Charlie Hebdo à Trois-Rivières: accueil fraternel, témoignages émouvants

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La journaliste du Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui est venue s'adresser au public trifluvien mardi soir pour rappeler la nature du combat de ses collègues et la volonté des survivants de le poursuivre avec acharnement.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est avec sobriété et émotion que Trois-Rivières a accueilli mardi soir Zineb El Rhazoui, journaliste de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo venue en compagnie du président du Comité Laïcité République Patrick Kessel guidés par l'écrivaine trifluvienne Djemila Benhabib. La chaleureuse rencontre a eu lieu dans un café bar Zénob bondé et complètement solidaire du combat que ces gens mènent non seulement en France mais partout où on est Charlie. Partout dans le monde.

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La rencontre de mardi soir au Zénob a réuni, de gauche à droite, la journaliste du Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui, l'écrivaine trifluvienne Djemila Benhabib ainsi que Patrick Kessel, président de l'organisme Laïcité République.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Il s'agissait d'un second événement trifluvien pour rendre hommage aux victimes de l'attentat du Charlie Hebdo après le rassemblement du 16 janvier dernier dans le parc Champlain organisé par la Fédération professionnelles des journalistes du Québec, section Mauricie. Le même organisme parrainait la rencontre d'hier en association avec la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, l'Association Québec-France Mauricie et Coeur du Québec de même la Société des Écrivains de la Mauricie.

Tour à tour au micro, des représentants de chacun de ces organismes ont rappelé la nécessité de poursuivre le combat collectif en faveur de la laïcité et de la liberté d'expression mais aucune allocution n'a eu l'impact de celles prononcées par les trois invités d'honneur.

Djemila Benhabib, déjà émue par l'interprétation troublante de la chanson Voir un ami pleurer de la part de Fabiola Toupin tout juste avant son intervention, a commencé par remercier le public de sa présence «... dans cet espace de liberté, de tendresse, de fraternité et de beauté. Lorsque la barbarie nous frappe, on a besoin de sentir que la beauté existe et que l'humain peut aussi être capable du beau, du vrai, du courage et pas seulement de lâcheté et de bêtise.»

Elle a raconté sa journée du 7 janvier vécue au domicile de ses parents à Paris. Comment elle a appris l'horreur, comment elle l'a vécue et comment elle a senti la nécessité de témoigner à travers de multiples entrevues malgré son chagrin.

«J'ai tenu à donner toutes les entrevues au Québec pour que les gens d'ici sachent ce qu'est Charlie Hebdo, pourquoi j'aime son équipe et pourquoi j'ai tenu à ce qu'ils soient ici avec nous. On doit leur montrer qu'on est solidaires d'eux, qu'on les aime.»

Patrick Kessel a suivi pour témoigner du fait que les idées ne sont pas mortes. «Nos amis, nos frères de combat ne sont pas morts pour rien, a-t-il lancé d'emblée. Nous continuerons, en leur nom, le chantier jusqu'au bout. Votre accueil, l'intérêt de la presse à notre égard, témoignent de votre solidarité. C'est important parce qu'il ne s'agit pas d'un combat parmi d'autres ni d'un combat français; cela nous concerne tous. Une guerre mondiale culturelle est en oeuvre entre ceux qui sont les héritiers de l'humanisme et ceux qui pensent que les femmes et les hommes ne seront jamais libres. C'est l'universalité des valeurs républicaines qui est ici en jeu. Aujourd'hui, plus que jamais, continuons le combat!»

Zineb El Rhazoui a été la dernière à prendre la parole. Après avoir remercié du fond du coeur le public pour la chaleur de son accueil, elle a senti le besoin de parler de ses amis.

«J'ai beaucoup parlé de laïcité depuis que je suis ici mais ce soir, je veux simplement rendre hommage à mes collègues qui sont morts de même qu'à ceux qui ont été blessés. Des gens très simples, très dignes qui savaient qu'ils allaient mourir. C'est bien ça le grand drame de Charlie Hebdo: nous l'avons vu venir. Il n'y a pas un jour où nous n'avions pas des menaces de mort. Nous avons été jetés en pâture y compris par la classe politique française. Et plein de gens ont trouvé ça normal.»

«Nous sommes en convalescence, nous essayons de reprendre nos forces, a-t-elle poursuivi. On a fait le plus récent numéro dans la douleur et les larmes. Il était essentiel de dire aux terroristes qu'on ne leur laissera jamais, jamais fixer les règles du jeu avec les armes. Aucun de nous ne ressent aujourd'hui du soulagement d'avoir survécu à cette tuerie. Simplement, nous sommes tous déterminés à continuer à honorer ceux qui sont morts et à faire le journal pour lequel; ils ont donné leur vie.»

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