Personnalité de l'année: hommage à celui qui crie

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Dans les cercles du pouvoir ou encore parmi certains collègues de la région, Michel Angers n'est pas encore parvenu à se débarrasser de son image de leader syndical indigné. Sa tendance à réagir au quart de tour rassure l'opprimé et, avouons-le, fait le délice des journalistes. Mais dans certains milieux, ce réflexe provoque encore un rictus un peu condescendant.

Le maire ne s'en formalise guère. Au contraire, à force de cogner sur le clou, il est parvenu à se bâtir une crédibilité qui a sans doute contribué à faire en sorte que le gouvernement du Québec s'intéresse d'un peu plus près à Shawinigan. Le résultat de sa croisade lui permet, pour la deuxième fois en cinq ans, d'être désigné personnalité de l'année Le Nouvelliste en 2014.

Jacques Daoust, ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, a mieux résumé que quiconque l'impact de Michel Angers au cours des derniers mois. Lors de l'inauguration officielle du centre de coulée Shawinigan aluminium en novembre, il s'est permis une envolée révélatrice.

«Je m'en voudrais de ne pas parler de la perspicacité du maire de Shawinigan, qui peut s'avérer très convaincant», lançait M. Daoust. «Je vous dirais que je lui attribue une partie du mérite, parce que quand on ne crie pas au feu, personne ne répond au feu. Il a bien su vous représenter, je peux vous l'assurer.»

Tatoué Shawinigan

Pierre Giguère a connu son baptême politique en même temps que Michel Angers, en novembre 2009. Devenu député de Saint-Maurice au printemps, il concède de grandes qualités au maire de Shawinigan.

«Michel est une personne qui prend le temps d'approfondir les dossiers. Même s'il se fait une tête, il est capable de changer d'idée quand on lui amène des arguments.»

«C'est un homme orgueilleux, qui a Shawinigan tatoué sur le coeur», ajoute M. Giguère. «Mais parfois, il va défoncer la porte et il va réaliser qu'il n'avait pas à aller si loin. À Québec, on m'a posé des questions à son sujet...»

André Grosleau rate rarement une séance du conseil municipal. Le résident du secteur Grand-Mère ne peut que reconnaître l'ardeur au travail de son maire.

«Il veut que sa ville progresse», constate-t-il. «C'est un homme qui n'a pas peur de répondre aux questions. Mais à certaines occasions, il a eu de la difficulté à se débarrasser de son habit de syndicaliste.»

L'épisode qui a marqué les esprits s'est déroulé au printemps, lors des échanges entre Sotrem et les travailleurs de Rio Tinto Alcan pour la vente du centre de coulée. L'entreprise saguenéenne ne pouvait se permettre de payer les mêmes conditions de travail que la multinationale. Les syndiqués ont refusé la première proposition. Le maire n'a pas hésité à convoquer la presse pour demander aux travailleurs de reconsidérer leur vote.

Un appel qui a un peu indisposé Michel Boudreault, président - directeur général de Sotrem. Les syndiqués ont finalement accepté la nouvelle convention collective, légèrement modifiée, à 70 %.

«C'était quand même une négociation privée; il ne fallait pas que ça dégringole», rappelle M. Boudreault. «En même temps, il avait peur que ça donne une mauvaise image de Shawinigan, ce que je comprenais. C'était un appel du coeur! Ça me montrait qu'il tenait vraiment à ce qu'on s'installe à Shawinigan.»

La stature de Michel Angers lui permet de mettre un poids politique qui fait une différence, comme dans la controverse qui a balayé l'Office de tourisme, foires et congrès au début de l'année. Il a même été présenté comme un facteur déterminant pour le règlement dans le conflit entre les cols bleus et la direction de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Bien sûr, l'année a aussi été ponctuée de douloureuses nouvelles à Shawinigan, comme la décision de FerroAtlántica d'implanter ses 300 emplois sur la Côte-Nord et celle de Produits forestiers Résolu de cesser la production de l'usine Laurentide. Québec n'a pas non plus bronché sur le fonds autonome de 20 millions $ réclamé par le maire.

Mais comme l'a mentionné en septembre France Aubin, professeure en communication sociale à l'Université du Québec à Trois-Rivières, les succès remportés par Michel Angers, notamment dans le dossier d'approvisionnement en eau potable, prouvent aux gens qu'il peut gagner des batailles. Cette conviction est suffisante pour bomber le torse d'une communauté.

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