«Les gens sont choqués et offusqués»

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Des grands rassemblements populaires ont eu lieu dans plusieurs villes de France, dont celui-ci à Strasbourg.

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(Trois-Rivières) L'attentat contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a choqué et bouleversé les Français. Les auteurs de cette tuerie se sont attaqués à la liberté d'expression, un principe fondamental de la république. Deux Trifluviennes actuellement en France ont vécu cette terrible journée aux côtés des Français.

«Les réactions dont je suis témoin depuis ce soir [mercredi], d'amis et de contacts Français (et Québécois) à Paris, ne relèvent pas tant de la peur que de la colère et de l'indignation», a souligné en soirée Marjolaine Deschênes, une auteure et chargée de cours de philosophie à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) qui poursuit actuellement à Paris des études postdoctorales.

Bien qu'elle n'a pu participer au rassemblement de la place de la République à Paris, Marjolaine Deschênes estime qu'il s'agit d'une manifestation collective extrêmement lourde de sens. «Je crois que les milliers de personnes réunies à la place de la République ce soir [mercredi] ont manifesté contre l'intolérance plutôt que contre qui que ce soit», souligne-t-elle. «Ce haut lieu symbolique, son nom l'indique assez, rappelle ce qui fait la fierté des Français, et les idéaux de toute société démocratique: ''Liberté, Égalité, Fraternité''. En l'occurrence, ce sont la liberté d'expression et le droit à la vie qui se trouvent pour le moins violés.»

La chargée de cours à l'UQTR indique de plus que les Français ne succombent pas à la peur après l'attentat terroriste de mercredi. Les grands rassemblements qui ont eu lieu dans plusieurs villes de France le démontrent, selon elle.

«Les Français n'ont pas peur. Comme souvent, ils prennent la rue et crient à l'injustice. Contre quoi, ça, on le sait. Mais contre qui? C'est la question que se posent d'autres personnes ici, ne sachant pas contre qui manifester», estime la chercheuse. «Autrement dit: on a beau tendre vers des idéaux de société...qui craindre? Quelques désaxés? Ou ceux qui devraient les repérer plus tôt et agir en conséquence?»

Les Canadiens, affirme Marjolaine Deschênes, ont été confrontés à ces questions dernièrement, à la suite de l'attentat du Parlement d'Ottawa.

Caroline Dufour est étudiante au baccalauréat en biologie médicale à l'UQTR. Elle complète présentement son stage de fin d'études dans un laboratoire de Strasbourg, une ville de l'est de la France. Lorsque la nouvelle de l'attentat au Charlie Hebdo est tombée, elle travaillait dans le laboratoire avec plusieurs collègues français. «Comme je suis la seule qui a un portable dans le laboratoire, j'ai appris la nouvelle en premier. C'est donc moi qui a annoncé la nouvelle aux autres. Une collègue a affirmé d'emblée: ''Ah non! Ça recommence''», témoigne l'étudiante de l'UQTR.

Un grand rassemblement populaire a également eu lieu en soirée à Strasbourg. Caroline Dufour y était. «Le rassemblement a duré plusieurs heures. J'y suis allée et c'était noir de monde. Les gens allumaient des lampions, se regroupaient, restaient silencieux. C'était très calme», a noté Caroline Dufour.

«Les gens sont choqués et offusqués. C'est l'atteinte à la liberté de presse et c'est la violence de l'événement qui frappent.»

La Trifluvienne d'adoption en France pour quelques mois souligne de plus que les citoyens qui témoignent dans les médias ont peine à réaliser l'horreur de l'attentat, tant ces gestes de violence semblent absurdes. «Les gens n'en reviennent pas. ''S'attaquer de sang froid à des gens qui n'avaient pas de méchanceté et qui n'utilisaient que l'humour''. Voilà ce que l'on entend partout.»

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