Homme barricadé à Trois-Rivières: le siège a duré 14 heures

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C'est au deuxième étage de cet immeuble locatif que l'homme de 49 ans s'est barricadé avec une arme à feu pendant plus de 14 heures.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après 14 heures de siège, un homme armé qui s'était barricadé dans son appartement d'un immeuble locatif situé au 987, boulevard Thibeau à Trois-Rivières, s'est finalement rendu à 16 h 40 samedi aux policiers de la Sûreté du Québec, qui l'ont aussitôt remis aux soins de leurs collègues de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Par mesure de précaution, un périmètre de sécurité... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste) - image 1.0

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Par mesure de précaution, un périmètre de sécurité d'un kilomètre a été érigé sur le boulevard Thibeau entre la rue Cooke et le boulevard des Prairies, incluant la rue Bilodeau jusqu'à la rue Gilbert.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

Vers 1 h 30 samedi matin, le forcené âgé de 49 ans, visiblement dans un état d'esprit instable, se serait rendu tour à tour à la porte de ses voisins armé d'une bonbonne de poivre de Cayenne, soutenant un discours dénué de sens.

Vers 3 h, il aurait lui-même téléphoné aux policiers en leur intimant de lui venir en aide. Arrivés sur les lieux, les agents de la Sécurité publique ont constaté que l'homme tenait ferme entre ses mains une arme de type carabine. Ils ont donné l'alarme sans attendre. L'homme se trouvait alors seul dans son logement.

En quelques minutes, l'immeuble locatif a été évacué, ainsi que certaines résidences avoisinantes par mesure de prévention. Un périmètre de sécurité d'un kilomètre a été érigé entre la rue Cooke et le boulevard des Prairies, incluant la rue Bilodeau jusqu'à la rue Gilbert.

Par un temps glacial de -20 degrés Celcius, une vingtaine de quidams ont été pris en charge par la Société de transport de Trois-Rivières. Une ambulance, deux véhicules de paramédicaux, un serrurier ainsi qu'une unité d'intervention de Gaz Métro ont été mandatés sur place.

Vers 11 h 30, à la demande des policiers de Trois-Rivières, le groupe d'intervention tactique (GIT) de la Sûreté du Québec a pris la relève, élargissant le périmètre de sécurité. Vingt agents de la SQ lourdement armés ont participé à l'intervention, appuyés par un véhicule blindé et des maîtres-chiens.

Les opérations ont été dirigées du poste de commandement mobile dépêché sur place. À 16 h 40, l'homme s'est rendu sans résistance aux membres du GIT qui, toute la journée, avaient tenté, en vain, de le rejoindre par téléphone.

«L'homme s'est rendu de façon pacifique. L'important, c'est qu'on a réussi à limiter les dégâts, surtout les pertes de vie, incluant la vie de l'individu», estime Audrey-Anne Bilodeau, porte-parole de  la SQ.

Aucun coup de feu n'a été tiré. Une arme longue a bel et bien été récupérée sur place, bien que l'on en ignore le calibre pour l'instant. Notons que l'homme n'aurait toutefois proféré aucune menace directe envers les policiers.

Pour l'heure, on ne connaît pas les motivations de l'individu, ni s'il est un habitué des services policiers. Il sera accusé de possession d'une arme à feu pendant interdiction, d'usage négligeant d'une arme à feu, de port d'une arme à feu dans un dessein dangereux et d'entreposage inapproprié d'une arme à feu.

 Étienne Brassard-Roy a eu une minute pour quitter... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste) - image 2.0

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 Étienne Brassard-Roy a eu une minute pour quitter son appartement après que le forcené lui eut rendu visite armé d'une bombonne de poivre de Cayenne.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

Des voisins ébranlés

La vingtaine de personnes évacuées par les policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières par mesure de prévention, au milieu de la nuit de samedi, n'ont certes pas apprécié le geste désespéré de leur voisin de se barricader chez lui avec une arme à feu. D'autant plus que certains voisins ont dû subir une visite forcée du forcené avant que l'alerte générale ne soit donnée.

Selon Étienne Brassard-Roy, qui habite dans le même immeuble du boulevard Thibeau, l'homme de 49 ans n'était visiblement pas dans son état normal lorsqu'il a cogné à sa porte avec insistance à 1 h 30 du matin, armé d'une bonbonne de poivre de Cayenne.

«Avant de cogner chez nous, il a défoncé la porte des voisins. J'ai vu tout de suite qu'il avait l'air complètement frosté. Il disait que quelqu'un avait volé ses filles. Lorsque le chien de mes voisins s'est mis à japper, il a défoncé leur porte et a laissé le chien s'enfuir. Puis il est revenu chez nous avec une bouteille de poivre de Cayenne, mais ne me menaçait pas avec. Je l'ai laissé entrer, c'est mon voisin, alors il a fait le tour de mes garde-robes. Puis, vers 3 heures, la police est arrivée et nous a donné une minute pour quitter notre logement.»

Les locataires ont dû patienté jusqu'au début de la soirée samedi avant de réintégrer leur appartement. De longues heures d'attente passées, pour certains, dans un autobus de la Société de transport de Trois-Rivières, alors qu'à l'extérieur la température avoisinait les -20 degrés Celsius.

C'est donc les mains vides que M. Brassard-Roy a été contraint de se réfugier dans cet abri de fortune. «On n'a pas eu le temps de rien ramasser», signale-t-il.

D'autres étaient simplement vêtus d'un survêtement de pyjama, chaussures aux pieds, suivis de près par leur animal de compagnie.

Un locataire qui n'avait pas eu le temps de prendre ses médicaments a été rencontré par les ambulanciers qui se sont assurés de sa santé et de son bien-être.

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