2015: une autre année de transition

Deux mille quinze s'annonce finalement pour être une... (Photo: François Gervais)

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Deux mille quinze s'annonce finalement pour être une grande année charnière qui s'ouvrira sur... c'est ce que tout le monde voudrait bien savoir.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On avait prédit pour la région pour l'année qui se termine qu'elle en serait une de transition et de remise à niveau sur le plan économique. À la lumière des derniers mois et des perspectives qui se dessinent à court terme, il est difficile de ne pas devoir prolonger ces prévisions à l'année 2015.

À l'exception de quelques bonnes nouvelles de fin d'année, comme l'installation de Sotrem-Maltech dans l'ancienne aluminerie de Rio-Tinto Alcan et de l'annonce reçue comme un cadeau du ciel de l'implantation prochaine au centre-ville de Shawinigan d'un centre d'excellence de CGI, cela a été insuffisant pour l'instant à combler les fermetures d'entreprises, qu'on pense seulement à la Laurentide, les réductions de production, comme chez Olin, ou les mises en dormance de grands projets industriels, comme IFFCO dans le parc de Bécancour, qui ont sonné la région, comme autant de coups de poing reçus en plein visage.

Tout cela s'est traduit par des baisses importantes dans le marché de l'emploi alors qu'on semblait pouvoir repartir pour au moins une petite gloire. Cela s'est répercuté dans plusieurs secteurs de l'activité économique, dont commercial, qui ont connu des fléchissements.

Malgré tout, il y a plusieurs projets qui autorisent de garder une bonne confiance pour la suite des choses, car plusieurs conservent des potentiels élevés d'aboutissement, ce qui pourrait être le cas de Stolt LNGaz qui veut construire une usine de liquéfaction à Bécancour ou ce Digihub, inauguré dans le Centre d'entrepreneuriat de Shawinigan, qui recèle beaucoup de potentiel.

Il faudra tout de même, à nouveau, s'armer d'un peu de patience pour que l'environnement économique redevienne stimulant. D'autant que l'année va s'amorcer dans un contexte d'austérité gouvernementale dont on dit que le pire pourrait être à venir. Déjà que pour une famille moyenne, on évalue les coûts annuels des plus récentes mesures gouvernementales à près de 1400 $. S'il fallait que les prochaines, qui seront contenues dans le budget printanier, ajoutent à ce fardeau, on imagine le resserrement des dépenses que cela impliquera et qui ne pourra que se refléter sur les habitudes de consommation. Équilibre budgétaire au gouvernement équivaut à déséquilibre budgétaire dans les finances personnelles.

En plus, comme le gouvernement va étendre ses compressions à sa fonction publique et par la suite à ses sociétés d'État, cela ne va qu'amplifier cette espèce de psychose qui s'est actuellement installée dans notre société et qui pousse vers la déprime collective, même si tout le monde n'est pas affecté de la même manière. Les réductions en soutien gouvernemental se font déjà beaucoup sentir dans la région, mais il faudra ajouter en 2015 de nouvelles baisses d'effectifs dans les employés de l'état avec un gel, si ce n'est un recul, de leur pouvoir d'achat.

Une ville comme Trois-Rivières, qui représente la moitié de la population de la Mauricie, mais au-delà de 60 % de son économie, en raison entre autres de la présence des principales institutions publiques et des services gouvernementaux, ne pourra qu'en être éprouvée quelque-part. L'éclosion d'un ou deux des grands projets industriels de Bécancour pourraient cependant dissiper la mauvaise impression générale. Il reste que l'économie de Trois-Rivières s'est passablement raffermie et diversifiée depuis une dizaine d'années. Cela ne la met pas à l'abri de soubresauts qui peuvent atteindre par moments une bonne ampleur, mais elle ne risque plus d'effondrement comme dans les années 90.

N'empêche que la nouvelle bougie d'allumage en Mauricie devrait plutôt venir de Shawinigan, avec CGI. Ce n'est pas tant le nombre d'emplois qui y seront créés au départ, peut-être une centaine, qui rétablira d'un trait un marché du travail décimé, comme l'état d'esprit qui s'en trouvera modifié. CGI, c'est une entreprise de la nouvelle économie dont la venue devrait avoir un effet d'entraînement et provoquer une montée de confiance. Faire de Shawinigan une ville glamour dans les technologies modernes, c'est attirer des regards nouveaux sur la Mauricie, sa situation géographique stratégique et sur tous ses potentiels.

Du côté municipal, les temps ne seront plus à l'expansion et aux gros projets. Les ponctions gouvernementales sont venues rappeler à ces administrations, qui avaient plus ou moins compris leurs limites de dépenses, qu'il leur faudra impérativement gérer plus serré encore qu'elles ne l'avaient en tête.

Au mieux, Trois-Rivières finira par amorcer la construction de son nouvel amphithéâtre sportif, un projet d'une cinquantaine de millions de dollars, si on parvient à tout ficeler et à ne pas échapper la subvention gouvernementale promise. Pour le reste, on se contentera d'inaugurer l'amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, ce qui en fera l'événement culturel de l'année.

Sur le plan politique, peu de choses à l'horizon. S'il n'y a pas de grande dégelée printanière qui remplirait les rues de protestataires contre les décisions gouvernementales, un genre de nouveau printemps érable, il faudra se contenter de l'élection d'un nouveau chef au Parti québécois et, à l'automne, du scrutin fédéral, ce qui soulève rarement au Québec de grandes passions.

Deux mille quinze s'annonce finalement pour être une grande année charnière qui s'ouvrira sur... c'est ce que tout le monde voudrait bien savoir. Tout et rien peut arriver.

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