée nationale pour que le vérificateur général mette son nez dans le dossier de la centrale nucléaire.

«Une fermeture jamais digérée»

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a joué la carte du politiquement correct en ne voulant pas commenter directement le départ de Thierry Vandal et en se retenant manifestement pour ne pas livrer le fond de sa pensée.

Pourtant, en janvier 2013, il avait réclamé ouvertement sa démission pour sa gestion du dossier de Gentilly-2 avant de nuancer ses propos par la suite. D'ailleurs, une semaine plus tard en commission parlementaire, il s'était bien gardé de réclamer le départ du grand patron d'Hydro-Québec tout en répétant, toutefois, que «des têtes rouleraient dans l'entreprise privée».

«Je n'ai jamais digéré la fermeture de la centrale dû au changement de cap à 180 degrés après avoir englouti une couple de milliards de fonds publics dans une décision qui était supposée être intelligente et pensée. Ce qui me choque, c'est que j'étais allé au bâton devant le BAPE pour dire que la réfection était importante, il y avait une salle pleine de caisses d'études économiques pour dire que c'était une bonne affaire et qu'on avait besoin de faire la réfection. On a ensuite justifié sa fermeture avec un document de 12 pages», a-t-il déploré, hier, en entrevue.

Le premier magistrat dit espérer que le prochain grand patron d'Hydro-Québec aura une attention particulière sur les conséquences de la fermeture de Gentilly-2 en y allant de projets à Bécancour, dont «un bureau d'expertise d'ingénieurs».

«Il faut que Bécancour soit plus compensé pour cette décision-là, qui a fait perdre 800 emplois bien rémunérés. Ça va nous prendre plusieurs années pour les remplacer», a-t-il conclu.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer