IFFCO en suspens: entre déception et optimisme

«Ce projet est un test pour le gouvernement,... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

Agrandir

«Ce projet est un test pour le gouvernement, à savoir s'il est capable de réunir les conditions pour faire en sorte que ce projet-là se réalise», commente le député Donald Martel en parlant d'IFFCO.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) «Une excellente nouvelle aurait été qu'ils débutent la construction. Une mauvaise nouvelle aurait été que le projet est abandonné. Mais le report est quand même une bonne nouvelle».

Ce commentaire du député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, à la décision d'IFFCO de mettre son projet d'usine d'engrais sur la glace reflète l'état d'esprit des divers intervenants rencontrés lundi par les promoteurs.

«Je me réjouis car le projet est toujours aussi intéressant pour IFFCO. Avec des conditions qu'ils ne sont pas capables de réunir au cours de l'année, on peut comprendre la prudence. Ils m'ont rassuré. Les ressources continuent de travailler sur le projet. Je leur fais confiance. J'aime l'attitude», confie le représentant caquiste.

Reconnaissant que l'entreprise ait besoin de financiers, M. Martel juge «vital que ça marche». «Ce projet est un test pour le gouvernement, à savoir s'il est capable de réunir les conditions pour faire en sorte que ce projet-là se réalise. Il doit créer un climat propice à l'investissement, ce qui n'est pas le cas actuellement.Le gouvernement a un bon test devant lui. Et comme membre de l'opposition, je vais le juger très sévèrement s'il ne réussit pas», prévient-il.

Selon lui, la bonne volonté est là du côté des promoteurs, mais ils font face à de l'incertitude au niveau de l'approvisionnementen gaz et des coûts de construction.

Pour sa part, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, admet que c'est toujours idéal quand les délais sont respectés. «On le sait que c'est plate, mais ce n'est pas une mauvaise nouvelle en soi, les délais additionnels étant là pour mieux réussir. Ce n'est pas une problématique que 2015 soit reportée à 2016. Et ils le veulent, ce projet», soutient-il.

C'est qu'à son avis, La Coop fédérée veut prendre le marché canadien avec un produit nécessaire tandis que son partenaire indien, spécialiste de l'urée, veut faire des affaires dans un pays stable. Et Maurice Richard indique que les ententes entre le parc industriel et IFFCO ont été extensionnées, tout comme les divers accords de nature technique et gouvernementale.

Ce qui vient compliquer les choses pour l'entreprise, c'est que l'urée suit la même courbe économique que le pétrole. «Mais cela n'enlève pas la volonté des deux copropriétaires de réaliser leur projet à Bécancour, qui fut choisi parmi 50 sites potentiels dans le monde. Il n'est aucunement question d'aller ailleurs», rassure le pdg de la Société du parc.

De son côté, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, cache difficilement sa déception, même s'il dit baser ses voeux pour la nouvelle année sur la confiance envers l'organisation.«Je ne suis pas désespéré, mais c'est difficile. On s'attendtellement à une grosse année en 2015», a exprimé le premier magistrat.

Et tout en se disant conscient que les échéanciers ne sont pas «en dehors des cadres» pour ce type de chantier majeur, il se console à l'idée «qu'aucun autre endroit n'est prévu pour ça».

«Mais je ne peux pas cacher une petite inquiétude. Le lendemain de veille se poursuit pour nous autres car il y avait tellement d'espoir après la fermeture de la centrale», avoue celui qui voit tout de même d'un bon oeil le fait que l'entreprise continue à investir dans le projet.

Sauf qu'au terme de longues discussions avec les promoteurs, M. Dubois comprend que l'approvisionnement en gaz naturel ne se réglera pas avant le printemps 2015 et que des éléments conjoncturels viennent «changer toute la donne et impacter le coût de l'installation».

Finalement, le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Jean-Guy Doucet, mise également son optimisme sur sa confiance envers le projet et les promoteurs impliqués.

«C'est normal qu'on prenne un petit peu de temps en cette période d'incertitude économique. Mais j'ai un très bon feeling. Il vaut mieux l'avoir un an plus tard et reculer pour mieux avancer, même si c'est plate pour nos entrepreneurs», a-t-il conclu.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer