Le testament de la CRE Mauricie

Gérard Bruneau... (François Gervais)

Agrandir

Gérard Bruneau

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Conférence régionale des élus de la Mauricie le présente comme «un cadeau du Nouvel An,» toutefois, le document décrivant les enjeux, orientations et objectifs du dernier Plan quinquennal de développement régional 2015-2020 diffusé cette semaine, prend plutôt des allures de testament. La CRE dit l'offrir dans l'espoir que tout ce travail n'aura pas été fait en vain et qu'il ne sera pas «tabletté.»

«Ce plan adopté en décembre devait être accompagné de son plan d'action, explique le président de la CRE, Gérard Bruneau. Naturellement au niveau de la CRE, ça ne pourra être fait mais au niveau du territoire, il peut servir aux trois villes et trois MRC. Elles pourront s'en inspirer pour alimenter leur propre plan stratégique», espère-t-il.

Lorsqu'on prend connaissance des enjeux tels que «Accroître la population», «Assurer l'occupation du territoire», «Réduire les inégalités sociales», «Développer la fierté et le sentiment d'appartenance», on a toutefois un peu l'impression qu'ils peuvent s'appliquer indifféremment à toutes les régions du Québec et qu'ils ne sont pas propres à la Mauricie.

«C'est sûr que lorsqu'on parle en terme de régions, il y a des choses qui sont similaires d'une région à l'autre, reconnaît le président de la CRE. C'est dans le plan d'action que ça se distingue. Il y a des particularités d'une région à l'autre et d'un territoire à l'autre à l'intérieur d'une même région. On souhaite qu'ils basent leur plan d'action là-dessus.»

Et justement, quand on demande à Gérard Bruneau ce que le premier plan quinquennal de la CRE a apporté à la Mauricie, il répond d'abord qu'il était moins exhaustif que le deuxième qu'on s'apprêtait à mettre en marche mais que tout de même, il avait permis de réaliser plusieurs choses. Le balisage de la rivière Saint-Maurice est le premier exemple cité, sans doute la réalisation la mieux connue du public. Car c'est un peu là que la bat blesse avec la CRE, le grand public ignorait souvent les dossiers qui y étaient traités.

Et pourtant, plaide son président, les réalisations du plan quinquennal 2009-2014 sont nombreuses, particulièrement en matière de recherche sur le développement des ressources naturelles. «On ne serait pas rendus aussi loin dans le secteur des mines», plaide-t-il. Plusieurs ententes ont aussi été signées en matière de loisir avec l'URLS. Le milieu culturel y a également trouvé son profit, assure-t-il, ainsi que le milieu agricole. «On s'est aussi occupé des aînés, des familles, etc. Nous avons plusieurs réalisations en Mauricie sans compter le soutien à plusieurs projets en lien avec les nouvelles technologies, comme à Shawinigan par exemple, avec l'incubateur. Je pourrais en énumérer encore d'autres.»

Le président de la CRE craint-il que la nouvelle habitude de se parler d'un territoire à l'autre en Mauricie disparaisse avec la CRE? Il répond que la cohésion régionale ne pourra demeurer en place sans outil. «Je l'ai mentionné aux députés et à notre ministre régional, Jean-Denis Girard. Il faut être capable de maintenir cette cohésion. C'est un voeu non seulement des élus mais aussi de la société civile qui l'a manifesté lors d'un grand rassemblement au Musée québécois de culture populaire, avant les Fêtes. Mais il faut des fonds pour cela. La table des préfets ne pourra y arriver sans soutien administratif. Ça va prendre des ententes avec différents ministères. Jusqu'à maintenant toutefois, tout ce que j'ai trouvé dans le projet de loi, c'est que les MRC pourront conclure des ententes ministérielles. Mais il n'est aucunement mention d'un retour à des instances comme nous avons présentement... ce qui ne veut pas dire qu'une fois la structure régionale démolie, il y aura d'autres moyens de concertation supra territoriale.»

Comme beaucoup de gens, le préfet ne comprend pas que le gouvernement n'ait manifestement pas pris la plein mesure de l'importance des CRE en matière de concertation régionale. «S'il y avait des lacunes, on aurait pu faire les corrections nécessaires mais de là à tout faire basculer, on ne comprend pas. Malheureusement, la CRE n'est pas en lien direct avec la population et beaucoup ignorent le travail qui s'y faisait. Mais les municipalités le savent, elles, ainsi que tous ceux qui oeuvrent au niveau civil ou politique. On n'est pas gênés de montrer ce qu'on a fait pour la Mauricie.»

Contrairement à plusieurs observateurs, Gérard Bruneau dit ne pas avoir été choqué de voir le ministre régional Jean-Denis Girard, se pointer à la manifestation de la société civile contre la disparition des CRE. «J'ai trouvé ça courageux de sa part... même s'il doit rester solidaire de son gouvernement. J'étais content de le voir là. Il doit aussi être solidaire avec sa région. On sait que la décision vient de plus haut que lui.»

Pour la suite des choses, la CRE ne peut engager d'autres fonds que ceux qui le sont déjà par entente.

«On continue jusqu'à ce que la loi soit sanctionnée et ensuite, on procédera à la fermetureet la liquidation de la CRE», conclut-il

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer