Retour de la peine de mort: des propos qui font réagir

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L'ancien ministre Yvon Picotte ne partage pas les propos du maire de Louiseville au sujet du rétablissement de la peine de mort.

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(Louiseville) Les propos du maire de Louiseville, Yvon Deshaies, sur le rétablissement de la peine de mort ont vivement fait réagir. Si plusieurs citoyens s'y opposent et estiment que le maire n'a pas la légitimité de promouvoir le retour de la peine capitale, certains partagent son point de vue.

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Danny Branconnier affirme qu'il est toujours possible de se tromper lorsque la justice condamne une personne à la peine de mort. 

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Alvin Thibault a dénoncé les propos du maire de Louiseville.

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«Je ne suis pas d'accord avec ça. Les gens qui font des meurtres et qui ne sont pas bien dans leur tête méritent d'être soignés», lance d'emblée Ginette Bellemare, une citoyenne de Louiseville rencontrée sur la rue par Le Nouvelliste.

Stupéfait par l'intervention du maire, un autre citoyen abondait également en ce sens. «Je ne suis pas d'accord. Ça concerne la justice», n'a pas hésité à affirmer Alvin Thibault.

Danny Branconnier, un résident de Saint-Édouard-de-Maskinongé, une municipalité voisine, ne croit pas quant à lui que les propos d'Yvon Deshaies vont être appréciés de la population. «Je ne suis pas pour la peine de mort. On se rend souvent compte que la personne n'est pas vraiment coupable. On l'a vu dans d'autres pays», soutient-il.

Si la majorité des personnes rencontrées à Louiseville ne partagent pas la vision du maire, certaines l'approuvent. «Je suis pour la peine de mort. J'ai toujours été pour ça», a avoué une dame âgée de Louiseville qui a tenu à garder l'anonymat. «Je crois qu'il y aurait moins de meurtres avec la peine de mort. Et les prisonniers sont bien traités. Ils le sont mieux que les personnes âgées dans les centres d'accueil. Ça coûte des milliers de dollars les prisons et on coupe dans les centres d'accueil.»

L'ancien ministre libéral et député de Maskinongé, Yvon Picotte, a été très surpris par les propos du maire de Louiseville, bien qu'il avoue que ce discours sur le rétablissement de la peine de mort perdure dans notre société.

«C'est une remarque qu'on entend assez souvent. On l'entend de quidams dans la rue lorsqu'ils sont déçus d'un verdict ou déçus de la façon dont la justice est administrée», soutient l'ancien politicien toujours très impliqué à Louiseville notamment à titre de président du Festival de la galette de sarrasin.

«La position du maire, c'est sur que ça fait une grosse manchette. Il est en autorité. Ce n'est pas de sa juridiction, mais il a droit à une opinion, qui est aussi partagée par de plus en plus de monde. Mais il a la même autorité [pour faire des représentations auprès des gouvernements] qu'un citoyen qui fait signer une pétition. Si j'étais maire de Louiseville, il y a bien d'autres causes qui mériteraient notre attention.»

La raison évoquée par Yvon Deshaies pour rétablir la peine de mort, soit celle d'économiser des fonds publics, a particulièrement fait sursauter Yvon Picotte. «Si c'est la seule raison, c'est évidemment une raison qui est plus ou moins défendable.»

Par ailleurs, Yvon Picotte ne croit pas que la peine de mort revienne un jour au Canada. «Les statistiques démontrent hors de tout doute que ce n'est pas la peine de mort qui change quoi que ce soit», précise-t-il. «La peine de mort existe aux États-Unis, mais cela n'empêche pas les grandes tueries.»

Malgré les vives réactions, les déclarations du maire n'ont pas été abordées mercredi soir lors de l'assemblée publique du conseil municipal de Louiseville alors que la Ville présentait le budget 2015 aux six citoyens présents. Interrogés sur la volonté du maire de rétablir la peine de mort pour économiser des fonds publics, les conseillers André Lamy et Françoise Hogue Plante ont affirmé qu'Yvon Deshaies a exprimé une position personnelle et que jamais cette question n'a été abordée à la table du conseil.

Moderniser le système de justice

L'ancien ministre libéral et président de l'Action démocratique du Québec de 2004 à 2006 estime de plus que le système de justice canadien doit être modernisé. Il qualifie «d'intolérables» les délais déraisonnables dans l'exercice de la justice dans certaines causes. De plus, il soutient que le simple citoyen ne comprend pas le système juridique, entraînant souvent des jugements erronés envers celui-ci. «Le gouvernement devrait moderniser la justice pour la rendre plus près des gens. Est-ce qu'on peut rendre certains procès télévisés ou davantage publicisés? C'est possiblement une des solutions, mais ce n'est pas la seule», affirme Yvon Picotte en ajoutant que les problèmes de toxicomanie et de santé mentale doivent davantage préoccuper les politiciens.

«Ces problèmes se multiplient à un rythme effarant dans notre société. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on plaide ces raisons dans des procès. [...] Quelqu'un qui fait un crime sans bon sens, il y a sûrement quelque chose qui ne marche pas dans son cerveau. Il va falloir que le gouvernement se penche sur ça.»

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