«Jamais je n'oublierai»

Le policier de la Sûreté du Québec Junior... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le policier de la Sûreté du Québec Junior Langlois était en mission en Haïti avec l'ONU lors du séisme il y a cinq ans.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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(Shawinigan) Le 12 janvier 2010 est une date qui restera marquée à jamais dans la mémoire de Junior Langlois. Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) était en mission en Haïti avec l'ONU, lorsque la terre s'est mise à trembler et que le pays s'est effondré.

«Le 12 janvier est depuis une journée difficile. J'ai vu et j'ai dû faire des choses très difficiles», avoue l'agent Junior Langlois de la SQ. «Jamais je n'oublierai ces événements.»

Quelques mois plus tôt, le 21 avril 2009, le policier du poste de Shawinigan s'est envolé pour Port-au-Prince pour une mission de neuf mois auprès de policiers haïtiens.

À quelques jours du départ, le 12 janvier 2010, le policier a connu l'horreur de sa chambre d'hôtel de Mirbalais, une ville située à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Contrairement à plusieurs bâtiments situés autour, l'hôtel où il se trouvait a tenu le coup. Le policier sait très bien que si le bâtiment s'était effondré, il serait décédé cette journée-là en Haïti et ferait partie des quelque 230 000 morts.

«Je venais de terminer ma dernière journée de travail officielle à Mirbalais et je m'apprêtais à prendre ma douche lorsque le tremblement de terre a commencé», se souvient-il.

«Mon hôtel a tenu le coup alors que plusieurs bâtiments alentour se sont effondrés. Je remercie Dieu tous les jours. Si l'hôtel tombait, je n'avais aucune chance», ajoute-t-il en confiant que depuis le 12 janvier 2010, il ne tient plus rien pour acquis.

Lors des jours qui ont suivi le tremblement de terre, le policier a fait tout ce qu'il pouvait pour venir en aide à la population. «J'ai été confronté à une réalité qui était très différente de celle d'une mission normale. C'était très difficile physiquement, je dormais seulement de 10 à 15 minutes par jour», se souvient-il. «Les infrastructures du pays étaient tombées et les hôpitaux étaient débordés.»

La détresse était partout, dans chaque quartier, à chaque coin de rue. Junior Langlois a transporté plusieurs blessés, mais aussi de trop nombreux morts. Une tâche inévitable après ce désastre qui fut si ravageur.

Le policier a aussi escorté des convois humanitaires et limité les évasions d'une prison lourdement endommagée par le séisme.

«Ç'a été assez difficile. Et les communications étaient tombées où j'étais. Je savais que c'était difficile pour ma famille aussi», précise le Shawiniganais. «J'ai découvert que j'avais plus de capacités que ce que je pouvais le penser à l'époque.»

L'espoir renaît, cinq ans après le séisme

Junior Langlois a conservé les liens tissés avec des amis haïtiens depuis son retour au pays. Ceux-ci lui disent que la situation revient à la normale, après des années très difficiles. «C'est un bon pas que les haïtiens ont fait. Ils se sont tellement retrouvés démunis après le tremblement de terre. Nous manquions d'essence, de nourriture, de tout», explique-t-il.

Le policier de Shawinigan a appris à connaître un peuple qu'il décrit comme «fier et extrêmement travaillant».

«Lorsqu'on prend le temps de s'intéresser à ce qu'ils sont et comment ils fonctionnent, on découvre que les Haïtiens sont ouverts d'esprits et incroyables. Lors des premiers mois de la mission, j'ai appris le créole. Et ç'a permis de faire la différence. Où j'étais, les policiers travaillaient pendant une semaine, avant d'avoir une semaine de congé. Lorsque le séisme est arrivé, ils auraient pu retourner auprès de leur famille, mais ils sont restés en place et on fait ce qu'il fallait avec ce qu'ils avaient. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux.»

Après une vingtaine d'années au service de la sûreté municipale de Shawinigan puis de la SQ, Junior Langlois entreprend de nouveaux défis cette semaine. Il agira à titre d'instructeur à l'École nationale de police à Nicolet. «Je commence un très beau défi. Ça sera un changement qui va faire du bien», avoue-t-il. «On va former les aspirants policiers du mieux possible.»

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