Il y a 25 ans sifflait le dernier train de passagers à Trois-Rivières

Conducteur de train, André Verner effectuait le trajet... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Conducteur de train, André Verner effectuait le trajet entre Montréal et Québec via Trois-Rivières au moment de l'abandon du service le 15 janvier 1990.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) André Verner se souvient d'une époque où trois trains de passagers s'arrêtaient à la gare de Trois-Rivières chaque jour en provenance de Montréal vers Québec et dans le trajet inverse. Celui qui a travaillé pendant 38 ans comme «cheminot» parle carrément d'un deuil quand il évoque l'abandon du transport de passagers via Trois-Rivières, il y a 25 ans. Le conducteur se remémore avec émotion le jour du 15 janvier 1990, alors que les derniers trains de passagers ont fait escale à Trois-Rivières.

«J'avais déjà connu un deuil de cheminot en 1980, quand le trajet du P'tit train du Nord a été abandonné», raconte le représentant d'une quatrième génération de Verner ayant oeuvré dans le domaine ferroviaire (une cinquième génération est incarnée par son fils). André Verner avait travaillé avec son propre père sur la ligne du P'tit train du Nord, qui sillonnait les Laurentides.

Le retraité avait commencé sa carrière comme télégraphiste à la gare de Portneuf. Après avoir travaillé aux tours de contrôle à Montréal, il a successivement assuré les fonctions d'agent de train, chef de train, ingénieur de locomotive (aussi appelé mécanicien de locomotive) et cadre, avant de revenir dans l'action comme conducteur. «On dit mécanicien de train, mais on ne réparait rien! On conduisait les locomotives», explique-t-il au profit des plus jeunes générations moins familières avec le vocabulaire ferroviaire.

«Je me souviens de l'époque où on faisait l'aller-retour trois fois par jour. On partait de la gare Centrale de Montréal et on allait à Québec en arrêtant à Trois-Rivières. Le matin, c'était le train 152, le midi le 154 et le soir, le 156», énumère avec acuité l'homme qui entretient une véritable passion pour l'univers des rails, comme en témoignent les nombreux agrandissements de photographies de gares et trains qui ornent les murs de sa maison, sans compter les quelque 5000 autres clichés qu'il a collectionnés au fil des années.

M. Verner se souvient d'une période, avant les années 1980, où les trains de passagers pouvaient regrouper sept ou huit wagons avec des voitures parloirs et de restauration. À la fin de sa carrière, il conduisait des autorails, un véhicule ferroviaire qui ressemble à peu un tramway moderne, ou encore à un wagon de métro.

Au cours de sa carrière, le conducteur fut aussi aux commandes de trains de marchandises. Mais il n'hésite pas à exprimer sa préférence pour les trains de passagers. Le costume formel du conducteur du train et le côté solennel de l'entrée en gare conféraient une sorte de prestige à la fonction.

M. Verner déplore encore, 25 ans plus tard, l'abandon du service de trains passagers à Trois-Rivières. «C'est une région tellement centrale dans la province, entre Québec et Montréal. Si c'est bon sur la rive sud, pourquoi ce n'est pas bon sur la rive nord?», demande-t-il.

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