Trois-Rivières championne de la péréquation

Selon la Ville de Trois-Rivières, la pyrrhotite joue... (Photo: François Gervais)

Agrandir

Selon la Ville de Trois-Rivières, la pyrrhotite joue inévitablement dans la hausse de 17 % du montant de péréquation accordé entre 2014 et 2015.

Photo: François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Shawinigan a perdu son titre de championne de la péréquation municipale en 2014, mais le sacre ne quitte pas la Mauricie. Cette distinction échoit maintenant à Trois-Rivières, qui recevra même plus de trois millions de dollars grâce à ce programme en 2015, la somme la plus élevée jamais versée par le gouvernement du Québec depuis les fusions en 2002.

La capitale régionale trône maintenant au sommet de ce palmarès des 444 municipalités qui reçoivent une subvention de péréquation à travers la province. Avant cette année, Shawinigan a occupé la tête du classement sans interruption entre 2006 et 2013. Elle avait succédé à... Trois-Rivières, qui avait reçu les montants les plus généreux au Québec en 2004 et 2005.

Le programme de péréquation n'a pas été touché par le pacte fiscal transitoire entre le gouvernement du Québec et les municipalités pour l'an prochain. Son enveloppe frôle encore les 60 millions de dollars, mais d'une année à l'autre, elle n'est pas répartie de la même façon. L'évolution de la richesse foncière des municipalités dicte principalement la répartition.

En 2015, celles qui bénéficieront de la péréquation recevront une aide moyenne de 135 056 $. Le montant de 3 059 400 $ qu'obtiendra la Ville de Trois-Rivières donne une idée de l'écart de sa richesse foncière uniformisée avec le reste du Québec. En fait, seulement six villes à travers la province, dont Shawinigan et La Tuque, recevront plus d'un million de dollars en péréquation en 2015.

Rappelons que l'objectif de ce programme consiste à aider les municipalités les plus démunies à offrir des services de base à sa population. La péréquation vise à compenser les faibles revenus pour éviter aux conseils municipaux d'imposer un niveau de taxation excessif.

Les montants sont obtenus à la suite d'un calcul complexe impliquant la richesse foncière uniformisée, qui comprend les valeurs imposables et non imposables du territoire, la valeur moyenne des logements et la population. Cette mesure est ensuite comparée à la moyenne du Québec. Plus l'écart est grand, plus le montant de péréquation sera élevé.

«Trois-Rivières représente donc l'une des villes où la richesse foncière par logement ou par habitant est la moins élevée», résume Pierre Lecomte, analyste au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. «Par rapport aux autres municipalités du Québec, elle se retrouve parmi les moins riches.»

Pourtant, le MAMOT constate que la richesse foncière uniformisée a augmenté de 5 % à Trois-Rivières au cours de la dernière année. La valeur moyenne des logements a aussi enregistré une hausse, de même que la population.

«Mais par rapport à l'ensemble du Québec, l'écart s'est accentué», précise M. Lecomte. Donc, même si Trois-Rivières s'enrichit, elle le fait moins rapidement que l'ensemble de la province. En conséquence, le montant de péréquation augmente.

«En Mauricie en général, le parc immobilier est assez bas», fait remarquer l'analyste. «La richesse foncière est plus basse, ce qui fait en sorte qu'il y a plusieurs municipalités qui ont de gros montants de péréquation.»

Pyrrhotite

Il existe un paquet de facteurs économiques qui peuvent expliquer pourquoi le parc immobilier trifluvien s'enrichit moins rapidement que la moyenne québécoise. Mais l'un d'eux vient spontanément à l'esprit.

À l'hôtel de ville, il ne fait aucun doute que l'impact de la pyrrhotite heurte la richesse foncière en raison de la dévaluation des propriétés touchées.

Le cancer du béton joue inévitablement dans la hausse de 17 % du montant de péréquation accordé entre 2014 et 2015, souligne Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.

«La principale cause, c'est la pyrrhotite», confie-t-il. «Ça fait mal! En 2015, on estime qu'il faudra ajouter 2,3 millions $. On sera rendu à plus de douze millions de dollars à cause de la pyrrhotite, en manque à gagner.»

La Ville de Trois-Rivières avait planché sur un budget de 239 millions de dollars en 2014. Elle adoptera son prochain exercice lundi.

«C'est énorme, deux millions de dollars par année», ajoute M. Toutant. «Il en faut, de la construction, pour récupérer ça! C'est de l'argent que nous ne récupérerons pas. Mais nous, en attendant, nous devons continuer à fonctionner. Les citoyens doivent se serrer la ceinture.»

Le maire Yves Lévesque confirme que la pyrrhotite fait mal à la valeur foncière à chaque année. «C'est 168 000 000 $ de moins sur la valeur foncière de la Ville. C'est comme si on perdait l'équivalent de cinq usines Kruger en même temps. Depuis 2010, la Ville a perdu 12,3 M$ en revenus de taxes en raison de la pyrrhotite. Quand on dit que ça a un impact considérable, ce n'est pas des mensonges», signale-t-il. Yves Lévesque rappelle que la perte annuelle de 2,3 M$ en revenus de taxation correspond à 1,5 % du budget annuel de la Ville.

La Ville de Shawinigan absorbe une très légère diminution de son montant de péréquation en 2015. À La Tuque toutefois, le conseil municipal doit jongler avec une baisse de près de 8 %.

Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches

Club des millionnaires de la péréquation au Québec

Ville2014         2015 *Variation
Trois-Rivières  2 615 641 $3 059 400 $+ 17%
Shawinigan2 413 389 $2 395 200 $- 0,08%
La Tuque1 534 644 $1 415 800 $- 7,7 %
Thetford Mines1 269 799 $1 347 800 $+ 6,1%
Victoriaville1 081 611 $1 229 300 $+ 13,7 %
Asbestos1 028 881 $  1 008 700 $  - 2 %
Source: Ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire *Pour 2015, il s'agit d'une estimation des montants qui seront versés
Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer