Mêmes citations: on repassera pour la valorisation du travail des députés

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Michel Nadeau

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Selon Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP), l'homogénéité remarquable des communiqués de fin de session parlementaire en provenance des députés libéraux ne fait que révéler à quel point les communications font l'objet d'un contrôle serré par le bureau du premier ministre. Une situation qui, par ailleurs, n'est pas propre aux libéraux et qui s'est répandue au cours des dernières années.

«C'est quand même un indicateur de deux choses, remarque M. Nadeau. D'abord, de l'encadrement des partis. De comment les partis ne laissent plus les députés faire leurs propres communications avec leurs électeurs. On veut encadrer ça pour s'assurer qu'il n'y a pas de bavures», explique-t-il, en rappelant qu'il est arrivé souvent que des députés se soient laissés un peu emporter, dans des cartes de voeux entre autres. Quelques-uns se sont même signalés par des choses de mauvais goût.

«Évidemment, il y a un contrôle serré de la communication, beaucoup plus serré entre le député et ses électeurs. Le parti veut s'assurer que tout le monde transmet le même message et parle d'une même voix. Le deuxième aspect, c'est l'espèce de prison dans laquelle s'enferme le député. Les mêmes députés à qui M. Coiteux vient de retirer leur enveloppe discrétionnaire et avec laquelle ils pouvaient remettre de l'argent à des organismes. On voit que leur travail est de moins en moins autonome.»Selon M. Nadeau, seuls les députés qui ont beaucoup de caractère, qui sont fermes, peuvent finalement arriver à se faire entendre tandis que les autres, s'ils sont le moindrement paresseux ou dociles, se contentent du travail tout mâché.

«Ils gagnent quand même 125 000 $ avec tous les bonis! Chacun doit avoir dans son comté une personne capable d'adapter le message à son comté. C'est-à-dire qu'un ministre, par exemple, doit pouvoir dire ce qu'il a fait dans son comté, comment il a voté à l'Assemblée nationale, comment il interprète des projets de lois avec lesquels il peut être en accord ou non. Ceci fait que les députés deviennent beaucoup moins autonomes, beaucoup moins personnels dans leurs communications. Alors, pour la valorisation de leur travail, on repassera. Ça fait des communications standardisées, stériles, épurées par le bureau du PM. Le député n'aura plus la touche personnelle, ne pourra plus dire: voici comment j'ai vécu ma session.»Pour M. Nadeau, il est évident que les bureaux des premiers ministres Couillard et Harper contrôlent les communications. Les députés néo-démocrates ont aussi reçu des consignes très fermes. «Les partis ne veulent pas qu'un député vienne les éclabousser, que les médias reprennent un faux pas d'un hurluberlu, alors on contrôle fermement le message au détriment des députés qui pourraient le reprendre et l'adapter à leur réalité régionale ou en ajoutant un complément personnel. Alors, la tentation du député est de devenir une espèce de courroie de transmission et de se contenter de relayer l'information du premier ministre à ses électeurs. Mais lui-même, en quoi va-t-il se faire connaître? Pas grand-chose. Il ne faut pas laisser passer ça. Les députés sont imputables et pour cela, il faut qu'ils parlent», de conclure fermement M. Nadeau.

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