Attentat au Charlie Hebdo, pas une surprise, selon un professeur de l'UQTR

Frank Crispino est professeur et chercheur en criminalistique... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Frank Crispino est professeur et chercheur en criminalistique à l'UQTR. Il a quitté la France il y a deux ans et demi.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Pour le professeur et chercheur spécialiste en criminalistique de l'UQTR, Frank Crispino, ce qui s'est produit chez Charlie Hebdo mercredi n'est pas une surprise, mais n'en est pas pour le moins choquant et aberrant. Le Français d'origine arrivé au Canada il y a deux ans et demi n'en démord pas: c'est aux valeurs fondamentales de la démocratie que les terroristes se sont attaqués mercredi, à Paris.

«Je suis atterré. Charlie Hebdo est une institution chez nous, en France. C'est un monument de la liberté de presse, ça fait partie du mode d'expression française», signale celui qui a déjà été dans l'armée mais qui a aussi oeuvré comme conseiller scientifique du Conseiller spécial européen en matière de lutte contre le terrorisme en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza entre 1999 et 2002.

L'historique de menaces et de représailles envers Charlie Hebdo fait en sorte que la surprise n'est pas si grande pour M. Crispino, même si l'acte demeure déplorable. «Ce n'est pas une surprise, je m'attendais à ce genre de chose, et visiblement, le gouvernement s'y attendait aussi puisqu'il y avait une présence policière devant les bureaux du journal depuis un certain temps», rappelle M. Crispino. La presse peut être une arme en elle-même, mais dans les circonstances, on a pris les armes pour se battre contre le crayon, signale le professeur et chercheur.

Selon lui, il n'existe pas de terrorisme sans politique, et dans cette optique, l'effet voulu par les terroristes qui ont agi hier est pleinement atteint. «On a voulu montrer qu'on était capable de frapper au coeur même des valeurs fondamentales de la démocratie. L'objectif de l'ennemi a été atteint dans cette attaque qui était clairement déclarée», souligne-t-il.

Loin de vouloir se prononcer sur l'appartenance à un groupe particulier des auteurs de ces attentats, Frank Crispino hésite toutefois à employer le titre de «loup solitaire» que l'on a beaucoup entendu ces derniers temps. «Déjà, ils étaient trois, à ce que rapportent certains médias. Par ailleurs, certaines idéologies logent derrière des entités constituées, et il n'est pas impossible que ces personnes aient une appartenance à une communauté qui s'exprime de cette manière. Je ne suis pas totalement convaincu qu'on puisse parler de loup solitaire», signale M. Crispino.

Celui qui a toutefois étudié bon nombre de gestes semblables posés un peu partout dans le monde n'a cependant pas le souvenir que l'on se soit attaqué à la liberté de presse de cette façon, par le biais d'un journal satirique ou humoristique. «Dans le cas de Charlie Hebdo, on s'en est pris à un journal complètement apolitique, ce qui en soi est unique. Charlie Hebdo s'en prenait à tout le monde», rappelle celui qui espère désormais que l'autre journal satirique français, tout aussi institutionnel que l'est Charlie Hebdo, Le Canard Enchaîné, fera l'objet d'un rehaussement de sa sécurité pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.

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