9,7 tonnes d'hydrocarbures récupérées

La Garde côtière canadienne ne peut pas affirmer... (Photo: Stéphane Lessard)

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La Garde côtière canadienne ne peut pas affirmer sans l'ombre d'un doute que la totalité des fuites d'hydrocarbure qui suintent du Chaulk Determination est complètement colmatée. Pour l'heure, 12 590 litres d'hydrocarbure, d'eau huileuse et de déchets solides ont été récupérés.

Photo: Stéphane Lessard

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une vingtaine de personnes ont travaillé d'arrache-pied toute la fin de semaine pour stabiliser le ballottement et colmater les fuites d'hydrocarbures qui suintent toujours du navire Chaulk Determination, échoué dans la section 1 du port de Trois-Rivières depuis vendredi. Si la Garde côtière canadienne (GCC), qui conduit les opérations, ne peut pas certifier que la totalité des fuites est désormais colmatée, on se réjouit d'avoir échappé au «désastre».

Des plongeurs de la GCC ont obturé, samedi et dimanche, les principaux évents défectueux, c'est-à-dire les conduites ménagées dans les réservoirs pour assurer l'aération et l'échappement des gaz. Simultanément, une dizaine de personnes engagées par l'organisme d'intervention maritime SIMEC ont procédé aux opérations de récupération des huiles et des hydrocarbures.

«On ne peut pas dire qu'il n'y a plus de déversement», insiste Michel Plamondon de la GCC. «On a remarqué qu'il y avait beaucoup moins d'hydrocarbure dans les estacades qu'il y en avait, mais ça ne veut pas dire que ça ne coule plus. On n'est pas capable de voir nécessairement partout autour et en dessous du navire. Chose certaine, ça coule beaucoup moins que ça coulait au début.»

Des 22 tonnes d'hydrocarbure pur que recelait le navire, 9,7 tonnes ont été récupérées dimanche, soit 9736 litres. À cette quantité s'ajoutent 2434 litres d'eau huileuse composées de résidus d'hydrocarbure, et 420 litres de déchets solides, entre autres des branches, des débris et du matériel utilisé pour le nettoyage. «Notre priorité c'est de continuer à récupérer les hydrocarbures et à les confiner», renchérit M. Plamondon, ajoutant du même souffle que le nombre de litres déversés dans la nature était pour l'heure inconnu.

«Nous ne sommes pas capables de l'évaluer, et je ne sais même pas si nous serons en mesure de le faire», souligne-t-il. La GCC a procédé à un vol de reconnaissance en hélicoptère pour jauger l'étendue des dégâts.

Coordonnateur des mesures d'urgence à la solde d'Urgence-Environnement, Réjean Lapointe est d'avis que l'échouement du navire aurait pu donner lieu à «un désastre». Selon lui, au plus quelques centaines de litres, soit une «petite partie d'huile s'est échappée avant la mise en place des estacades. Nous faisons toujours des évaluations, mais les quantités demeurent minimes, on pense entre autres à la nappe d'huile qui se déplace actuellement à la hauteur de Portneuf. À ce niveau, ce n'est pas récupérable.»

Dimanche, des amarres ont été attachées à la coque du remorqueur. La GCC a mandaté le Groupe Océan pour remettre le navire à flot. Un plan d'action pourrait être déposé d'ici mercredi, plan qui devra au préalable être évalué, modifié au besoin et approuvé avant d'être mis en oeuvre. La GCC a recueilli des données dans la journée de dimanche afin d'étayer ses desseins.

Par chance, la température plus clémente des derniers jours a facilité les efforts des hommes-grenouilles et les manoeuvres de recyclage. «Le temps doux amenuise le couvert de glace et facilite la récupération des hydrocarbures. La présence de glace aurait pu entraver, voire même compromettre les opérations des plongeurs. On attend du froid pour les prochains jours, ce qui pourrait compliquer la suite des choses», indique M. Lapointe.

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCCC) et Transports Canada mènent actuellement une enquête pour vérifier si le propriétaire du navire, l'entreprise Chaulk Air de Moncton, n'a pas fait preuve de négligence en faisant fi des recommandations formulées par l'administration du port de Trois-Rivières qui craignait de longue date que l'état précaire du navire provoque des bris d'importance au cours de l'hiver.

«Le propriétaire du bateau est responsable de la contamination, donc il devra assumer les frais qui vont avec l'opération. Il va devoir assumer les coûts humains et ceux associés à la récupération du carburant. Le coût va grandement dépendre de la durée de l'opération», indique Yves Lahaie du MDDELCCC.

Avec la collaboration de la Presse canadienne.

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