Haïti: «J'ai cru que tout allait nous tomber sur la tête»

Danièle Ayotte et Gilles Rivard, ambassadeur du Canada...

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Danièle Ayotte et Gilles Rivard, ambassadeur du Canada à Haïti lors du tremblement de terre de 2010, ont reçu la médaille du service opérationnel Humanitas soulignant leur appui direct aux opérations canadiennes dans ce pays en ruine. À gauche, on reconnaît le sous-ministre du Développement international, Malcolm Brown et, à l'extrême droite, le sous-ministre des Affaires étrangères, Daniel Jean.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

Gilles Rivard était ambassadeur du Canada au moment du séisme qui a fait trembler HaïtiUne inquiétude d'autant plus sentie que sa femme, Danièle Ayotte, qui était à l'époque coordonnatrice régionale de la Stratégie pour les Amériques, occupait un bureau adjacent au sien.

Mme Ayotte a été blessée durant la catastrophe, un classeur ayant basculé sur son épaule. «Elle a réussi à éviter le pire, mais c'est là que tu te dis que ta vie peut basculer très facilement», souligne M. Rivard, philosophe.

À titre d'ambassadeur du Canada, M. Rivard a fait preuve d'un sang-froid remarquable, non seulement durant ces 38 interminables secondes, mais également durant les mois de chaos qui ont suivis. «D'abord tu sors dehors et, devant l'ampleur de la catastrophe, tu te dis: par quoi on commence?», se souvient-il. «Un énorme nuage de poussière s'était soulevé autour de l'ambassade, on entendait des gens crier partout. La première chose qui m'est venu à l'esprit c'est de communiquer avec Ottawa pour leur expliquer la situation. J'avais un téléphone satellitaire dans mon bureau, mais quand le ciel manque de te tomber sur la tête, tu ne commences pas à fouiller dans les tiroirs.»

Après l'organisation d'une première nuit passée dans le stationnement d'un ambassade en ruine, M. Rivard a élaboré en partenariat avec le gouvernement canadien un vaste plan d'évacuation baptisé Opération Hestia. Quarante-huit heures plus tard, les premiers militaires canadiens débarquaient à Haïti. En six semaines, 4650 Canadiens ont été évacués. «C'était notre priorité.» Cela sans compter la gestion des Haïtiens qui, pour des raisons évidentes, tentaient de fuir leur pays.

Quand on le questionne sur l'avenir d'Haïti, M. Rivard avoue qu'il y a encore beaucoup à faire pour que la petite île d'Hispaniola perde son statut de pays le plus pauvre d'Amérique.

«Le gouvernement et la structure économique ont été grandement affectés. Le pays est encore au prise avec une pauvreté extrême, la situation politique est toujours difficile. Ça c'est le côté du verre à moitié vide», soutient-il. Quant au verre à moitié plein, 94 % des personnes déplacées ont été relogées dans des habitations permanentes.

Pour souligner les services exemplaires offerts aux Canadiens momentanément prisonniers du désordre haïtien, M. Rivard et Mme Ayotte ont reçu en décembre dernier la médaille du service opérationnel Humanitas, une distinction de service général créée par la Défense nationale et les Forces canadiennes dans le but de rendre hommage aux personnes qui ont fourni un appui direct à des opérations outre-mer.

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