L'industrie de la motoneige prie pour que la neige tombe

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Le redoux de la dernière semaine retarde le début de la saison de la motoneige.

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(Trois-Rivières) L'industrie de la motoneige doit faire preuve de patience en cette période des Fêtes. Le redoux et la pluie de la dernière semaine ont fait fondre une bonne partie du couvert de neige tombée plus tôt cette année. Résultat, les sentiers de motoneige sont pratiquement tous fermés dans la région et les commerçants qui tirent parti de cette industrie qui engendre au Québec des retombées de plus de 2,2 milliards $ annuellement n'ont d'autre choix que de prier pour la prochaine neige.

«Ça ne va pas très bien pour nous. Ce n'est pas encore catastrophique, mais nous notons une diminution de la clientèle dans les restaurants de Mattawin et de La Tuque», lance d'emblée Donald Desrochers, directeur des revenus et du marketing au Groupe Marineau, une entreprise qui exploite plusieurs hôtels, restaurants et relais de motoneiges dans la région. «Il y a pourtant de l'intérêt. Plusieurs clients nous appellent pour savoir si les sentiers sont ouverts.»

Les clients sont, pour l'instant, plus nombreux à se rendre au Relais de la Station deSaint-Séverin en quad qu'en motoneige. «Ça prend de la neige», soutient le propriétaire des lieux, Guy Leblond. «Nous avons des clients en quad, mais ce n'est pas les mêmes qu'en motoneige. Ce n'est pas comparable. Les motoneigistes dépensent davantage dans les commerces, car leur saison ne dure que quelques mois.»

Le Relais de Saint-Séverin est toutefois fin prêt pour accueillir les clients. Chaque dimanche de l'hiver, la ferme J.M. Gélinas, un producteur de sarrasin de Yamachiche, est sur place pour offrir des galettes aux visiteurs dans une ambiance folklorique.

L'Hôtel Central de Parent est aussi un lieu de prédilection des motoneigistes. Mais le redoux a aussi durement touché le nord de la région. La propriétaire des lieux, la conseillère municipale du secteur de Parent, Sylvie Lachapelle, indique que les motoneigistes, normalement très présents à cette période de l'année, sont absents ces jours-ci.

Tous les sentiers de la région sont fermés, à l'exception d'un tronçon entre la rivière Mattawin et Saint-Michel-des-Saints ainsi qu'un autre entre le relais Koubek et le lac à l'Eau-Claire, à Saint-Alexis-des-Monts. Ces sentiers sont les seuls ouverts en Mauricie et au Centre-du-Québec, mais l'installation de la signalisation n'est pas encore complétée. Les usagers sont invités à demeurer prudents.

«Les cours d'eau ne sont pas praticables», note de son côté Réal Camiré, administrateur pour la Mauricie et le Centre-du-Québec à la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ).

Anne-Marie Bercier, également de la FCMQ, souligne quant à elle que bien que la saison soit retardée, la situation n'est pas «catastrophique». Elle précise que la haute saison de la motoneige est en janvier et février.

Impatient, le Club de motoneige de la Mauricie attend toutefois la prochaine neige. «La pluie a tout détruit les sentiers. Il reste une surface gelée au sol, mais il n'y a pas suffisamment de neige pour que ça soit sécuritaire», explique Jean-Louis Grosleau, le président du Club de motoneige de la Mauricie. «Ça nous prend six pouces de neige au sol pour réussir à bien aménager les sentiers. C'est dommage, car la période des Fêtes est un beau moment pour les activités extérieures en famille.»

Respecter les droits de passage

Le président du Club de motoneige de la Mauricie demande aux motoneigistes de respecter les interdictions de passage. Jean-Louis Grosleau soutient que les barrières sont installées pour protéger les terres privées. «Nous avons d'ailleurs perdu un droit de passage, car des motoneigistes ont coupé une barrière pour circuler sur des sentiers fermés», avoue-t-il en précisant que l'amende pour une telle infraction est de 400 $ plus les frais.

Les droits de passage sont primordiaux pour les clubs de motoneige. Sans les autorisations des propriétaires privés, souvent des agriculteurs, le réseau des sentiers s'effondre. Or, les agriculteurs offrent gratuitement ces droits de passage et n'en retirent que les inconvénients.

«Les droits de passage sont très fragiles. Les agriculteurs acceptent, mais ils perdent souvent des cultures», noteM. Grosleau qui est favorable à l'instauration de redevances pour les propriétaires qui accordent des droits de passage.

«Nous tentons de nous battre avec la Fédération des clubs de motoneigistes pour que les cultivateurs et les propriétaires de boisés soient dédommagés. L'industrie de la motoneige crée après tout plus de 2 milliards $ par année.»

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