Peine de mort: les conseillers de Louiseville prennent leurs distances du maire

Yvon Deshaies, photographié mercredi dernier dans son bureau... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Yvon Deshaies, photographié mercredi dernier dans son bureau à l'hôtel de ville de Louiseville.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) Si des conseillers de Louiseville reconnaissent qu'Yvon Deshaies a droit à son opinion en tant qu'individu, ils se demandent pourquoi le maire a fait ses déclarations sur le rétablissement de la peine de mort dans les bureaux de l'hôtel de ville.

Yvon Deshaies a fait cette sortie publique mercredi avant-midi après avoir reçu les représentants du Nouvelliste, de L'Écho de Maskinongé et du 103,1 FM afin de discuter du budget de 2015. Il a profité de la présence des médias dans son bureau pour aborder le sujet de la peine de mort.

«Énormément surpris» de la sortie publique d'Yvon Deshaies. Gilles A. Lessard aurait préféré que ce dernier exprime son point de vue personnel ailleurs que dans son bureau de maire.

«Quand on voit M. Deshaies qui parle uniquement en son nom, mais qui est dans le bureau de l'hôtel de ville, ça donne l'impression qu'il parle en tant que maire. Ce n'est pas à moi à dicter la conduite du maire, mais c'est malhabile», raconte M. Lessard.

Le conseiller municipal reconnaît que le maire Deshaies est bien libre de penser ce qu'il veut. Sa pensée est toutefois à l'opposé: il est contre le retour de la peine de mort.

«Ça va à l'encontre de l'évolution de la société actuelle. Il ne faut pas revenir à des régimes de terreur et de barbarie. À mon avis, le dossier est clos.»

André Lamy est totalement en désaccord avec le point de vue d'Yvon Deshaies. Il estime que le rétablissement de la peine de mort serait un retour dans le passé.

«C'est un peu rétrograde comme pensée. Je respecte son idée, mais je suis à 100 000 lieues de la partager. Je suis très surpris et un peu désolé de ce brouhaha. C'est une loi fédérale, on n'a rien à voir là-dedans! Il y a d'autres sujets plus pertinents à parler comme les coupes dans les CLD, par exemple. Et il aurait dû faire sa déclaration à partir de chez lui et pas dans le bureau du maire, car ce n'est pas un sujet de compétence municipale. De par le lieu où il était, ça peut causer de la confusion.»

Charles Fréchette croit lui aussi qu'Yvon Deshaies aurait dû faire cette déclaration dans un lieu autre que l'hôtel de ville.

«L'endroit n'était peut-être pas approprié pour l'image de la ville. La peine de mort, c'est rétrograde. On ne mérite pas d'avoir une image de la sorte à Louiseville et je m'interroge à savoir si, dans le futur, on va garder des séquelles de cette histoire. À la suite d'une déclaration comme ça, on devient le point d'intérêt. Je ne pense pas qu'on doive revenir sur la question de la peine de mort, mais si M. Deshaies veut le faire, c'est son affaire. C'est une personne émotive et il faut vivre avec», raconte M. Fréchette, qui ne pense pas que cette histoire va faire revivre à Louiseville tout ce qui s'est dit et écrit sur Hérouxville à la suite de l'adoption du code de vie en 2007.

Françoise Hogue Plante soulève qu'Yvon Deshaies a le mérite de dire ce qu'il pense et qu'il a droit à son avis. Elle conserve toutefois son opinion, à savoir qu'elle s'oppose au rétablissement de la peine de mort.

«Je suis pour la loi qui est là, mais il y a peut-être des choses à réviser. M. Deshaies est un être émotif. Il n'a pas parlé au nom du conseil, il l'a répété, il est franc. Mais il n'aurait pas dû faire ça dans le bureau du maire. Je ne pense pas que ça cause de la confusion. Mais s'il avait été sur le trottoir, ça aurait été moins pire.»

Régler le cas d'un meurtrier en commettant un meurtre à son endroit n'est aucunement une solution, selon Murielle Bergeron Milette.

«Je suis catholique pratiquante et je suis contre la peine de mort parce que le commandement de Dieu dit: Tu ne tueras point''. On ne règle pas un problème en en créant un autre. J'aurais préféré qu'il fasse sa déclaration ailleurs pour que ce soit plus clair, pour ne pas montrer que le conseil assume ce qu'il a dit.»

Le Nouvelliste n'a pu entrer en contact avec Jean-Pierre Gélinas.

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