Le suicide en Mauricie: une réalité toujours bien présente

Le directeur général du Centre prévention suicide les... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Le directeur général du Centre prévention suicide les Deux Rives, Luc Massicotte.

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(Trois-Rvières) Le suicide demeure un fléau au Québec. En 2012, pas moins de 1102 personnes se sont enlevé la vie dans la province et la Mauricie et le Centre-du-Québec continuent d'être parmi les régions où le taux de suicide est le plus élevé.

Les plus récentes données publiées par l'Institut national de santé publique du Québec, dévoilées à quelques jours du début de la 25e Semaine nationale de prévention du suicide, qui se tiendra du 1er au 7 février sous le thème «T'es important pour nous, le suicide ce n'est pas une option», indiquent que la région «sociosanitaire» de la Mauricie et du Centre-du-Québec a enregistré 88 décès par suicide en 2012, ce qui représente un taux de 18 décès par tranche de 100 000 habitants.

Seules les régions de l'Abitibi-Témiscamingue, 22,9 décès par 100 000 habitants, et Chaudière-Appalaches, 18,4 décès par tranche de 100 000 habitants, ont des taux de suicide supérieurs à notre région.

Ces trois régions affichent d'ailleurs des taux «significativement supérieurs au reste du Québec», peut-on lire dans le rapport de l'institut. À titre de comparaison, la moyenne québécoise pour cette même année se situe à 13,3 décès par 100 000 habitants. Selon les données de 2010 à 2012, la région occupe toutefois le deuxième rang des régions où il y a le plus haut taux de suicide.

Les causes du suicide sont multiples. Il est très difficile, selon le directeur général du Centre prévention suicide les Deux Rives à Trois-Rivières, d'identifier des facteurs qui poussent les personnes à s'enlever la vie. Luc Massicotte indique toutefois que plus les suicides sont nombreux dans une région, plus les risques que d'autres suicides surviennent sont élevés.

«Lorsque vous êtes dans un environnement où il y a eu des suicides, vous êtes plus à risque d'avoir des pensées suicidaires», note Luc Massicotte. «L'individu en détresse cherche des réponses à sa détresse. L'exemple des autres, que ce soit des exemples de résilience ou de suicide, deviennent des clés pour résoudre son problème.»

Les hommes québécois demeurent surreprésentés. Pas moins de 78 % des suicides sont commis par des hommes et le taux de suicide masculin est 3,5 fois plus élevé que chez les femmes. En 2012,856 hommes et 246 femmes se sont enlevé la vie dans la province. Si le taux de suicide chez les hommes a atteint un sommet au Québec en 1999 avec 35,8 suicides par tranche de 100 000 habitants, il se situait à 20,7 en 2012.

«Les hommes sont généralement moins portés à utiliser les services», souligne M. Massicotte. «Mais nos interventions sont de plus en plus modelées pour répondre aux façons dont les hommes vont demander de l'aide. Les hommes utilisent aussi des moyens plus létaux pour s'enlever la vie, des moyens qui ne pardonnent pas.»

Bien que les suicides sont moins fréquents chez les femmes, la région se démarque par un taux significativement plus élevé des suicides féminins qu'ailleurs au Québec, note le Centre prévention suicide les Deux Rives.

Les ressources pour venir en aide aux personnes aux prises avec des pensées suicidaires sont multiples dans la région, comme partout au Québec. En tout temps, des professionnels qualifiés sont accessibles au 1-866-APPELLE (1-866-277-3553). Les différents organismes qui oeuvrent auprès des personnes en détresse travailleront d'arrache-pied pour que tous comprennent que «le suicide n'est pas une option».

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