Le programme Rénoclimat suspendu faute de fonds

Hugo Robillard ne sait pas combien de temps... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Hugo Robillard ne sait pas combien de temps il devra attendre pour savoir s'il pourra compter sur l'aide financière de Rénoclimat pour terminer les travaux sur sa maison de Saint-Célestin.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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(Saint-Célestin) Des centaines de personnes habitant le Centre-du-Québec et qui souhaitaient effectuer des rénovations sur leur maison grâce au programme d'efficacité énergétique Rénoclimat du gouvernement provincial se retrouvent le bec à l'eau en plein hiver, alors que le programme a été suspendu, faute de fonds.

En effet, la popularité du programme a fait en sorte que les budgets ont été complètement épuisés dans quatre régions du Québec, dont le Centre-du-Québec, laissant plus de 450 propriétaires de la région dans l'incertitude.

Hugo Robillard et sa conjointe font partie de ce nombre. Le couple, qui avait fait l'acquisition d'une résidence de Saint-Célestin vers la fin du mois d'août, s'est lancé dans de grandes rénovations pour remettre la maison au goût du jour. L'isolation de la maison était complètement à refaire, de même que les fenêtres qui devaient être changées pour s'assurer un meilleur rendement énergétique afin d'en faire leur résidence principale dès le mois de juillet 2015.

Au début du mois de novembre, le couple a entamé des démarches pour pouvoir bénéficier du programme Rénoclimat, qui aiderait à boucler le budget des rénovations par plusieurs milliers de dollars. M. Robillard explique avoir reçu un accusé de réception, qui lui indiquait qu'une firme allait le contacter pour venir faire l'évaluation de la maison avant les travaux, ce qui est la norme pour ce programme.

«On dormait sur nos deux oreilles, jusqu'à ce que j'apprenne qu'un ami sur la rive nord avait eu l'inspection deux jours après sa demande. Nous, ça faisait plusieurs semaines qu'on attendait. J'ai donc rappelé pour savoir ce qui se passait et c'est là qu'on m'a dit que tout était sur la glace et qu'ils ne pouvaient pas nous dire quand ça allait pouvoir se remettre en marche», explique M. Robillard.

Or, les nouveaux propriétaires ont fait refaire des fondations neuves à la maison, qui devra être chauffée tout l'hiver pour éviter que le tout ne s'abîme. «On se retrouve pris en otage entre l'idée de ne pas se priver de cet argent qui pourrait nous aider à boucler le budget, et l'idée de ne pas retarder les travaux. On ne veut pas que la maison subisse des dommages, et on veut aussi avoir terminé pour juillet 2015, parce qu'on quitte notre appartement pour la maison», évoque M. Robillard, qui avait tout calculé également en fonction de l'arrivée du premier bébé du couple dans les prochaines semaines.

Au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, on confirme que les évaluations pour le programme Rénoclimat ont été suspendues dans quatre régions, soit le Centre-du-Québec, Chaudières-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent et l'Estrie. «Nous sommes victimes de notre popularité. Les demandes ont dépassé les prévisions budgétaires. Désormais, les personnes qui en font la demande dans ces régions sont inscrites sur une liste d'attente. Nous devons retourner en appel d'offres pour renouveler les contrats avec les firmes privées qui sont en charge des inspections, et le tout pourrait prendre encore quelques mois», signale le porte-parole du ministère, Nicolas Bégin.

Ce dernier rappelle qu'un autre programme, «Chauffez-vert», peut venir en aide à certains propriétaires, mais il ne concerne que le remplacement de systèmes de chauffage au mazout. Rénoclimat permettait de couvrir une partie des travaux d'isolation, d'étanchéité, ou encore l'installation ou le remplacement de systèmes mécaniques. Le crédit d'impôt Écorénov permettait aussi ces économies, mais il a pris fin le 1er novembre dernier.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, croit qu'il est regrettable qu'on en arrive là, lui qui doit maintenant composer avec une liste d'attente de plus de 450 noms à son bureau. «On a créé des attentes chez les gens qui ont amorcé de beaux projets et souvent, c'est ce programme qui permettait la petite étincelle pour aller de l'avant dans les travaux. Là, on a beaucoup de gens qui sont frustrés, et on peut les comprendre. Nous allons mettre de la pression sur le ministère, qui devrait nous revenir avec des réponses le 21 janvier», mentionne M. Martel.

De son côté, Hugo Robillard se dit surtout frustré de ne pas avoir été informé par le ministère de ces nouvelles mesures et d'avoir dû lui-même effectuer ses démarches pour découvrir qu'il devrait patienter encore.

«Si au moins on nous avait dit la vérité, mais le ministère ne nous a pas tenu au courant. Pendant ce temps-là, on avançait avec les travaux, croyant qu'on pouvait compter sur cette aide financière. C'est aberrant, et ça va certainement dissuader plusieurs propriétaires de faire des rénovations. Les firmes d'évaluations, elles, sont prêtes, mais n'ont pas le droit de rien faire jusqu'à nouvel ordre. Si au moins on leur donnait l'autorisation de procéder en attendant, sachant que les budgets seront reconduits. Mais non! On nous laisse dans l'attente et l'incertitude», déplore-t-il.

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