Denise Proteau-Cossette a perdu son frère dans le séisme en Haïti

Richard Proteau, un ingénieur natif de Sainte-Anne-de-la-Pérade, a...

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Richard Proteau, un ingénieur natif de Sainte-Anne-de-la-Pérade, a perdu la vie il y a 5 ans dans le séisme en Haïti.

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(Trois-Rivières) Le temps a beau avoir passé, la douleur reste vive à la mémoire de Denise Proteau-Cossette lorsqu'on évoque le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a secoué Haïti et fait des milliers de victimes. Parmi elles se trouvait son frère, Richard Proteau, un ingénieur originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade qui en était à son tout dernier voyage pour le travail avant de prendre une retraite bien méritée.

L'homme avait été appelé par la firme pour laquelle il travaillait afin de se rendre une dernière fois en Haïti. «Il ne voulait plus partir, mais avait accepté cette dernière fois, car ses patrons voulaient quelqu'un de confiance. Il avait demandé toutes sortes de conditions et ils avaient tout accepté. C'est pour dire qu'ils voulaient vraiment que ce soit lui qui se rende là-bas», se rappelle sa soeur.

M. Proteau devait se trouver à Jérémie, à plus de 200 kilomètres de Port-au-Prince, pour ce travail. Or, le 12 janvier 2010, il était de passage dans la capitale pour y récupérer des documents. Il se trouvait à l'hôtel Montana, au téléphone avec un collègue de travail, lorsque le tremblement de terre a débuté. «Il a dit à son collègue que ça tremblait un peu, mais que ça arrivait souvent. Puis d'un seul coup, son collègue a entendu un énorme cri, et puis plus rien. La ligne a coupé», raconte avec émotion Mme Proteau-Cossette.

Il aura fallu douze jours pour retrouver le corps de son frère, et encore une douzaine de jours pour l'identifier. Les démarches administratives qui ont suivi ont fait que la famille n'a pas pu procéder à des funérailles dignes de ce nom avant le 18 février, soit plus d'un mois plus tard. «Ça a pris du temps et c'était compliqué. C'était très difficile pour tout le monde», se souvient-elle.

Mais le plus dur pour Mme Proteau-Cossette aura été d'aller apprendre la nouvelle de la mort de Richard à leur mère. «Nous ne lui avions pas dit qu'il était recherché, car on voulait lui épargner ce stress. Mais lui apprendre la mort de son fils a été la chose la plus difficile que j'ai dû faire dans ma vie. Pour elle, c'était comme son idole. Elle était tellement fière de lui, de voir ce qu'il avait réussi dans sa vie. Richard et elle avaient une relation bien particulière, et il ressemblait tellement à mon père», se souvient-elle.

La mère de Mme Proteau-Cossette est décédée en octobre 2013. «Jusqu'à sa mort, elle a pleuré son fils. Elle ne s'en est jamais remis. Elle gardait toujours la photo de Richard dans sa chambre et pleurait à tous les jours. Aujourd'hui, je me console en me disant qu'ils sont ensemble», souligne-t-elle.

Quant au reste de la famille, Denise Proteau-Cossette souligne que le temps a pu estomper un peu la douleur, même si le souvenir reste bien gravé dans les mémoires. «Les Fêtes viennent de passer, et à chaque fois c'est toujours difficile que Richard ne soit pas avec nous. On parle de lui, on se rappelle beaucoup de souvenirs. On a des flashs aussi. Mais la vie doit continuer. Richard n'aura pas eu la chance de profiter de sa retraite, mais il n'aura pas non plus connu le vieillissement, la maladie. On se console en se disant ça», confie sa soeur.

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