Attentat au Charlie Hebdo: le contrôle par la peur

Francis Langlois, professeur au Cégep de Trois-Rivières et... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Francis Langlois, professeur au Cégep de Trois-Rivières et spécialiste de la question des armes à feu aux États-Unis.

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(Trois-Rivières) En choisissant de s'en prendre au journal Charlie Hebdo et à ses créateurs, les terroristes qui ont frappé mercredi, au coeur de Paris, ont choisi le symbole par excellence pour livrer leur message de volonté de contrôle et de peur. C'est du moins l'avis de Francis Langlois, professeur au Cégep de Trois-Rivières et spécialiste de la question des armes à feu aux États-Unis en tant que membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand.

«C'est typique du terrorisme, de choisir une cible initiale pour faire passer un message. On est dans l'ère du temps où on ne voit plus les terroristes agir, comme il y a vingt ans, en vertu de revendications politiques, de libération de prisonniers par exemple. Le terrorisme d'aujourd'hui vise l'établissement d'une notoriété par la violence et use du contrôle par la peur. Outre cela, le message reste limité», croit M. Langlois.

L'attentat de mercredi demeure toutefois d'une ampleur extrêmement rare, rappelle M. Langlois, qui note par ailleurs la très grande préparation de cet acte qui n'a rien d'un geste improvisé. «Ils ont été jusqu'à s'attaquer à un immeuble qui était pourtant protégé par les policiers. Ils se sont procurés des armes très puissantes et étaient au fait de ce qui se passait dans les murs du journal, puisqu'ils se sont pointés lors de la réunion hebdomadaire où tout le monde était présent. Ils souhaitaient vraiment lancer le message que nul n'est à l'abri de la vengeance d'Allah», croit le professeur.

De s'en prendre ainsi à un média d'information vient d'ailleurs frapper au coeur même du symbole de la démocratie, ajoute Francis Langlois. «Pour n'importe qui, ce qui s'est produit à Paris est très symbolique. Il y a eu plusieurs autres journalistes, de par le monde, qui ont été pris pour cibles depuis bien des années, mais l'ampleur de cet attentat marque l'imaginaire, c'est bien évident», croit-t-il.

Francis Langlois ne peut toutefois s'empêcher de penser que l'accessibilité à des armes aussi puissantes ne peut être passée sous silence lors de tels événements. «Le développement toujours plus poussé d'armes d'assaut efficaces, légères et accessibles peuvent créer ce genre de massacre, c'est difficile de passer à côté de ça», mentionne-t-il.

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