Moins de pompiers sur le terrain, souhaite Trois-Rivières

La Ville de Trois-Rivières adressera une demande au... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La Ville de Trois-Rivières adressera une demande au ministère de la Sécurité publique pour réduire son nombre de pompiers sur le terrain.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans le cadre de la refonte du schéma de couverture de risques en sécurité incendie, la Ville de Trois-Rivières adressera une demande au ministère de la Sécurité publique pour réduire ses effectifs sur le terrain. Une nouvelle qui a eu l'effet d'une bombe pour le Syndicat des pompiers de Trois-Rivières.

À l'heure actuelle, les casernes de Trois-Rivières-Ouest et de Cap-de-la-Madeleine comptent chacune sur cinq pompiers en tout temps, alors que celles de Saint-Louis-de-France et Pointe-du-Lac en comptent deux. L'actuelle demande concerne les effectifs des casernes de Trois-Rivières-Ouest et de Cap-de-la-Madeleine. «Nous allons demander à ce que ce nombre passe à quatre pompiers et un chef», mentionne Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. 

La norme exige également qu'en périmètre urbain, dix pompiers soient présents sur les lieux d'un incendie à l'intérieur de dix minutes. Dans les zones hors du périmètre urbain, cette norme passe à 15 pompiers en dix minutes. Or, la Ville aimerait faire passer ce nombre de 15 à 13 en dix minutes.

«Nous sommes présentement à analyser le schéma, et on juge que nous sommes capables de faire le travail avec 13 pompiers en dix minutes. Nous sommes toujours capables de donner un excellent service de cette façon», considère Yvan Toutant, qui précise que cette démarche s'intègre dans un processus d'offrir le meilleur service au meilleur coût possible.

La Ville, qui négocie présentement avec ses pompiers, leur a fait savoir mercredi que cette demande était sur le point d'être adressée au ministère. Le tout n'est cependant pas passé comme une lettre à la poste pour le syndicat, qui envisage maintenant d'aller en arbitrage dans le cadre des présentes négociations.

«Je me demande comment on va faire pour garder nos hommes qui attendent juste d'avoir une permanence», se demande le président du syndicat, Gino Harnois.

Ce dernier rappelle qu'une quinzaine de pompiers temporaires actuellement à l'emploi de la Ville doivent fonctionner selon des horaires où ils sont disponibles 24 heures par jour une semaine sur deux. Or, quand ils ne sont pas en intervention, ils doivent rester disponibles à la maison, à un salaire de 0,95 $ de l'heure.

«Et ces gars-là, quand ils ont fait 1000 heures dans une année en caserne, c'est beau. Nos hommes sont déjà démoralisés, vivent avec un salaire très bas et en plus, on vient leur couper tout espoir de pouvoir avoir une permanence», déplore M. Harnois.

En ce qui concerne les effectifs sur le terrain, Gino Harnois soutient que les pompiers feront toujours leur travail de manière professionnelle, mais que les dix premières minutes sont toujours les plus critiques et qu'en ce sens, la réduction des effectifs n'est rien pour aider le service aux citoyens.

Si cette demande était acceptée par Québec, elle entrerait en vigueur dès l'entrée en service de la future caserne, qui sera construite dans le nord de la ville et pour laquelle on recherche toujours un terrain. Cette caserne, qui devait compter 5 pompiers, en comptera 4 si Québec acquiesce à la demande.

Dans le contexte de négociations houleuses, cette nouvelle donnée incite le syndicat à convoquer ses membres en assemblée générale sous peu. «Nous allons leur soumettre les offres patronales telles qu'elles sont, et nous allons demander à nos membres de nous donner le pouvoir, si le besoin se faisait sentir, d'aller en arbitrage pour la présente négociation», affirme Gino Harnois.

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