COMSEP durement touché par l'austérité

Sylvie Tardif, coordonnatrice de COMSEP, explique que les... (Photo: Ariane Samson, Le Nouvelliste)

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Sylvie Tardif, coordonnatrice de COMSEP, explique que les coupes décrétées par le gouvernement dans différents programmes auront un impact important pour son organisme.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'année 2015 débute difficilement chez COMSEP qui voit ses ministères partenaires (Emploi Québec, Solidarité sociale, Santé Services sociaux, Éducation) couper dans les programmes dont quelques-uns qui concernent la lutte contre le pauvreté, mettant ainsi en péril la réinsertion au travail de plusieurs personnes. Même un fleuron comme le projet pilote Emploi Solidarité n'est pas épargné et survit maintenant de mois en mois, malgré son succès.

«C'est paradoxal ce que fait ce gouvernement», remarque Sylvie Tardif. La coordonnatrice de COMSEP ne comprend pas que d'un côté on s'apprête à resserrer les règles d'admissibilité à l'aide sociale pour les personnes «aptes» au travail et qu'on coupe de l'autre dans les programmes qui facilitent le retour à l'emploi de ces personnes «handicapées sociales».«Même sous le gouvernement Charest, on n'a jamais eu aussi peur de perdre nos subventions. Il faut remonter à Robert Bourassa pour retrouver une situation semblable», confie-t-elle.

La coordonnatrice de COMSEP estime qu'au total, l'organisme devra entamer la nouvelle année financière avec près de 100 000 $ de moins dans ses coffres. De 17 employés, COMSEP passera sans doute à 15 et peut-être moins. Par ailleurs, s'il avait su ce qui l'attendait en 2015, jamais COMSEP n'aurait contracté une hypothèque de 250 000 $ pour réparer son immeuble. Pourtant la Maison de solidarité a bien besoin qu'on rénove son toit et qu'on mette fin à des infiltrations d'eau . «Ce sont des réparations nécessaires oui, convient Mme Tardif, mais avoir su, on ne les aurait quand même pas faites. Pas cette année. Et malgré la subvention qu'on a eue.»

Des activités même non subventionnées seront sans doute coupées, des activités qu'on estime importantes comme des cours de francisation aux immigrants, l'école citoyenne, etc.

Et comme si ce n'était pas assez, la Maison de solidarité qui loue des locaux à plusieurs organismes communautaires voit ses derniers, également victimes de compressions, couper dans les espaces qu'ils occupent, se contentant du strict minimum. Autant de manque à gagner pour COMSEP.

Enfin, l'organisme perdra vraisemblablement deux de ses partenaires les plus précieux en cours d'année, soit l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec et la Conférence régionale des élus de la Mauricie avec qui il avait construit des ponts au fil des ans. «Et que va-t-il arriver avec l'économie sociale avec les coupes à IDE Trois-Rivières?», s'inquiète Mme Tardif.

Mais au-delà des difficultés financières que traverse son organisme, cette dernière se montre très préoccupée par ce qui s'en vient à l'aide sociale. «On est en train de nous couper des moyens qui nous permettaient de garder des gens en emploi comme le programme PAAS-Action, un programme d'aide et d'accompagnement social d'Emploi Québec. On ne peut plus prolonger le programme ni intégrer d'autres personnes depuis le début de l'année, malgré une liste d'attente de gens qui veulent s'alphabétiser, améliorer leurs compétence parentales etc. Car on fait aussi de l'intervention intergénérationnelle pour tenter de mettre fin à l'analphabétisme d'une génération à l'autre. On a des projets pour ça. Ce programme est souvent notre porte d'entrée pour faire cheminer les gens ensuite vers de la formation professionnelle et vers de l'emploi. Ce sont souvent des gens qui sont très, très loin de l'emploi. Alors remettre les gens en emploi, je veux bien, mais qu'on ne nous coupe pas nos moyens pour y arriver. »

Sylvie Tardif est aussi troublée de voir que le gouvernement songe à toucher aux formations professionnelles ainsi qu'aux formations préparatoires à l'emploi et aux groupes de ressources externes. Dure année en perspective.

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