La Coalition des victimes de la pyrrhotite en colère

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La RBQ refuse l'accès à une étude très attendue.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite ne cachait pas sa colère, jeudi. La Régie du bâtiment du Québec refuse en effet l'accès à une étude universitaire très attendue sur les causes de la détérioration du béton par la pyrrhotite. Or, cette étude, publiée en novembre dernier, a été remise par une source inconnue à l'industrie du béton et figure sur le site Web de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec sur laquelle siège notamment SNC-Lavalin.

Rappelons que la cause qui oppose les victimes de la pyrrhotite aux bétonnières, à la carrière B & B et à SNC-Lavalin est présentement en appel.

Le Nouvelliste avait placé une demande d'accès à l'information à la Régie du bâtiment pour obtenir ce document. Le 19 janvier dernier, la RBQ a refusé notre demande.

Son motif principal est qu'un «organisme public peut refuser de communiquer une analyse lorsque sa divulgation risquerait vraisemblablement d'avoir un effet sur une procédure judiciaire».

À la Régie du bâtiment, la porte-parole Marjolaine Veillette a reconnu, jeudi, que la RBQ avait fait une erreur en ne fournissant pas le document. «On s'est fourvoyé. On s'en excuse», dit-elle.

Quand Le Nouvelliste a fait sa demande auprès du responsable de la Loi d'accès à l'information, dit-elle, ce dernier «est parti sur une base qu'il y avait un procès à Trois-Rivières et n'a pas vu plus que ça», explique Mme Veillette. «Mais la base était erronée», reconnaît-elle. «La réponse qui vous a été transmise était inadéquate», dit-elle. «On aurait dû vous l'envoyer.»

Mme Veillette estime que la RBQ auraient dû aviser sa direction des communications et voir avec elle l'intérêt de publier le document pour tous les intervenants en même temps.

Aux yeux de la Coalition, c'est malgré tout l'événement qui fait déborder le vase. Elle déposera prochainement une plainte au Vérificateur général et au Protecteur du citoyen. «Il y a eu trop d'erreurs à la Régie du bâtiment», estime la Coalition.

Le responsable des communications de la Coalition, Jacques Blais, indique que cinq points principaux seront soulevés dans la plainte par rapport à des actions qui ont été posées par la RBQ depuis de le début de la crise de la pyrrhotite.

Il s'agit de laxisme dans le contrôle de la gestion des plans de garantie, d'une trop grande proximité avec les associations d'entrepreneurs, d'un manque de respect de ses engagements face aux consommateurs, d'une attitude pro administrateurs au lieu d'être pro consommateurs et d'injustice et de manque de transparence. Une copie de la plainte sera remise au ministre Sam Hamad.

Au cabinet du ministre, on n'a pas voulu commenter, hier. Le responsable des communications, Salim Idrissi, indique que le milieu politique ne doit pas se mêler d'une démarche d'accès à l'information par respect pour la démocratie.

Marjolaine Veillette indique qu'il est prématuré, de toute façon, de penser que ce document pourrait «faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Chez nous, il est en analyse».

La RBQ veut déterminer si le rapport contient quelque chose qui pourrait faire évoluer la norme CSA sur le pourcentage de pyrrhotite dans le béton.

Le procureur des victimes, M. Pierre Soucy, a indiqué jeudi que ses experts ont obtenu eux aussi l'étude en question.

Donc, «ça ne me dérangeait pas trop parce que mes clients en bénéficiaient. De toute façon, à court terme, ça ne change rien», dit-il.

Les parties qui ont demandé appel «ne remettent pas en cause la problématique», dit-il. Elles «vont surtout tenter de changer les pourcentages de responsabilité et y aller sur des questions de droit», dit-il.

Me Soucy, estime que l'étude va peut-être permettre de déterminer un seuil à partir duquel la pyrrhotite réagit. «Ce qui est troublant - et là on doit se poser des questions - c'est comment se fait-il que la RBQ permette que cette information-là soit diffusée sur des sites Internet de partenaires qui ont participé au programme de recherche et qu'elle ne permette pas la diffusion à ceux qui font la demande d'accès et en se cachant avec de faux prétextes», dit-il.

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